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dimanche 27 juin 2010

Filles domestiques mineures : Les responsables du projet d’assistance, de protection et d’insertion de l’AFCF accrochent leurs ceintures…

Tirer sur la sonnette d’alarme. C’est ce que tentent de faire depuis août 2009 Nebghouha Mint Abdallahi coordinatrice du projet d’assistance, de protection et d’insertion des filles domestiques mineures de l’AFCF et son équipe. En conférence de presse ce jeudi 24 juin au siège de l’AFCF, Nebghouha Mint Abdallahi a annoncé que le projet d’assistance, de protection et d’insertion des filles domestiques mineures en partenariat avec Terre des Hommes et l’AECID a eu à enregistrer 900 filles domestiques mineures âgées entre 6 ans et 18 ans à Nouakchott.

Les statistiques sont effarantes et parlent d’elles-mêmes. Celles qui ont été données par les responsables du projet d’assistance, de protection et d’insertion des filles domestiques mineures indiquent que sur ces 900 filles domestiques mineures, 100 d’entre elles sont victimes de violences, de maltraitance et d’exploitation. Ces mêmes statistiques révèlent toujours que 30% d’entre elles perçoivent tardivement leurs salaires, 40% sont victimes de maltraitance et d’exploitation (leur âge varie entre 6 et 12 ans) et les 30% restantes sont victimes de viol, d’accusation de vol, de menace, de violence physique et verbale.

Mettre les bouchées doubles

Pour infléchir cette tendance, les responsables du projet d’assistance, de protection et d’insertion des filles domestiques mineures comptent accrocher davantage leurs ceintures. D’ores et déjà, ils ont pu ouvrir 5 classes d’alphabétisation dans 5 moughataas de Nouakchott, enregistrer 80 filles domestiques mineures victimes de maltraitance, financé 9 activités génératrices de revenus en faveur des familles des victimes les plus touchées par la pauvreté et distribué à 8 familles nécessiteuses parmi les familles des filles domestiques mineures. Il faut noter également que ce projet a permis à des victimes de bénéficier d’un appui juridique, psychologique et d’une insertion économique.

"Un phénomène absolument réel"

Depuis le lancement du projet qu’il suit de près avec beaucoup d’intérêt, Me Bezéid, avocat de l’AFCF, a eu à traiter un certain nombre de dossiers relatifs à la problématique des filles domestiques mineures. Il n’y va pas par quatre chemins pour dénoncer ce phénomène.

"Ces filles qui n’ont pas encore 18 ans travaillent dans des foyers un peu dispersés à l’intérieur du pays. Elles n’ont pas, le plus souvent, de droit et font l’objet de maltraitances et d’humiliations de la part de leurs patrons, patronnes ou des membres de la famille de leurs employés", révèle-t-il. "Il y’a une présomption de culpabilité, poursuit-il, qui pèse sur les filles domestiques mineures qui sont souvent accusées de vol."

Absence de paiement de leurs salaires, privation de salaires, arriérés de salaires, calomnies, accusations de vols, incriminations fortuites, sévices…Les filles domestiques mineures se font avaler, impuissantes, toutes formes d’injustice.

L’une d’entre elles, Fatou Dièye Diaw, âgée de 16 ans, a été arrêtée et gardée en vue au commissariat de Tévragh-Zéina 2, après avoir été accusée de vol, de la part de sa patronne, d’une bague en or ainsi que des boucles d’oreilles. "Elle a été gardée en vue pendant 5 jours. Ce qui est absolument aberrant et contraire à la loi sur les mineurs. Et, au bout de 5 jours, elle a été libérée parce que la patronne a compris qu’elle n’avait pas volé sa bague et ses boucles d’oreille et du coup, elle a retiré sa plainte", a indiqué Me Bezéid.

Celui-ci n’a pas manqué d’érafler l’attitude de la police et de la justice dans ce genre de dossier. "Les enfants doivent être traités d’une certaine manière. Ils doivent nécessairement être assistés par une assistance sociale, un avocat et leurs parents. Ceci n’est jamais respecté…Le ministère de la justice confisque souvent les dossiers et envoie les gens se promener dans la rue", a-t-il expliqué.

Des cas bouleversants et révulsants

Comme le cas d’Aichétou Mint Saleme, la plupart des histoires des filles domestiques mineures, qu’elles soient d’origine étrangère ou mauritanienne, sont souvent bouleversantes et révulsantes. Orpheline à bas-âge et sans famille, Aichétou Mint Saleme a été élevée par une de ses "tantes". Son cas nous est révélé par Khadijétou Mint Mouhamdine, assistante sociale du projet d’assistance, de protection et d’insertion des filles domestiques mineures de l’AFCF.

"Sa tante l’a fait travailler et perçoit son salaire, à la fin du mois, à sa place. Elle est mère de deux enfants. Sa tante l’a mariée à un de ses fils à l’âge de 13 ans. Elle est débile la pauvre ! Elle a la mentalité d’une fille de 7 ans. Elle répète tout ce qu’on lui dit. Lorsque nous sommes partis voir un psychiatre, celui-ci nous a affirmés qu’elle est mineure à vie. Elle est accrochée à son bébé qui est maltraitée comme elle est…Sa maîtresse a eu le culot de venir au commissariat pour la réclamer. L’affaire a été portée au tribunal…J’y ai été chassée de même que notre avocat", raconte Khadijétou Mint Mouhamdine.

Babacar Baye NDIAYE

mercredi 16 juin 2010

Gouvernance des entreprises publiques : Un plan d’action national en perspectives

La mission de la Banque Mondiale (BM) en Mauritanie a organisé, jeudi 16 juin, une journée de discussions sur le rapport "Gouvernance des entreprises publiques en Mauritanie". Ces discussions avaient essentiellement porté sur la thématique de la gouvernance des entreprises publiques. A cet effet, dans un mot d’ouverture, le représentant résidant par intérim Chérif Diallo a rappelé que "nous sommes tous des partenaires aux développements et nous avons tous une responsabilité en matière d’amélioration des conditions de vie des citoyens".

L’objectif de cette journée était de présenter les résultats d’un diagnostic mené en 2008 sur la gouvernance des entreprises publiques mauritaniennes et les recommandations faites pour instaurer un meilleur système de gestion et une meilleure performance des entreprises. Une telle évaluation a permis de montrer l’importance des entreprises publiques dans les économies nationales et la corrélation positive prouvée entre bonne gouvernance et bonne performance. Cette évaluation fait ressortir qu’en raison de la vitalité des services que les Sociétés Publiques (SP) fournissent, elles sont souvent directement contrôlées par l’Etat.

Les auteurs de cette évaluation ne se sont uniquement pas contentés de faire le diagnostic sur les entreprises publiques mauritaniennes. Ils ont aussi proposé des alternatives communément appelées "approches mixtes" qui consistent à gérer les entreprises publiques comme des entreprises privées afin d’améliorer leur gouvernance. Cette méthode est aujourd’hui adoptée par de nombreux pays à travers le monde. Les auteurs du rapport se fondent leur conception sur le fait qu’une société publique mieux gérée est une entreprise plus performante en termes de réalisation et de qualité de services sociaux à moindre coût.

En Mauritanie, on compte 30 sociétés publiques dont près de 50% qui appartiennent à l’Etat. Celles-ci fournissent des prestations vitales comme l’eau, l’électricité, le gaz…en plus de l’emploi et des infrastructures. Toutefois, peu d’entre elles fonctionnent normalement, en dépit de l’absence de contraintes budgétaires, du statut privilégié et du contexte d’économie libérale. En plus de cela, leurs conseils d’administration sont purement formels et souvent court-circuités par les autorités supérieures qui nomment les responsables exécutifs et tracent les politiques sans parler du peu d’informations qui sont disponibles sur les sociétés publiques handicapant du coup l’analyse approfondie du phénomène.

Ce rapport qui est loin d’être exhaustif met à nu tous ces problèmes qui entravent en réalité la performance, la réalisation et la qualité des services sociaux. C’est pour changer cet état de fait que la mission de la Banque Mondiale à Nouakchott compte élaborer des questionnaires, des entretiens et des recommandations qui feront l’objet d’ateliers pour dégager un plan d’action national sur la gouvernance des entreprises en Mauritanie.

Babacar Baye NDIAYE

samedi 29 mai 2010

Filles domestiques mineures accusées de vols ou victimes de viols : L’AFCF s’insurge contre la complicité entre les employeurs,la police et la justice

La présidente de l’Association des Femmes Chefs de Famille (Afcf) a exigé, au cours d’une conférence de presse organisée le 24 décembre, l’application de la loi sur les mineurs de 2005 mais aussi exprimé son inquiétude au sujet de la situation des filles domestiques mineures.
Cette conférence presse, dont l’objectif est de permettre au public et à la presse de connaître la problématique des filles domestiques mineures, vise à élucider les obstacles et les difficultés que rencontrent l’Afcf sur le terrain par rapport à ce projet lancé depuis août 2009.
"Nous avons d’énormes difficultés", a déclaré Aminétou Mint El Moctar, présidente de l’Afcf. "Il n’y a qu’un seul commissariat pour les mineurs dans tout Nouakchott", regrette-t-elle.

Aminétou Mint El Moctar, qui n’a pas raté de souligner les difficultés de déplacement auxquelles elles sont confrontées, a déploré le fait que des commissaraits de la capitale ou de l’intérieur du pays qui ne sont pas du tout spécialisés dans la question des filles mineures, soient saisies de cette question par des tierces personnes.

"Il y a des cas qui se retrouvent dans d’autres commissariats. Ces filles mineures sont traitées comme des adultes et souvent maltraitées", explique-t-elle. "Sans enquête et sans rien du tout, on envoie ces filles domestiques mineures directement en prison", ajoute-t-elle.

A en croire Aminétou Mint El Moctar, cette situation ne se fait pas sans complicité entre les employeurs et la police, hypothéquant du coup le sort de ces filles domestiques mineures.
"Je donne l’exemple de Fatou Guèye qu’on a envoyée directement en prison sans faire aucune enquête", renseigne-t-elle. Comme Fatou Guèye, de nombreuses filles domestiques mineures sont aujourd’hui accusées, à tort ou à raison, de vols, en plus d’être des victimes de viols ou de maltraitances corporelles.

