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samedi 29 mai 2010

Journée d’animation pédagogique du lycée de Djéol

Le directeur demande à l’Etat de ramener les internats, les colonies de vacances, les festivals et les tournois sportifs dans les écoles

Jeudi dernier, le lycée de la commune de Djéol a tenu la troisième édition de sa journée d’animation pédagogique. Lors de cette journée, organisée sur le thème "La famille, l’école et la nation", le directeur dudit établissement, Sy Alhousseinou, a demandé aux pouvoirs publics de ramener les internats, les colonies de vacances, les festivals et les tournois sportifs qui ont de tout temps, selon lui, étaient des facteurs de promotion de l’unité nationale.

Le lycée de Djéol qui est créé en 1998 compte actuellement 1321 élèves inscrits et 9 sections pour un effectif de 453 élèves dont 219 filles soit un pourcentage de 49,88%. Et pour répondre aux besoins des activités pédagogiques, le lycée de Djéol a prévu la construction et l’équipement de trois nouvelles salles de classe, l’adduction en eau potable et l’accès à l’informatique.

Le lycée de Djéol ne veut pas, aujourd’hui, demeurer un maillon faible dans les efforts de développement de notre système éducatif et de notre société. "Notre souci est de former des citoyens cultivant les valeurs de tolérance, de paix civile et d’unité nationale d’une part et d’autre part de créer une race d’hommes capables de relever le défi du troisième millénaire", a rappelé Sy Alhousseinou.

A côté des défis que veut relever la direction du lycée, figurent ceux relatifs aux problèmes des mariages précoces et à l’émigration qui tente de plus en plus les jeunes élèves. Par rapport à la question de l’émigration, Sy Alhousseinou a soutenu que l’école mauritanienne a un rôle à jouer, par le biais de l’éducation et de la sensibilisation, dans la réduction de ce fléau à défaut de pouvoir le combattre.

Dans un diagnostic sans complaisance sur le système éducatif mauritanien, Ngaidé Malik qui a pris la parole au nom des professeurs du lycée de Djéol a déclaré qu’il y a lieu de prendre des mesures concrètes pour redresser notre éducation nationale qui connaît, selon lui, une traversée du désert depuis quelques années.

Du coup, il a insisté sur la nécessité de faire "une réflexion profonde et de débats sérieux lors des Etats Généraux de l’Education promis par le Chef de l’Etat en vue d’une réforme profonde de l’enseignement loin de l’improvisation et de la démagogie" afin que l’école mauritanienne retrouve "son passé glorieux".

La responsabilité de ce fiasco, pour Ngaidé Malik, est non seulement partagée (élèves, administration et parents d’lèves) même si elle concerne en premier lieu le corps enseignant. Et pour mettre un terme à cet état de fait, Ngaïdé Malik a suggéré le gouvernement de promouvoir "le principe de la sanction et de la récompense loin du camouflage et du favoritisme qui ne ménagent que les médiocres et les paresseux laissant notre système éducatif à la merci de toutes les tempêtes qui l’ont plongé dans son sommeil et sa dégringolade".

Cette grande manifestation scolaire a été soutenue par la direction régionale de l’Education Nationale du Gorgol, la préfecture de la mouqata’a de Kaédi, la mairie de la commune de Djéol et les émigrés du village. Il faut noter également que pour cette année, c’est le Collège d’Enseignement Moyen du village de Doondu située sur la rive gauche à deux km de Djéol qui a été l’invité d’honneur avec la présence de son directeur Salif Ba. Et pour Sy Alhousseinou, "c’est là un exemple d’intégration éducative sous régionale à perpétuer", a-t-il dit.

Le point d’orgue de cette manifestation a été la distribution des prix aux élèves qui se sont distingués lors des compositions de 1er trimestre, le match de génies en herbe, les chœurs du ballet traditionnel et le spectacle de judo.

Babacar Baye NDIAYE

vendredi 14 mai 2010

Institut des Langues Nationales : Ibrahima Moctar Sarr regrette que les mauritaniens méconnaissent l’œuvre qui a été faite

Aujourd’hui, nombreux sont les mauritaniens qui méconnaissent l’œuvre qui a été réalisée par l’Institut des Langues Nationales (ILN) de Nouakchott, créé à l’époque, sous le régime de Mohamed Khouna Ould Haidallah pour expérimenter et préparer l’introduction du Poular, du Soninké et du Wolof dans le système éducatif dans un délai de 6 ans. Certaines personnes d’entre elles partent jusqu’à s’interroger sur les accomplissements de cet institut fermé
par Mâaouiya Ould Sid’Ahmed Taya.

Face à une telle situation, Ibrahima Moctar Sarr a tout simplement proposé, au cours d’un débat sur la problématique des langues nationales organisé ce 12 mai par le REMEDE, à ce qu’on fasse l’inventaire du travail de l’Institut des Langues Nationales pour éclairer l’opinion publique, tout en demandant sa réouverture afin de poursuivre l’expérience de 1979, date à laquelle cet institut a été créé par décret n° 79.348/PG/MEFS.