"C’est une situation que nous dénonçons", a affirmé Aminétou Mint El Moctar qui s’est également outrée de l’absence d’enquête honnête et de collaboration dans ce genre d’affaire où "on n’écoute que l’employeur", dit-t-elle. "Parfois même, on est chassé des commissariats pour ne pas assister la victime. On nous prive de faire correctement notre travail", a-t-elle complété.

Cette situation est aussi valable au niveau des tribunaux. "Là, c’est le grand problème. Le dossier est souvent classé sans suite", a rappelé Aminétou Mint El Moctar qui n’a pas manqué d’attaquer le comportement outrancier de certaines autorités judiciaires qui usent souvent, à l’en croire, de menaces verbales pour intimider la victime et la faire taire.
Une meilleure prise en charge de cette question supposerait, explique la présidente de l’Afcf, qu’un cadre juridique sur la situation des filles domestiques mineures soit élaboré le plus rapidement possible.

Autant le Ministère de la justice est concerné par cette question, autant l’est celui de l’Intérieur en ce qui concerne l’élaboration d’un code de bonne conduite au sein de la police.
Pour Aminétou Mint El Moctar, la question des filles domestiques mineures doit être prise en considération par les pouvoirs publics comme l’est actuellement celle relative à la lutte contre la corruption et la gabegie. Elle a enfin suggéré, pour circonscrire cette situation, l’élaboration d’un cadre juridique pour protéger les filles domestiques mineures dont certaines d’entres, durant leur incarcération, séjournent avec des personnes subversives, une fois accusées de vols par leurs employeurs. Une situation vertement critique par Aminétou Mint El Moctar.

Babacar Baye Ndiaye

Projet de promotion des droits de la femme : 3.000 personnes ont été sensibilisées à Nouakchott

La fin des activités du projet de promotion des droits de la femme et de renforcement des organisations de la société civile a été sanctionnée par un atelier de restitution qui a eu lieu ce 30 novembre à l’hôtel Khatter en présence des responsables du Programme d’Appui à la Société Civile et à la Bonne Gouvernance (PASOC).

Et selon la coordinatrice de ce projet Salimata Sy, 3.000 personnes ont été sensibilisées à Nouakchott sur les droits de la femme, au cours de l’année 2009. En Mauritanie, les enquêtes sociologiques révèlent que les femmes même celles qui habitent dans la capitale méconnaissent leurs droits.

D’après Aminétou Mint El Moctar, la présidente de l’Association des Femmes Chefs de Famille, la femme mauritanienne, comme la plupart de ses consoeurs d’Afrique et du monde Arabe, est restée longtemps maintenue «hors du circuit des responsabilités et des centres de décision ». Pour elle, la méconnaissance des juridictions nationales et l’absence de l’application de ce qui existe déjà comme lois sont un handicap à la promotion et à la marche de la femme mauritanienne vers l’égalité et l’émancipation.

«Le projet va contribuer au renforcement de la place de la femme dans la société à travers la vulgarisation et la diffusion des droits de la femme auprès des acteurs de la vie publique et des populations à Nouakchott», a déclaré Salimata Sy.

Toutefois, des difficultés d’ordre politique liées au climat qui a prévalu avant et après le coup d’Etat du 6 août 2008 sont venues se greffer à ce projet pendant son exécution rendant du coup impossible la mobilisation des élus et leur implication dans l’action. Salimata Sy a regretté aussi, au cours de sa présentation du projet, les lenteurs dans les procédures d’autorisation du PASOC sur les modifications du budget et du plan d’action qui ont constitué une contrainte dans la mise en œuvre de certaines activités de sensibilisation.

«Notre objectif initial visait à atteindre 18.000 personnes à travers 24 campagnes de sensibilisation sur une année. Cela nous a parus trop ambitieux au vu des moyens qui étaient mis à notre disposition. A cela s’ajoute le fait que le projet ne cherchait pas à informer mais à susciter un changement de comportement », explique-t-elle.

De son côté, Aminétou Mint El Moctar a toutefois reconnu que ce projet leur a permis d’ouvrir un débat sur le contenu du Code du Statut Personnel, la levée des réserves sur la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discriminations à l’égard des femmes et l’amélioration des juridictions nationales.

En outre, ce projet a montré que l’implication des hommes et le changement des mentalités sont indispensables pour mettre fin aux violences contre les femmes qui restent encore tributaires de discriminations notoires dans bien des domaines.

Au total, 11 élus locaux, 8 parlementaires, 5 oulémas et 16 personnes ressources et responsables d’Ongs ont été également sensibilisées sur les réserves émises par l’Etat mauritanien sur la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discriminations à l’égard des femmes, le manque d’harmonisation de la législation interne avec les conventions internationales et l’absence de décrets de mise en application des conventions ratifiées et les lois internes.

L’Association des Femmes Chefs de Famille (AFCF), en collaboration avec d’autres associations de défense des droits de la femme, a appelé les oulémas et les élus à constituer le fer de lance dans le combat pour la promotion des droits de la femme mauritanienne.

Babacar Baye NDIAYE

A 11 ans, Oumoul Khairy risque d’être remariée après deux ans de célibat !

Tous les jours, des parents, sans s’en rendre compte, violent allègrement, les droits de leur enfant. Oumoul Khairy Mint Sidi Mohamed, âgée de 11 ans, en est une parfaite illustration. Comme tant d’autres milliers de filles de sa génération, elle vient d’être mariée, sans son consentement, pour une seconde fois en l’espace de deux ans.

C’est à peine qu’elle s’est remise de son premier mariage qui l’a psychologiquement et physiquement bouleversée, qu’Oumoul Khairy Mint Sidi Mohamed a apprise qu’on lui avait trouvée un second époux.

Un tel agissement n’a pas manqué de susciter l’ire de la présidente de l’Association des Femmes Chefs de Famille (AFCF), Aminétou Mint El Moctar qui a été aussitôt saisie de cette affaire qu’elle suit depuis presque trois ans.

On est en 2006. Oumoul Khairy Mint Sidi Mohamed, alors âgée de 6 ans, est mariée et amenée en Arabie Saoudite par une de ses tantes. Pendant deux ans, elle va vivre un véritable calvaire. Elle sera torturée et malmenée par sa propre tante et la famille de celle-ci.
Aujourd’hui, l’histoire semble se répéter pour cette jeune fille. Mais, c’est sans compter avec Aminétou Mint Ely Moctar qui n’est y est pas allée avec le dos de la cuillère pour dénoncer cet acte qu’elle a qualifié d’inhumain et aux antipodes de la loi qui interdit formellement le mariage précoce.

Dans ce sens, rappelons que l’article 6 de la loi n° 2001-052 du 19 juillet 2001 portant Code du Statut Personnel stipule que : "La capacité de se marier est accomplie pour toute personne douée de raison et âgée de 18 ans révolus".

Pour Aminétou Mint Ely Moctar, cela montre que les pouvoirs publics ont encore du chemin à faire pour venir à bout des mariages précoces et forcés. Et aujourd’hui, les organisations féminines qui veulent défendre les droits de ces petites filles rencontrent des difficultés face aux pouvoirs publics et aux familles. Comble du sort, c’est que parfois même des juges et des hommes religieux sont impliqués.

Selon l’Enquête sur la Dimension Sanitaire en Mauritanie (EDSM) réalisée en 2001, 13% des filles ont déjà contracté un mariage avant l’âge de 15 ans. Aujourd’hui, le mariage précoce prend de l’ampleur malgré le fait que le Code du Statut Personnel (CSP) l’interdise. Cette situation avait interloqué le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes qui s’inquiétait déjà de "l’existence d’une idéologie patriarcale aux stéréotypes solidement ancrés et de la persistance de règles, de coutumes et de traditions culturelles néfastes et fermement enracinées à savoir notamment le mariage forcé et le mariage précoce".

Pour Aminétou Mint Ely Moctar, qui explique les raisons de la persistance d’un tel phénomène par la liberté accordée au tuteur de marier sa fille, ce qui est une brèche à toute violation des droits des femmes. "Ce qui met aussi en cause la liberté de choisir librement son mari et l’âge fixé du mariage qui est de 18 ans. Cela constitue, le manque de possibilité de choisir son mari, un facteur de discrimination dans la prolifération des divorces et l’instabilité du foyer. Cette situation engendre également des violences conjugales qui se sont accrues ces dernières années", explique-t-elle.
La présidente de l’Association des Femmes Chefs de Famille (AFCF) a appelé, tout en condamnant ce cas de mariage forcé, à ce que le père d’Oumoul Khairy Mint Sidi Mohamed soit sanctionné comme prévu dans le Code du Statut Personnel (CSP).

Babacar Baye NDIAYE

Accès au crédit, aux soins de santé et aux services : Les femmes laissées en rade

Aujourd’hui, des structures de micro-finance sont crées par des femmes qui, désormais, voudraient inscrire leur action dans une dynamique de lutte contre la pauvreté. Certaines d’entre elles sont en train de mettre à profit leurs capacités productives afin de favoriser le développement économique du pays. Mais, le constat est là : toutes les femmes n’ont pas accès au crédit, aux soins de santé, à l’éducation, à la justice, à l’eau potable, à l’électricité, aux terres et aux travaux rémunérateurs.

Face à cette situation, des associations féminines élèvent, de plus en plus, le ton pour qu’on facilite à la femme l’accès au crédit pour lui permettre de satisfaire ses besoins économiques et sociaux mais également ceux de sa famille.

Des femmes comme Aminétou Mint Ely Moctar, la présidente de l’Association des Femmes Chefs de Famille (Afcf), regrette qu’il n’y ait pas de traçabilité dans les décisions des pouvoirs publics. Ce qui, à ses yeux, constitue une violation flagrante de la Convention sur l’Elimination de toutes les formes de discrimination dont les grands principes tardent à être mis en œuvre par le gouvernement mais également en ce qui concerne l’adoption de mesures nécessaires à la suppression de toutes formes ou manifestations de discriminations.

C’est un secret de polichinelle que les femmes sont confrontées à des problèmes économiques du fait de leur manque d’accès au crédit. «Beaucoup de femmes voudraient se lancer dans des activités génératrices de revenus(AGR) mais elles n’ont pas de moyens. Nous savons que ces femmes ont un problème d’accès au crédit formel », explique Déwel Diop, présidente de l’Association féminine d’épargne et de crédit.

Aujourd’hui, avec l’appui d’institutions de microcrédit, les femmes peuvent bénéficier d’un prêt qui pourrait leur permettre de développer et de renforcer leurs activités génératrices de revenus.

Dans ce cadre, Déwel Diop, pour nous convaincre de l’importance d’accorder du crédit aux femmes, nous raconte l’histoire de cette femme, habitant dans un quartier périphérique de Nouakchott, qui n’a jamais, dans sa vie, gardé un montant dépassant les 50.000 UM.

«Elle a pu accéder, à travers une mutuelle d’épargne, à un montant de 100.000 UM de crédit. Elle n’a jamais su ce que c’était une mutuelle d’épargne, un chèque. Quand elle a eu ce montant, elle n’a pas dormi toute la nuit parce qu’à chaque instant, elle pensait que cet argent allait être soutiré par quelqu’un. Son mari, lorsqu’elle est venue avec les 100.000 UM, était tout content », raconte-t-elle.

Avec cet argent, cette dame a pu acheter deux congélateurs flambants neufs pour développer son activité de vente de jus. «Avec cette activité, elle a pu acheter un terrain à PK qu’elle a réussi à construire. Ce qui montre que l’accès au crédit peut permettre aux femmes de développer leurs activités», dit-elle.

«Les femmes s’impliquent économiquement et politiquement », a-t-elle rappelé. Et, pour cette raison, Déwel Diop a indiqué qu’elles doivent avoir accès au microcrédit, dont l’utilité n’est plus à démontrer dans la lutte contre la pauvreté, pour améliorer leurs conditions de vie et celles de leur famille.
Aujourd’hui, des organisations féminines regrettent que le cadre stratégique de lutte contre la pauvreté n’ait pas pris en considération la situation sociale des femmes chefs de famille et des femmes rurales. Pour celles-ci, ce cadre stratégique n’a pas, ni plus ni moins, changé la situation précaire des femmes.

Et, pourtant, dans ses observations finales sur la Mauritanie rendues à la trente-huitième session de l’Assemblée Générale des Nations-Unies de juin 2007, le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes s’inquiétait de la pauvreté généralisée des femmes notamment chefs de famille.

En outre, il s’inquiétait notamment de la situation des femmes rurales, de leur manque d’information et de leur non-participation aux processus décisionnels ainsi que de leur manque d’accès aux soins de santé, aux services de sécurité sociale, à l’éducation, à la justice, à l’eau potable, à l’électricité et aux ressources foncières et bancaires.

Babacar Baye NDIAYE

Mutilations Génitales Féminines : Une fatwa peut-elle accélérer l’abandon de cette pratique ?

Selon la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discriminations à l’égard des femmes, les mutilations génitales féminines comme le mariage forcé et le mariage précoce, la polygamie, l’alimentation forcée, font partie des stéréotypes solidement ancrés en Mauritanie mais aussi une des règles, des coutumes et des traditions culturelles néfastes et fermement enracinées.

Une situation qui n’a pas manqué d’inquiéter le comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes durant sa trente-huitième session de mai-juin 2007. Déjà, à cette époque, des Ongs engagées dans la protection des filles et des femmes qui ont travaillé avec des théologiens lesquels ont confirmé que l’excision n’est pas une obligation religieuse s’insurgeaient contre cette pratique qu’elles considèrent comme étant discriminatoires à l’égard des femmes et constituent de graves obstacles à l’exercice de leurs droits.

"Il ne fait aucun doute que cette fatwa luttera de manière significative [contre les mutilations], dans la mesure où elle retire le masque religieux derrière lequel s'abritaient de telles pratiques. Mais nous avons besoin d'une campagne dans les médias destinée à faire connaître cette fatwa, l'expliquer et éclaircir sa signification religieuse et sociale", déclare Sheikh Ould Zein Imam, professeur de jurisprudence à l’Université de Nouakchott contacté par Magharebia.

Le 12 janvier dernier, sous l’impulsion du forum de la pensée islamique et du dialogue entre les cultures, une trentaine de leaders religieux ont émis une fatwa contre l’excision. Mais, faut-il le rappeler, une fatwa est un avis religieux qui a force d’orientation légale mais sans être lui-même une loi.

Ce n’est pas la première fois qu’on agit contre la pratique de l’excision. Ce n’est pas non plus la première fois que les mutilations génitales féminines sont déclarées néfastes et dangereuses pour la santé. Combien d’ateliers, de journées de réflexion et de campagne de sensibilisation a-t-on organisé autour de cette pratique ? Ce constat est aussi valable en ce qui concerne les recommandations.

Dans son rapport alternatif pour la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discriminations à l’égard des femmes publié en 2007, le Réseau des partenaires pour la promotion et la protection des droits humains en Mauritanie recommandait aux pouvoirs publics de prendre des mesures pour le suivi des cas saillants de complications pour une application effective de l’article 12 du Code de Protection Pénale de l’Enfance pour s’assurer de la poursuite des auteurs de l’acte, de favoriser l’accès des Ongs aux médias publics pour sensibiliser les communautés sur les pratiques néfastes à la santé de la femme et la petite fille, d’introduire dans les programmes scolaires la question de la lutte contre les différentes formes de pratiques néfastes, de protéger et soutenir les filles qui pourraient être obligées de subir cette pratique en les mettant sous tutelle d’une institution ou autorité officielle, d’adopter des mesures de prises en charge par l’Etat des cas extrêmes comme par exemple en cas de cicatrices chéloïdiennes, de boursouflures, de complications urinaires et autres effets nécessitant un suivi médical.

Faut-il voir dans cette fatwa une sollicitation du pouvoir pour délégitimer, au regard de la religion, cette pratique ? En Mauritanie, il n’existe pas des tribunaux devant lesquels des cas ont été présentés et jugés. Jusque-là, les pouvoirs publics se sont contentés, tout simplement, d’observer le silence radio sur cette pratique en préférant laisser le champ de l’action aux religieux et aux médecins de se prononcer par rapport à cette question taboue.

Dans ce cadre, les choses semblent s’accélérer puisque le dernier obstacle, la prononciation des religieux en défaveur de cette pratique, a été levé depuis ce 12 janvier. D’ailleurs, leur position ambivalente avait retardé la validation du projet de loi interdisant les mutilations génitales féminines.

Cette fatwa reconnue par le gouvernement aura certainement de l’influence sur l’abandon de la pratique de l’excision. Mais, pour les Ongs engagées dans la protection des filles et des femmes, lutter contre l’excision nécessite surtout de promulguer une loi interdisant la pratique de l’excision sous toutes ses formes d’une part et d’autre part faire appliquer les sanctions prévues dans le cadre du Code de Protection Pénale de l’Enfance même en dehors de préjudices.

Cette fatwa que beaucoup considèrent comme un progrès dans la lutte contre les mutilations génitales féminines va-t-elle avoir de l’influence sur les communautés qui la pratiquent qui sont les premières concernées ? Vont-elles accepter d’abdiquer une pratique qu’elles considèrent comme une pratique d’embellissement ? Cette fatwa pourra-t-elle accélérer l’abandon de la pratique de l’excision ? Au vu de la réalité de cette pratique, on peut dire qu’à ce propos, ce n’est pas encore demain la veille.

Babacar Baye NDIAYE

Une Mauritanienne accuse le consulat de Mauritanie aux Iles Canaries de lui avoir refusé de délivrer son passeport

Presque la cinquantaine, Marième Diop, une mauritanienne d’origine, vit aux Iles Canaries depuis 1986. L’histoire que cette dame est en train de vivre dans ce pays ressemble à une vie de bâton de chaise. Depuis plus d’une année, elle vit seule avec ses quatre filles, à la suite de son divorce avec le sieur Abdourrahmane Bâ, vivant actuellement à Nouakchott depuis son expulsion d’Espagne.

Ereintée par ses conditions de vie, Marième Diop décide ainsi de rentrer définitivement en Mauritanie, plus précisément à Mbagne, dans le sud de la Mauritanie, d’où elle est native ainsi que ses parents.

Mais, pour revenir en Mauritanie, il lui faut un passeport. Elle se rend au consulat de Mauritanie aux Iles Canaries, munie de son ancienne pièce d’identité. Et là, parce qu’elle ne parle pas hassanya, rapporte-t-elle, le consul de Mauritanie refuse de lui octroyer un passeport.

Ce qui l’empêche, du coup, de mettre les pieds sur le territoire mauritanien, faute d’obtenir un passeport. Face à ce refus, la voilà, contrainte de prolonger son séjour. La seule option qui lui restait, c’était de contacter un membre de sa famille vivant à Nouakchott pour aller lui chercher les pièces susmentionnées à Mbagne.

Ce qui fut fait et elle se présenta, à nouveau, au consulat de Mauritanie aux Iles Canaries, munie de ces pièces d’Etat civil. A sa grande surprise, le Consul lui tient le même discours que sa première rencontre avec ce dernier.

Mais, cette fois-ci, ce dernier ira plus loin en lui demandant un casier judiciaire et un acte de nationalité. Depuis, Marième Diop dans une situation de désespoir extrême.

"Je vis seule et je veux rentrer parce que je vis dans des conditions difficiles. Je n’en peux plus de rester aux Iles Canaries. Je n’ai pas de ressources. Tout ce que je veux, c’est de rentrer en Mauritanie et voir mes parents qui sont devenus âgés et que je n’ai pas revu depuis plus de vingt ans", a confié Marième Diop qui s’est retrouvée, du coup, dans une situation de désespoir voire de vulnérabilité.


"Tout ce que je veux, c’est de rentrer. Tout ce que je veux, c’est d’obtenir mon passeport", a expliqué Marième Diop dont le sort, aujourd’hui, est suspendu entre les mains de Sid’Ahmed Lavrack qu’elle n’a pas manqué d’accuser de lui avoir montré de la froideur à son égard à chaque fois qu’elle se rendait au Consulat.

A Nouakchott, la famille de Marième Diop entend se saisir des organisations de défense des droits de l’homme mauritaniennes en vue de déclencher une action de solidarité en faveur de Marième Diop et ses quatre filles actuellement prises en charge par le service social canarien.

Contacté à ce propos, le consul de Mauritanie aux Iles Canaries, Sid’Ahmed Lavrack a laissé entendre que les allégations de Marième Diop sont "déniées de tout fondement".

"Elle s'est présentée au Consulat au mois de janvier 2009 pour solliciter un passeport. N'étant ni inscrite au Consulat et n'ayant aucune référence de son passeport, je l'ai aidée à contacter des membres de sa famille en Mauritanie pour lui faire un dossier lui permettant d'obtenir un passeport auprès de la Direction Nationale de la Sûreté Nationale à Nouakchott", a déclaré Sid’Ahmed Lavrack.

"Il y’a seulement un mois, Madame Marième Diop, est revenue me voir pour me montrer un Acte de Naissance qui lui a été envoyé de Mauritanie. Je l'ai encouragé à faire établir par ses parents un certificat de nationalité et je m'occuperai de lui obtenir un passeport auprès de la direction générale de la sureté nationale à Nouakchott. Chose qu’elle a accepté et j’attends toujours son retour", a-t-il ajouté.

Sid’Ahmed Lavrack a promis de suivre de près le cas de Marième Diop auprès de la Direction Générale de la Sûreté Nationale en se rendant personnellement à Nouakchott.

Babacar Baye NDIAYE

Forum National de la Jeunesse : Les jeunes déçus par les conditions de déroulement des travaux

Comme toutes les jeunesses du monde entier, celle de la Mauritanie est très active, motivée et volontaire. Et, selon, les estimations de l’Office National des Statistiques(ONS), les jeunes constitueraient, en 2010, plus de 657.000 de la population mauritanienne. En marge du Forum National de la Jeunesse, du 27 au 28 décembre, au Palais des Congrès de Nouakchott, les jeunes ont exprimé leur mécontentement au sujet de leur marginalisation dans le processus de développement du pays mais également leur déception en ce qui concerne les conditions de déroulement des travaux dudit forum.

"Le Forum a été mal organisé. On nous a imposés un programme déjà ficelé. On ne peut pas coiffer quelqu’un à son absence", a déclaré Diakité Yacouba. Ce Forum, dont l’objectif était d’élaborer, en y impliquant les jeunes, une plateforme de concertation et un document de politique nationale en matière de jeunesse, a été beaucoup décrié notamment au niveau des débats.

"On nous a amenés des conférences et puis demandés d’intervenir. Au niveau des interventions, il y’avait du favoritisme. Ce forum était loin d’être la représentation de la Mauritanie. Je ne sais pas si c’est par clientélisme que certains participants étaient là. Tout le monde n’a pas été avisé", explique Diakité Yacouba.

Certains participants, comme Moussa Tawal Oumrou, ont mis en cause, quant à eux, le manque d’un certain nombre d’informations au sujet du déroulement des travaux du Forum qui a suscité beaucoup de tollés de déception.

"C’est un forum qui concerne en premier lieu les jeunes. Donc, la sensibilisation devait être plus grande de même que la mobilisation des leaderships. On s’est retrouvé face à certaines personnes qui ne sont pas vraiment aptes à exprimer les soucis et les espoirs des jeunes. On pensait qu’il y’aurait des débats sur les principaux thèmes proposés. Les conférenciers ont fait leurs conférences et ils sont rentrés chez eux sans attendre les remarques et les questions", a souligné Moussa Tawal Oumrou.

Cette situation, corolaire d’une mauvaise perception de la question jeunesse par les institutions étatiques, traduit aux yeux d’un bon nombre de jeunes un certain manque de confiance voire de considération notoire de la part des pouvoirs publics. Un état de fait qui a écœuré plus d’un participant. Du coup, les jeunes n’ont pas manqué de se ruer sur les brancards pour dénoncer leur faible implication dans la gestion des affaires publiques du pays et le processus de développement du pays.

"On donne un privilège qui n’est pas adéquat à certaines personnes inaptes à représenter les jeunes. C’est ce qui est mal. Ce Forum devait être une occasion pour nous de montrer aux autorités que les jeunes sont capables de participer à toutes les politiques et stratégies de développement", s’est indigné Moussa Tawal Oumrou.

Aujourd’hui, la jeunesse mauritanienne ne demande pas à l’Etat de lui arracher la lune et le soleil. Ce qu’elle demande, à juste titre, c’est d’être impliquée dans la mise en œuvre de certaines projets et ambitions du gouvernement tout en souhaitant que Mohamed Ould Abdel Aziz exprime sa bonne volonté à intégrer les jeunes dans le processus de développement du pays en réponse au thème du forum qui est la Jeunesse au service du développement.

La majorité de cette jeunesse-là avait voté, lors de l’élection présidentielle du 18 juillet 2009, pour Mohamed Ould Abdel Aziz, actuel Président de la République, parce que convaincue de son programme électoral notamment en ce qui concerne la Culture, la Jeunesse et les Sports. Aujourd’hui, elle espère le retour de l’ascenseur de sa part.

"On a entendu pas mal de discours extraordinaires. Mais, on attend des résultats concrets. On ne veut pas que ce forum reste dans les clichés. Les maux de la jeunesse, les pouvoirs publics doivent les régler. On n’a pas besoin de n forums. On veut que nos problèmes trouvent des solutions le plus rapidement possible", a rappelé Diakité Yacouba.

Parmi ces problèmes qui préoccupent la jeunesse, il y a celui relatif à leur intégration dans le marché de l’emploi et du manque de formation professionnelle. Et, des jeunes, comme Aboubakry Lam, ont tout simplement demandé l’application de la Charte Africaine de la Jeunesse dont la Mauritanie est signataire.

Autre problème aussi, celui de la réintégration des jeunes mauritaniens travaillant à l’extérieur mais qui voudraient revenir et servir leur pays. Comme Ibrahima Idriss Wade, qui est venu de Dakar pour participer à ce Forum, ils sont des milliers de jeunes mauritaniens à se retrouver dans une telle situation. "Depuis ans, je suis revenu en Mauritanie, mais j’éprouve des difficultés d’intégration" , a-t-il confié tout en demandant à l’Etat de mettre en place des institutions fonctionnelles destinées uniquement aux jeunes afin de leur permettre de s’orienter, d’être des releveurs de défis par rapport aux bailleurs internationaux.

"Au lieu de voir ce que la jeunesse a besoin le plus, on nous nous impose des choix qui ne sont pas les nôtres. On prend des décisions sans la concertation des jeunes. Cela prouve que les jeunes ne sont pas respectés ni considérés", a fustigé Ba Bocar Abdoulaye.

Sur un autre registre, les uns et les autres n’ont pas de soulever le manqué d’équité et de clarté dans le déroulement des travaux du Forum National de la Jeunesse. Pour autant, ils attendent qu’il y ait une véritable politique d’orientation des jeunes vers les besoins de l’Etat en termes de lutte contre le chômage et la réduction de la pauvreté.

"L’Etat, au lieu d’aller engager des manœuvres étrangers, il pourrait penser à permettre un accès à certains jeunes à certaines formations pour qu’ils puissent eux-mêmes faire bénéficier le pays de leurs connaissances", a suggéré Moussa Tawal Oumrou qui a demandé aussi à ce que le cadre professionnel soit valorisé afin de contribuer efficacement au développement du pays, autrement dit valoriser les métiers.

Pour Mamoudou Guèye, quand on parle d’intégration des jeunes, il faut qu’elle passe d’abord et nécessairement par une politique volontariste et efficiente de la part des pouvoirs publics. "Nous ne manquons pas de ressources humaines. Ce qui nous manque, c’est d’être organisés. Et, cela doit venir de l’Etat", dit-il.

Cependant, les jeunes craignent que leurs suggestions qui seront confinées dans une feuille de route pour servir de base d’indication et de support en vue de l’élaboration d’une politique nationale de jeunesse ne dorment dans les tiroirs du Ministère de la Culture, de la Jeunesse et des Sports. Ce qu’ils craignent aussi, c’est le manque de suivi.

"Les bonnes initiatives doivent se faire dans les règles de l’art et aussi dans le bon sens avec une bonne intention. Il ne faut pas qu’on les utilise pour d’autres intérêts qui ne sont pas autres que ceux qui ont été conçus par la jeunesse", affirme Hama Ould Souvi. "Il est temps de finir et d’en abuser avec la jeunesse qu’on ne peut plus tromper", ajoute-t-il.

Avoir une jeunesse prometteuse, c’est aussi l’occuper, sans distinction de race. Et, pour Ba Aboubakry Mohamed, cela permettrait de résorber le taux de chômage qui est de l’ordre de plus de 30%. Cet objectif, limiter le chômage qui touche essentiellement les jeunes, est aujourd’hui l’une des priorités du gouvernement.

"Au lieu d’augmenter les salaires, nous demandons au Président de la République de voir d’abord le cas de ces milliers de jeunes chômeurs. Nous lui serons reconnaissants s’il ferait voter un budget spécial pour les besoins des jeunes en ce début d’année. Nous lui demandons d’offrir un cadeau de fin d’année à cette jeunesse mauritanienne tant négligée pour qu’elle puisse apporter sa contribution au développement du pays", a plaidé Moussa Tawal Oumrou.


Babacar Baye NDIAYE

Travaux du Forum National de la Jeunesse : Vers l’élaboration d’une plateforme de concertation et d’un document de politique nationale

Les travaux du Forum National de la Jeunesse sont ouverts, depuis hier matin, à Nouakchott, sous le haut patronage de Mohamed Ould Abdel Aziz, avec comme thème, la jeunesse au service du développement. Ces travaux, dont l’objectif est d’impliquer la jeunesse mauritanienne dans le processus de développement du pays, vont aboutir, entre autres, à l’instauration d’un Conseil National de la Jeunesse et la mise en place du Parlement de la Jeunesse mauritanienne.

Le secrétaire général de la Confédération des Ministres de la Jeunesse et des Sports des Etats et Gouvernements ayant la langue française en partage, Fall Youssouf, a assisté à l’ouverture des travaux du Forum National de la Jeunesse pour l’élaboration de la politique nationale de la jeunesse en Mauritanie.

A cet effet, il a indiqué que son institution œuvrera sans relâche pour venir en appui au gouvernement mauritanien dans sa recherche de solutions idoines aux problèmes des jeunes.

Des stratégies pour renforcer l’épanouissement des jeunes

Dans le même ordre d’idées, il a rappelé que la CONFEJES a réussi à mettre en place dans les pays membres de cette structure d’une plateforme de concertation où les jeunes sont accompagnés dans leur quête quotidienne et à les doter d’un document de politique nationale de jeunesse.

Parmi les objectifs de cette institution, il y a celle relative à l’appui et à l’organisation de concertations nationales ou internationales comme ces présents travaux et la disponibilisation d’experts de haut niveau aux Etats membres.

«Je souhaite, au cours de ces travaux, que toutes les réflexions convergent vers la mise en place d’un dispositif solide, opérationnel, efficace, actif, productif et bien structuré qui contribuera sans nul doute à renforcer l’épanouissement des jeunes de Mauritanie et a imaginé des programmes novateurs, réalistes, réalisables, des programmes qui, de par leur contenu et leur pertinence, susciteront une forte adhésion des jeunes eux-mêmes mais aussi de celle de l’Etat et des partenaires au développement », a déclaré Fall Youssouf.

Il en a, par ailleurs, profité pour révéler que son institution mettra à la disposition de notre Ministère de la Culture, de la Jeunesse et des Sports, un expert en politique publique qui va accompagner ce département dans l’élaboration d’un document stratégique de jeunesse.
En outre, Fall Youssouf a salué le dynamisme de la Ministre de la Culture, de la Jeunesse et des Sports dans sa volonté de sortir la jeunesse mauritanienne de sa léthargie.

Il n’a pas manqué non plus de saluer les efforts des pouvoirs publics mauritaniens dans l’élaboration et la mise en œuvre de politiques de jeunesse. «Seules les sociétés qui tiendront compte des besoins et aspirations des jeunes et qui impliqueront ces derniers dans les programmes qui les concernent seront celles qui, demain, réussiront les changements stratégiques souhaités porteurs de cohésion sociale et de développement économique », a-t-il conclu.


L’implication des jeunes dans la mise en œuvre d’un tel programme

Quant à Yane Kane, la représentante du FNUAP, qui a d’emblée, dans son discours, salué l’adoption tout dernièrement par le gouvernement de la charte de la jeunesse, elle s’est appesanti sur le rôle moteur de la jeunesse mauritanienne dans la société. Cette réalité, corroborée par des statistiques de l’Office National des Statistiques (ONS) qui estime qu’en 2010 le nombre de jeunes serait de 657.000, doit pousser le gouvernement à adopter des politiques de développement de jeunesse dans les domaines de la Santé, de l’Education, de la Formation, de l’Emploi, de la Culture et des Sports.

Elle espère dans ce sens qu’une stratégie claire assortie d’un plan d’action réaliste dont les jeunes devront être les principaux partenaires de mise en œuvre sera élaborée par le gouvernement Mauritanie. Elle a aussi suggéré que ce plan d’action tienne en compte des besoins spécifiques des jeunes filles.

Lui emboîtant le pas, le Premier ministre Moulaye Ould Mohamed Laghdaf a déclaré que son gouvernement est plus que jamais conscient des problèmes de développement que rencontre notre pays en termes de politique de jeunesse.

A cet effet, il a rappelé que son gouvernement, conformément aux orientations du Président de la République, mettra en œuvre une politique nationale de développement qui tiendra compte des spécificités de la jeunesse. A cet égard, il a indiqué que la participation de tous est essentielle pour l’aboutissement d’une telle stratégie.

Babacar Baye NDIAYE

Ça s’est passé à Nouakchott : Une fille domestique violée par 6 membres d’une même famille et une fillette de quatre ans violée

C’est terrible ce qui est arrivé à Maimouna et Oumou respectivement âgée de 14 ans et de 4 ans. La première qui est une fille domestique a été collectivement violée par 6 membres d’une même famille et la deuxième, elle a été violée à l’âge de quatre ans par un homme d’une quarantaine d’années.
En ce qui concerne Maimouna, notre source indique qu’elle est actuellement, à la suite de ce viol, dans une situation très délicate car elle s’est retrouvée psychologiquement perturbée et anéantie physiquement. Pour l’heure, elle est en train de suivre des traitements intensifs. En outre, notre source a révélé qu’elle n’a pas réussi à lui faire une analyse de sperme. Et les coupables circulent librement faute de preuves suffisantes pour les condamner !

Un branle-bas de combat

Face à la recrudescence des cas de viol dans la ville de Nouakchott, des associations féminines qui agissent dans ce sens sont en train de s’organiser pour adopter une stratégie commune pour lutter contre ce fléau qui prend de plus en plus de l’ampleur.
Car, elles craignent que cette situation ne dégénère au mépris du respect des droits de la femme et de son intégrité physique. Aujourd’hui, ces organisations ne comprennent pas que les violeurs qui ont commis des actes barbares sur le corps de leurs victimes ne puissent pas être sanctionnés et punis.
Très rarement, ces derniers purgent leur peine d’emprisonnement. Une telle situation n’a pas manqué de susciter l’indignation de ces organisations féminines.

Les rares associations féminines qui travaillent dans le domaine des violences faites aux femmes, arrivés au commissariat pour porter plainte contre les bourreaux, une fois saisies de cas de viols, regrettent qu’on leur montre de la froideur.
En Mauritanie, la problématique du viol se pose avec acuité. Comme Oumou, la fillette de 4 ans qui a été victime de viol, des dizaines de filles sont régulièrement violées. Pour ce cas, à en croire notre source, lorsqu’il a été posé au niveau de la justice, on a laissé entendre, comme toujours, que ce sont les parents qui ont failli à leur mission, qui n’ont pas éduqué leur fille, etc. Du coup, son bourreau n’a pas été appréhendé.

Comble du sort, certaines d’entre ces filles victimes de viol, se retrouvent en prison, accusées de crime d’adultère. C’est à la prison des femmes de Nouakchott, où on les retrouve souvent en état de grossesse.

Un traumatisme quotidien

C’est peu dire en avouant que les filles victimes de viol ainsi que les associations qui suivent leurs cas sont en train de vivre un véritable traumatisme quotidien. Selon notre source, c’est avec leurs propres moyens, que la petite Oumou a été acheminé vers le Maroc afin qu’elle y subisse une opération (finalement, elle en a subira quatre !). Arrivée au commissariat de Police, la famille de la victime, comme la plupart d’entre elles, a été contrainte de faire un arrangement à l’amiable.
Aujourd’hui, les organisations féminines qui travaillent dans ce domaine suggèrent qu’il y’ait des émissions au niveau des médias publics notamment à la radio et à la télé pour lever le voile du tabou qui entoure le phénomène du viol.

Inefficacité et absence

Dans une déclaration, l’Association des Femmes Chefs de Famille (AFCF) a condamné le "développement de plus en plus grand et multiforme de la criminalité à Nouakchott et dans les principaux centres urbains de la Mauritanie".

"Il ne se passe presque plus de semaine, ni de jour, sans que la presse, les commissariats de police et les préfectures ne soient envahis par de nombreuses victimes de cette violence qui se traduit par des viols, des vols, des agressions de tous genres et dont les principales cibles sont toujours les couches sociales les plus vulnérables, c'est-à-dire les femmes, les enfants et tous ceux qui sont sans protection", rappelle l’AFCF.

Cette organisation regrette de vive voix que le Ministère des Affaires Sociales, de l’Enfance et de la Famille, celui de la Justice et de l’Intérieur à travers la Police "brillent par leur inefficacité" et "leur absence pure et simple" pour endiguer ce fléau.
Pour l’Association des Femmes Chefs de Famille (AFCF), il en résulte un climat de suspicion et d’inefficacité qui fait croire à une complicité, à divers niveaux entre les délinquants et les organismes chargés de réprimer le crime. "Ainsi assurés de l’incapacité des pouvoirs publics à faire respecter la loi et à protéger les citoyens, les délinquants et criminels de tous bords perpétuent, dans une impunité quasi-totale leurs crimes au quotidiens", écrit-elle.

Babacar Baye NDIAYE

Birame Ould Dah Ould Abeid, président de l'IRA

"Le gouvernement de la France fera échec de manière volontaire à toute action judiciaire visant la mise au banc des accusés les coupables de crimes de pouvoir en Mauritanie"


Dans une interview accordée au site de l’Organisation contre les violations des droits humains (OCVIDH), Birame Ould Dah Ould Abeid, le président de l’Initiative de Résistance du Mouvement Abolitionniste (IRA), charge le régime de Mohamed Ould Abdel Aziz qu’il accuse de vouloir s’accaparer du pouvoir comme au temps de l’ex-dictateur Mâawiya Ould Sid’Ahmed Taya.

Pour Birame Ould Dah Ould Abeid, entre Mohamed O. Abdel Aziz et Mâawiya O. Sid’Ahmed Taya qui traine avec lui un lourd passif dans le domaine des droits de l’Homme, c’est bonnet blanc, blanc bonnet.

Birame O. Dah O. Abeid s’inscrit en faux contre le pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz qu’il dénie toute intention de vouloir améliorer la situation des droits de l’homme en Mauritanie où persistent encore des pratiques esclavagistes, des exclusions systématiques, des discriminations, des emprisonnements arbitraires.

A ce régime, il ne reconnait la prouesse que dans une démarche de coudoiement de certaines victimes de l'épuration ethnique qui a endeuillé les populations noires de Mauritanie pendant les années de braise.

L’opposition qu’elle tient responsable du fait accompli de l’installation de Mohamed Ould Abdel Aziz au pouvoir n’a pas été épargnée non plus par les critiques du président de l’IRA-Mauritanie.

Pour lui, notre opposition ne fait pas le poids devant le renforcement de l'emprise du pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz sur le pays qui s’accentue de jour en jour en s’appuyant sur certaines personnalités de marque de l’opposition. Il estime que c’est par défaitisme et manque de confiance en elle même que l'opposition a choisi des semblants d'élections, perdues d'avances, au lieu d'une confrontation au prix lourd mais salvatrice pour la démocratie et l'État de droit.

Au sujet des plaintes pour crimes de torture ou de meurtres déposées contre certaines personnes gravitant autour de Mohamed Ould Abdel Aziz, il a indiqué que les victimes des violations des droits humains passées et celles de nos jours n'ont aucun espoir de voir la justice rendue sous ce régime qui s'appuie allègrement sur des milieux civils et militaires ayant participé activement à la tentative de génocide contre les Noirs et s'adonnent de nos jours aux pratiques esclavagistes et à de faux témoignages sur la persistance de l'esclavage.

Derrière cet échec, Birame Ould Dah Ould Abeid y voit la main invisible du gouvernement français qu’il soupçonne d’entraver "de manière volontaire à toute action judiciaire nationale ou internationale visant la mise au banc des accusés les coupables de crimes de pouvoir en Mauritanie", a-t-il déclaré.

Par ailleurs, Birame Ould Dah Ould Abeid n’a pas manqué de dénoncer les tentatives du régime de Mohamed Ould Abdel Aziz de semer la discorde dans les rangs des victimes des déportations, de tortures, d’emprisonnements arbitraires, d’assassinats massifs…mais également au sein des associations des droits de l’Homme, des mouvements de libération et dans certains partis politiques.

"Je suis obligé de concéder que certaines victimes et certaines formations qui se sont illustrées dans cette lutte pour la reconnaissance des exactions contre les Noirs et leurs réparations sont traversées de nos jours par des tendances gagnées par le doute, le penchant au repos et à certaines sinécures que le système peut procurer en contrepartie de volte-face", a-t-il affirmé en citant à ce propos, le communiqué des FLAM, vantant les mérites des soi-disant cent jours de pouvoir du général Aziz et le refus de certains rescapés des événements de 1989-90 et 91de témoigner comme à l'accoutumée pendant la journée du 28 novembre.

En ce qui concerne la résolution du passif humanitaire, il a affirmé que toute démarche par rapport à ce problème doit impérativement obéir à la prise en compte des paramètres de l'unicité de l'action des associations et formations de défense des victimes et la fermeté sur les principes mondialement observés dans les cas d'espèces, c'est-à-dire : la vérité, la justice, les réparations et la mémorialisation.

Et, pour lui, la manière dont le pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz gère ce problème s’apparente plutôt à de la poudre aux yeux (prière pour le repos des âmes des défunts, indemnisation des victimes, rapatriement des déportés…) destinée à occulter et à éviter son règlement.

A cet effet, il a suggéré aux victimes des violations des droits humains en Mauritanie et leurs assistants de mettre à l'épreuve les lois et juridictions au sein du monde libre, notamment les closes concernant la compétence universelle. "Ceci permettra à coup sur d'épingler certains coupables et, de ce fait, obtenir des jurisprudences, ou du moins maintenir la pression sur les présumés criminels", dit-il.

Babacar Baye Ndiaye

Article 16 de la CEDEF : Des élus mis à contribution pour la levée de cette réserve

Sans eux, la campagne de sensibilisation du projet de promotion des droits des femmes et de renforcement des capacités des organisations de la société civile manquerait une jambe. C’est ainsi que du 24 au 25 novembre dernier, à l’hôtel Khatter, des élus locaux, d’obédience politique diverse, ont été mis à contribution, à travers un atelier de sensibilisation sur les droits des femmes, pour la levée de la réserve de la Mauritanie sur la Convention sur l’Elimination de toutes les formes de Discriminations à l’égard des femmes qui porte sur l’article 16 (CEDEF).

Cet atelier rentre dans le cadre du projet de promotion des droits de la femme et de renforcement des organisations de la société civile piloté par l’Association des Femmes Chefs de Famille (Afcf) sur un financement du Programme d’appui à la Société Civile et à la Bonne Gouvernance (PASOC).

Promouvoir les droits de la femme et susciter une réflexion menant à terme à une actualisation des textes législatifs organisant la vie de la femme en Mauritanie, tel a été l’objectif principal de cet atelier destiné à ces élus afin d’obtenir leur implication dans la protection et la défense des droits de la femme.

Tous les pays de l’Afrique de l’Ouest ont ratifié la Convention sur l’Elimination de toutes les formes de discriminations à l’égard des femmes (CEDEF) qui est entrée en vigueur le 3 septembre 1981 sauf le Niger et la Mauritanie qui a évoqué des raisons religieuses en avançant que certains articles contenus dans cette convention portent atteinte à l’Islam et à la charria.

Aujourd’hui, des organisations de défense des droits de la femme comme l’Afcf sont en train de se mobiliser en vue de pousser le gouvernement mauritanien à lever cette réserve dont le nœud gordien demeure l’article 16 (Voir encadré). Pendant deux jours, ces élus ont réfléchi autour de trois questions : Que faut-il faire ? Comment le faire ? Et quelles sont les conditions qui doivent être réunies pour que la réserve sur l’article 16 de la CEDEF soit levée ?

Au cours de cet atelier, certains élus ont proposé la révision du Code du Statut Personnel et demandé à l’Afcf qu’elle fasse un travail de réflexion concerté au sujet par exemple du divorce, de la prise en charge des enfants, du mariage de même que suggéré la mise sur pied d’une commission qui va tracer un plaidoyer pour l’amélioration des droits des femmes et la levée de la réserve sur la CEDEF.

Des oulémas avaient également pris part à cet atelier qui a fait ressortir des divergences entre ces derniers et les femmes au sujet par exemple de la répudiation. «Nous devons tous nous mobiliser pour que toutes les dispositions relatives à l’émancipation de la femme soit appliquée», a lancé l’un d’entre eux.
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Encadré

Article 16 de la CEDEF

1. Les Etats parties prennent toutes les mesures nécessaires pour éliminer la discrimination à l’égard des femmes dans toutes les questions découlant du mariage et dans les rapports familiaux et, en particulier, assurer, sur la base de l’égalité de l’homme et de la femme :

a) Le même droit de contracter mariage;
b) Le même droit de choisir librement son conjoint et de ne contracter mariage que de son libre et plein consentement;
c) Les mêmes droits et les mêmes responsabilités au cours du mariage et lors de sa dissolution;
d) Les mêmes droits et les mêmes responsabilités en tant que parents, quel que soit leur état matrimonial, pour les questions se rapportant à leurs enfants; dans tous les cas, l’intérêt des enfants sera la considération primordiale;
e) Les mêmes droits de décider librement et en toute connaissance de cause du nombre et de l’espacement des naissances et d’avoir accès aux informations, à l’éducation et aux moyens nécessaires pour leur permettre d’exercer ces droits;
f) Les mêmes droits et responsabilités en matière de tutelle, de curatelle, de garde et d’adoption des enfants, ou d’institutions similaires, lorsque ces concepts existent dans la législation nationale; dans tous les cas, l’intérêt des enfants sera la considération primordiale;

g) Les mêmes droits personnels au mari et à la femme, y compris en ce qui concerne les choix du nom de familles d'une profession et d'une occupation;
h) Les mêmes droits à chacun des époux en matière de propriété, d’acquisition, de gestion, d'administration, de jouissance et de disposition des biens, tant à titre gratuit qu'à titre onéreux.
2. Les fiançailles et les mariages d’enfants n’auront pas d'effets juridiques et toutes les mesures nécessaires, y compris des dispositions législatives, seront prises afin de fixer un âge minimal pour le mariage et de rendre obligatoire l’inscription du mariage sur un registre officiel.

Babacar Baye NDIAYE

Aminétou Mint El Moctar exprime son inquiétude au sujet de la situation des filles domestiques mineures

La présidente de l’Association des Femmes Chefs de Famille (Afcf) a exigé, au cours d’une conférence de presse organisée le 24 décembre, l’application de la loi sur les mineurs de 2005 mais aussi exprimé son inquiétude au sujet de la situation des filles domestiques mineures.

Cette conférence presse, dont l’objectif est de permettre au public et à la presse de connaître la problématique des filles domestiques mineures, vise à élucider les obstacles et les difficultés que rencontrent l’Afcf sur le terrain par rapport à ce projet lancé depuis août 2009.

"Nous avons d’énormes difficultés", a déclaré Aminétou Mint El Moctar, présidente de l’Afcf. "Il n’y a qu’un seul commissariat pour les mineurs dans tout Nouakchott", regrette-t-elle.

Aminétou Mint El Moctar, qui n’a pas manqué de souligner les difficultés de déplacement auxquelles elles sont confrontées, a déploré le fait que des commissaraits de la capitale ou de l’intérieur du pays qui ne sont pas du tout spécialisés dans la question des filles mineures, soient de cette question par des tierces personnes.

"Il y a des cas qui se retrouvent dans d’autres commissariats. Ces filles mineures sont traitées comme des adultes et souvent maltraitées", explique-t-elle. "Sans enquête et sans rien du tout, on envoie ces filles domestiques mineures directement en prison", ajoute-t-elle.

A en croire Aminétou Mint El Moctar, cette situation ne se fait pas sans complicité entre les employeurs et la police, hypothéquant du coup le sort de ces filles domestiques mineures.

"Je donne l’exemple Fatou Guèye qu’on a envoyé directement en prison sans faire aucune enquête", renseigne-t-elle. Comme Fatou Guèye, de nombreuses filles domestiques mineures sont aujourd’hui accusées, à tort ou à raison, de vols, en plus d’être des victimes de viols ou de maltraitances corporelles.

"C’est une situation que nous dénonçons", a affirmé Aminétou Mint El Moctar qui s’est également outrée de l’absence d’enquête honnête et de collaboration dans ce genre d’affaire où "on n’écoute que l’employeur", dit-t-elle. "Parfois même, on est chassé des commissariats pour ne pas assister la victime. On nous prive de faire correctement notre travail", a-t-elle complété.

Cette situation est aussi valable au niveau des tribunaux. "Là, c’est le grand problème. Le dossier est souvent classé sans suite", a rappelé Aminétou Mint El Moctar qui n’a pas manqué d’attaquer le comportement outrancier de certaines autorités judiciaires qui usent souvent, à l’en croire, de menaces verbales pour intimider la victime.

Une meilleure prise en charge de cette question supposerait, explique la présidente de l’Afcf, qu’un cadre juridique sur la situation des filles domestiques mineures soit élaboré le plus rapidement.

Autant le Ministère de la justice est concerné par cette question, autant l’est celui de l’Intérieur en ce qui concerne l’élaboration d’un code bonne conduite au sein de la police.

Pour Aminétou Mint El Moctar, la question des filles domestiques mineures doit être prise en considération par les pouvoirs publics comme l’est actuellement celle relative à la lutte contre la corruption et la gabegie. Elle a enfin suggéré, pour une bonne appréciation de cette question, l’élaboration d’un cadre juridique pour protéger les filles domestiques mineures dont certaines d’entres, durant leur incarcération, séjournent avec des personnes subversives.

Babacar Baye Ndiaye

Aminétou Mint El Moctar : «On se base sur la Charia pour discriminer la femme, l’enchaîner et entraver son accès aux sphères de décision de l’Etat »

Pour améliorer la situation de la femme et lui garantir tous ses droits, l’Assemblée Nationale et le Sénat adopteront le 19 juillet 2001 la loi n° 2001-052 portant Code du Statut Personnel (CSP). De nombreuses associations de défense des droits de la femme y avaient vu une volonté affichée de donner à la femme mauritanienne sa place dans la société. Huit ans après son adoption, les problèmes des femmes restent inchangés du fait de l’impunité et de la non application de la loi. Aujourd’hui, des voix s’élèvent de plus en plus pour réclamer la révision de ce code. Parmi elles, celle d’Aminétou Mint El Moctar qui revient dans l’interview suivante sur les raisons de cette demande. Entretien.

Le Rénovateur Quotidien : Pourquoi estimez-vous qu’il y a lieu aujourd’hui de réviser le Code du Statut Personnel ?

Aminétou Mint El Moctar : Au regard des différents centres d’écoute créés pour les femmes victimes de violences, du nombre croissant de conflits familiaux qui se présentent devant nous, des difficultés d’accès à la justice, des problèmes que les femmes rencontrent au niveau de la police, des cadis, des tribunaux, des autorités administratives, il y’a lieu de le réviser pour l’intérêt de la Mauritanie.
Le Code du Statut Personnel qui est mieux que rien-nous le reconnaissons- est bourré d’insuffisances. Ce qui pose inévitablement un problème d’application de la loi. Toutefois, quand on dit que telle femme est discriminée, violentée, on met cela dans le cadre de la Charia. Un homme qui bat sa femme à mort, on soutient que celle-ci a failli aux prérogatives de la Charia. N’oublions pas que notre Sainte religion a donné à la femme la place qu’il faut. Ce qui est aberrant, toute violation des droits de la femme est mise sur le dos de la Charia.
Chez nous, les traditions sont mêlées à la Charia. On se base sur elle pour discriminer la femme afin qu’elle n’avance pas, pour l’enchaîner et entraver son développement et son accès aux sphères de décisions de l’Etat. Nous avons constaté qu’il n’y a aucune volonté au niveau des institutions nationales pour faire avancer la cause des femmes mauritaniennes. Si on veut vraiment le faire, c’est pour se servir d’elles comme canaux de propagande et non pour régler les problèmes auxquels les femmes font face. On se sert d’elles comme un panneau publicitaire pour avoir des fonds de l’extérieur et non pas des choses réelles qui vont être dans l’intérêt de l’émancipation de la femme ou de briser les chaînes qui l’entravent et qui sont un obstacle à son développement, son évolution et à son émancipation.

Le Rénovateur Quotidien : En Mauritanie, les oulémas jouent un rôle incontournable. Est-ce que leur position au sujet du Code du Statut Personnel vous rassure-t-elle ? Pensez-vous aussi que sans leur appui vous ne pouvez pas obtenir la révision du CSP ?

Aminétou Mint El Moctar : Je crois qu’ils ont un rôle très important à jouer dans l’amélioration du Code du Statut Personnel. On compte également sur les élus du peuple mauritanien qui peuvent également jouer un rôle dans l’application de la Convention relative à toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF) et la levée des réserves.
Il ne faut pas perdre de vue que les femmes représentent plus de 50% de la population. Elles constituent de fait un réservoir électoral non négligeable. Nos oulémas ont aujourd’hui intérêt à se mettre au diapason de l’évolution contemporaine de ce monde en renforçant par exemple leurs capacités intellectuelles et non pas à se fier uniquement à ce qu’ils ont acquis.
Le Maroc a enregistré beaucoup de progrès dans l’amélioration des lois organisant la vie des femmes. C’est valable aussi pour la Jordanie. Pourquoi devrions-nous, nous aussi, accepter d’être dans la queue du peloton ? Il faut que nos oulémas divorcent avec ces traditions qui les empêchent d’évoluer. Il faut qu’ils arrêtent de camper sur des positions qui ne vont pas dans le sens de l’intérêt de la femme mauritanienne qui n’accepte plus la domestication, l’excision, l’enchaînement. On ne peut pas comparer la femme d’aujourd’hui à celle de l’antiquité, des années d’indépendance. Il faut que les oulémas débarrassent l’Islam des préjugés.

Le Rénovateur Quotidien : Sur certaines questions comme par exemple le fait d’avoir la possibilité de divorcer, les oulémas vous opposent un niet catégorique. Pensez-vous qu’ils sont prêts un jour à lâcher du lest par rapport à cette question et à d’autres comme celle relative à la répudiation… ?

Aminétou Mint El Moctar : Le Saint Coran a donné à la femme le droit de décider de son divorce. Comme par exemple, quand elle est violentée, maltraitée, quand elle ne peut plus vivre avec son mari qui se drogue. Dans certains cas, la femme n’a pas besoin de divorcer puisqu’elle n’a pas de problèmes. Par contre, dans d’autres cas, si cela ressemble à de l’enfer, la Charia lui a donné le droit de divorcer. Allah Le Tout Puissant a interdit qu’on maltraite la femme ou qu’on ne lui assure pas sa prise en charge ainsi que celle de ses enfants. C’est cela même le principe de l’acte du mariage. Lorsqu’un homme accomplit des actes contraires à l’Islam, la Charia accorde à la femme le droit de divorcer. Quand il s’agit de la femme, on ne parle jamais de l’Islam. Par contre, s’il s’agit de parler des droits de l’époux, c’est à se moment qu’on se souvienne de l’Islam !

Propos recueillis par
Babacar Baye NDIAYE

Accès à l’eau : 467.000 € pour réduire les fortes disparités dans la ville de Nouakchott

Sous la direction de l’Institut National de Recherche en Santé Publique (INRS), une étude relative à une analyse physico-chimique et bactériologique de l’eau des différents circuits de distribution à Nouakchott vient d’être réalisée. A ce propos, un atelier de restitution qui a regroupé les différentes institutions concernées par ce projet a été organisé, ce mardi, à la Communauté Urbaine de Nouakchott. Cette étude qui rentre dans le cadre du "Projet d’Amélioration de la Gestion Communale de l’Eau" est subventionnée par la Commission Européenne (CE) par convention n° DCI NSAPVD/2008/150-378.
Ce projet va donc permettre de renforcer l’accès des populations à un service de base en améliorant la gestion communale et le contrôle des différents étages de la filière d’eau à Nouakchott. La spécificité dudit projet, c’est qu’elle implique un renforcement des capacités de la société civile mais aussi des autorités locales.

Rendre plus équitable l’accès à l’eau

C’est un secret de polichinelle. Tous les quartiers de Nouakchott n’ont pas accès au précieux liquide de consommation qu’est l’eau. D’où la finalité du projet qui est de rendre plus équitable l’accès à l’eau dans toute la ville de Nouakchott.

Dans l’optique de développer l’accès à l’eau potable pour les habitants de Nouakchott, la Communauté Urbaine de Nouakchott (CUN) a prévu d’assurer une distribution minimale d’eau potable dans les quartiers périphériques de Nouakchott, de réduire la spéculation sur l’eau au niveau de Nouakchott et enfin de renforcer les compétences communales de gestion et d’inspection de l’eau.

La mise en œuvre du projet va s’articuler autour du renforcement des connaissances dans le domaine de la filière eau, de la création d’une filière d’urgence de distribution communale de l’eau qui vise à soulager les populations des quartiers les plus mal lotis en matière d’approvisionnement en eau notamment dans les périodes critiques de la saison chaude, de l’amélioration de la gestion communale de l’eau qui consiste à doter la CUN des outils qui vont lui permettre de réguler la filière et du renforcement des capacités des acteurs de la filière eau.

Un constat sans appel

Selon une étude réalisée en 2007 par Rafael Gonzales Quesada de la Fondation Séville intitulée "Diagnostic pour l’amélioration du traitement de l’eau", 21% des ménages de Nouakchott abonnés à la SNDE consomme quotidiennement une moyenne de 140 litres d’eau alors que 79% des ménages ne consomme que 20 litres par jour.

Le projet "Amélioration de la Gestion Communale de l’Eau" est destiné ainsi à réduire les fortes disparités d’accès à l’eau entre les ménages reliés au réseau d’eau et ceux qui ne peuvent l’être et qui payent l’eau jusqu’à 50 fois plus chers que les ménages aisés.

Ainsi réalisé, ce projet va considérablement réduire le pourcentage (79%) de la population de Nouakchott qui n’est pas raccordée au réseau et qui se ravitaille à partir de camions citernes ou de bornes fontaines. Ce réseau qui est de 800 km est loin de desservir l’ensemble de la ville de Nouakchott et les zones non couvertes qui nécessitent l’installation urgente de point d’eau sont encore nombreuses.

Un projet évalué à 467.000 €

Cet important projet évalué à 467.000 € financé par la Commission Européenne et la CUN à hauteur de 16% (une vingtaine d’employés municipaux seront mis à la disposition du projet) a bénéficié de l’appui technique du Ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation, du Ministère de l’hydraulique, du Ministère de la Santé, et de la Cellule d’appui à la Communauté Urbaine de Nouakchott en matière de Services Publics Marchants (GRET/RIF).
Face au manque de contrôle de la filière "privée" de l’eau qui se traduit par la desserte à des prix exorbitants de faible quantité d’eau de mauvaise qualité, aux risques sanitaires liés à l’eau, à l’absence de possibilité des points d’eau de la ville et de moyens financiers et humains pour gérer et inspecter les points d’eau, la Communauté Urbaine de Nouakchott a prévu d’accompagner le projet "Amélioration de la Gestion Communale de l’eau" dans la ville de Nouakchott par le biais de formations et de sensibilisations.

Avec ce projet, les populations défavorisées de Nouakchott devraient bénéficier plus ou moins directement de la baisse des prix de l’eau, de l’amélioration de la desserte et de l’amélioration de la qualité sanitaire de l’eau.

Babacar Baye NDIAYE

jeudi 27 mai 2010

Nos forces armées s’ouvrent au monde de la communication

En décidant de se mettre au diapason de la communication qui joue, aujourd’hui, un rôle déterminant dans la transformation des sociétés, nos forces armées sont en train d’opérer une véritable révolution. Elles veulent, désormais, se départir de leur image d’un cercle où tout est verrouillé et où l’information est difficile à recueillir.

Mais, de plus en plus, tout ce que fait l’armée intéresse les médias. Cette réalité est actuellement comprise par la Direction de la Communication et des Relations Publiques de l’Etat-major national qui a organisé, mercredi 26 mai, une journée de réflexion sur la nécessité d’une collaboration entre les forces armées et les médias.

Dans une présentation, le directeur de la communication et des relations publiques (la DCRP), le Colonel Teyib Ould Brahim a déclaré que la direction de la communication et des relations publiques qu’il dirige répond à une réalité qui est celle de permettre une circulation rapide et globale des informations, d’offrir au public un plus grand choix de sources d’information et de faciliter aux professionnels des médias l’accès libre à l’information.

Comme un peu partout, à travers le monde, nos forces armées veulent s’ouvrir aux médias. Ce qui, aux yeux du directeur de la communication et des relations publiques, doit reposer toutefois sur la collaboration et le respect mutuel. "Il est donc naturel que les conditions d’un partenariat avec la presse soient crées pour permettre aux citoyens de mieux connaître leur armée, ses missions et son action au service du développement", a-t-il indiqué.

Au sujet des opérations militaires, le colonel Teyib Ould Brahim a souligné que le journaliste doit se soucier en permanence des risques encourus par la divulgation d’informations pouvant nuire au succès des opérations ou mettre en péril la vie des militaires tout en appelant les professionnels de la presse à avoir une compréhension de la spécificité des activités de l’armée et leur caractère confidentiel.

Il faut signaler enfin que la direction de la communication et des relations publiques a pour, entre autres missions, d’informer les médias sur la politique de défense du pays et sur les activités importantes de l’armée.

Babacar Baye NDIAYE

mercredi 19 mai 2010

ESMT de Dakar : Un enseignant mauritanien licencié abusivement en appelle à l’aide des autorités

Jusqu’à novembre 2007, Mamadou Hamath Diop qui est de nationalité mauritanienne enseignait à la prestigieuse Ecole Supérieure Multinationale des Télécommunications (ESMT) de Dakar au Sénégal. Mais, tout se précipitera comme sur des roulettes, à partir de décembre 2007, lorsque le directeur de cet établissement, le nigérien Mohamed Saïbou le licencie de façon abusive, le mettant du coup à la retraite.

Ainsi, ce père de famille va se retrouver sans salaire. Selon Mamadou Hamath Diop, le directeur de cet établissement n’a pas respecté la législation sénégalaise qui porte l’âge de la retraite à 60 ans et son contrat qui le liait à son établissement et qui courrait jusqu’à la fin de cette année 2010.

Face à cette situation, Mamadou Hamath Diop avait saisi aussitôt le tribunal du travail de Dakar qui lui a donné raison en jugeant que la mise à la retraite alléguée par l’Ecole Supérieure Multinationale des Télécommunications (ESMT) de Dakar n’était qu’une façon affublée pour le congédier. A cet effet, le tribunal du Travail de Dakar va condamner l’ESMT à verser à Mamadou Hamath Diop la somme de 50 millions de francs CFA à titre de dommages et intérêts.

Aujourd’hui, cet enseignant d’origine mauritanienne court derrière ses indemnités et risque de ne pas les empêcher. Déjà, l’Ecole Supérieure Multinationale des Télécommunications (ESMT) de Dakar a interjeté appel.

Le gouvernement mauritanien est pour le moment aux abonnés absents. Avant d’enseigner à l’ESMT, Mamadou Hamath Diop était un fonctionnaire de l’Etat mauritanien. Pour pouvoir le recruter, le président du conseil d’administration d’alors de l’établissement avait dû solliciter son détachement auprès des autorités mauritaniennes qui avaient pris toutes les mesures nécessaires dans ce sens.

Cet excellent ingénieur des télécoms dont la qualification et l’expertise sont souvent sollicitées un peu partout à travers le monde compte sur le gouvernement mauritanien pour recouvrer ses droits bafoués par le directeur de l’ Ecole Supérieure Multinationale des Télécommunications (ESMT) de Dakar Mohamed Saïbou.

Babacar Baye NDIAYE

Gouvernance locale : La Mauritanie à l’heure des outils participatifs

La Communauté Urbaine de Nouakchott(CUN) a lancé, mardi matin, à Nouakchott, le projet de mise en place de Conseils de quartier auprès des communes et celui de la mise en place d’un Conseil Consultatif stratégique auprès de la Communauté Urbaine Nouakchott en marge d’un atelier de restitution des outils de la gouvernance locale.

L’objectif de ces projets est de proposer un mécanisme de gouvernance participative auprès des communes à travers des outils participatifs entre les populations locales et les élus. Selon les responsables du projet, il s’agit de sortir les communes de Nouakchott du formalisme institutionnel qui les lie aux citoyens en faisant de ces derniers les principaux acteurs de leurs communes.

En termes de résultats attendus, les conseils de quartier vont permettre de sensibiliser et d’impliquer par exemple les populations aux problèmes d’aménagement urbains et au développement durable, de lutter contre la pauvreté, d’améliorer les conditions de vie et d’habitat des populations locales.

Quant au Conseil Consultatif Stratégique, il va donner un cadre institutionnel à la politique de proximité de la Communauté Urbaine de Nouakchott(CUN). Il s’agit, dans ce cadre, de favoriser l’émergence des compétences locales et de renforcer les différentes structures intervenantes (Etat, Communes, Associations, Populations, Partenaires au développement).

L’étude de ces projets réalisés en partenariat avec le Centre Mauritanien d’Analyse de Politique (CMAP) comportera chacun deux phases. Afin de se prémunir des risques de cooptation, de favoritisme, la composition du conseil de quartier sera soumise aux fins de validation à l’approbation au conseil municipal à la majorité des 2/3. Cela va permettre d’éviter qu’il ne fasse l’objet d’une instrumentalisation par le maire.

Les conseils de quartier auprès des communes et le conseil consultatif stratégique auprès de la CUN répondent à un souci de transparence, de responsabilisation et d’interactivité. Il faut rappeler que ces outils participatifs ont accompagné la plupart des pays africains dans leurs politiques de définition d’une gouvernance démocratique locale. Pour les concepteurs de ces études, la Mauritanie va ainsi se mettre à l’heure des outils participatifs et compléter le chainon manquant dans sa politique de décentralisation.

Babacar Baye NDIAYE

Centre Culturel Français de Nouakchott : Deux employés se plaignent d’avoir été licenciés sans motif


Deux employés Daouda Watt et Sy El Hadj travaillant au CCF se plaignent d’avoir été licenciés sans motif. Les deux employés ont été engagés sur la base d’un contrat indéterminé pour assurer les services de sécurité du Centre Culturel Français Antoine de Saint-Exupéry de Nouakchott.

Le premier y a travaillé depuis trois ans et le second plus de 6 ans. Ils protestent contre ce licenciement qu’ils jugent abusif et portent leur cas devant le tribunal du Travail de Nouakchott dans le but d’obtenir des dommages et intérêts pour rupture arbitraire de contrat.
Ces employés affirment n’avoir commis aucune faute grave qui puisse causer leur renvoi. ils estiment ignorer jusque là le motif de leur licenciement. Leur employeur, le Centre Culturel Français, leur a annoncé, le 12 mai dernier, qu’il arrêtait, à leur grande surprise, son contrat avec eux, en leur remettant un préavis qui doit expirer le 12 juin prochain, date de la fin de leur contrat.

Pourquoi ont-ils été licenciés sans motif ? Est-ce qu’il est prévu, pour ces cas, des indemnités ? Qui va les remplacer ? Des questions restées sans réponses. Contacté à ce propos, le directeur du Centre Culturel Français, après l’introduction d’une demande d’entrevue avec lui, par l’intermédiaire de sa secrétaire, n’a pas voulu réagir arguant qu’il manquait de temps libre pour répondre à toutes ces questions.

Babacar Baye NDIAYE