Pour le numéro de l’Alliance pour la Justice et la Démocratie/Mouvement pour la Rénovation (AJD/MR), l’ignorance du travail de l’Institut des Langues Nationales trouve son explication dans l’"incompréhension" et la "mauvaise information" que les mauritaniens ont de cet institut, regrettant au passage l’absence de vulgarisation et de diffusion de ce qui a été fait dans le développement de nos langues nationales. Ce qui dénote, à ses yeux, d’un mépris du travail linguistique abattu par l’Institut des Langues Nationales.

"Nous, à l’AJD/MR, nous ne trompons pas. Dès le départ, nous avons dit que c’est le problème de l’identité de la Mauritanie qu’il fallait d’abord définir. Tant qu’on ne l’a pas fait, on ne fera que patauger et revenir en arrière. Il faut qu’on sache qu’elle est l’identité de la Mauritanie. Dès l’instant que c’est élucidé et que chacun connait sa place, le reste devient une simple application", a-t-il expliqué.

La question linguistique a mené, à plusieurs reprises, le numéro 1 de l’AJD/MR en prison. Aujourd’hui, il existe des ouvrages attestant que des mauritaniens comme Mourtoudo Diop, Saidou Kane, Oumar, Ibrahima Moctar Sarr ont étudié, pratiqué et développé leurs langues avant que l’Etat ne s’y mette.

"Il y’a 37 ans, [mes compagnons] et moi avions été arrêtés à Nouakchott, en pleine nuit parce que nous étions en train d’étudier notre langue. Nous avons été conduits au commissariat et envoyés à la prison de Beyla. Nous avons été jugés. Par la suite, on a déclaré le non-lieu", rappelle Ibrahima Moctar Sarr comme pour dire que la question du développement des langues nationales ne lui est pas étrangère.

Pour Ibrahima Moctar Sarr, nier le travail de l’Institut des Langues Nationales attesté pa r l’UNESCO, c’est mépriser ceux qui ont participé à sa création en 1979. "Quand nous parlons de développement des langues nationales, ce n’est pas seulement pour chanter en Poular, Wolof ou Soninké, faire de la poésie ou danser. Quand, nous parlons de développement des langues nationales, c’est pour un problème de développement", a précisé Ibrahima Moctar Sarr soulignant au passage qu’on ne peut pas se développer en dehors de sa culture.

Aussi, il a regretté qu’une infime partie de la population soit, la seule, détentrice du savoir, de la connaissance et de l’information au détriment de la majorité rappelant, à titre d’exemple, qu’"il n’y a pas de rupture entre le président chinois et le plus humble des chinois". "Si, on avait poursuivi l’expérience de 1979, on aurait eu, aujourd’hui, des surprises", ajoute-t-il.
Ibrahima Moctar Sarr fait partie aujourd’hui de ceux qui proposent l’adoption d’un multilinguisme stratégique qui exploiterait toutes les ressources linguistiques de la Mauritanie mais aussi l’instauration d’un débat sérieux et ouvert autour de la problématique des langues nationales.

"Depuis presque 40 ans, je suis dans ce chantier. Depuis presque 40 ans, je suis dans cette lutte. Aujourd’hui, encore, on me repose ce même problème que je pensais être dépassé. Alors, cela veut dire que dans 40 ans, si je suis en vie encore, je vais reprendre le même débat. Je ne le souhaite pas", a conclu le leader de l’AJD/MR.

Babacar Baye NDIAYE

jeudi 22 octobre 2009

Education- Program Access 2007 : L’ambassade des USA organise une cérémonie de départ pour les bénéficiaires



Ils sont au total huit élèves choisis parmi 80 élèves âgés de 14 à 18 ans à suivre un programme d’apprentissage de l’Anglais appelé «English Access Microscholarship Program» au Centre d’Anglais de Nouakchott. A l’issue de deux ans d’apprentissage, les 8 meilleurs élèves sont envoyés aux Etats-Unis pendant trois semaines pour y accomplir un séjour linguistique entièrement pris en charge par le gouvernement américain. La cérémonie marquant leur départ a eu lieu à l’ambassade des Etats-Unis, ce 21 octobre, en présence de leurs parents d’élèves et du directeur de l’enseignement secondaire.
«Il offre aux jeunes sélectionnés l’opportunité d’améliorer leur niveau en Anglais tout en participant à des activités éducatives destinées à développer leur capacité de leadership, promouvoir l’éducation civique, le respect de la diversité et la participation active dans la vie de leur communauté», a expliqué Mark Boulware, l’ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique en Mauritanie.
Soumaré Oumar est chargé de mission au ministère de l’Education Nationale. Il a salué le «program Access 2007» qui traduit, selon lui, une belle manifestation d’exemplarité des relations qu’entretiennent les Etats-Unis d’Amérique et la Mauritanie.
«Nous nous félicitons du choix qu’ils font parce qu’ils investissent dans le secteur de l’éducation et sur la jeunesse. Nous pensons que ces deux créneaux peuvent permettre à nos deux pays de maintenir leurs relations. Nous félicitons également les responsables du centre de formation et le staff enseignants qui ont su encadrer ces élèves avec tout le sérieux et la qualité d’enseignement dispensée avec la responsabilité», a-t-il déclaré.
«Profitez de l’opportunité qu’on vous donne, de l’opportunité de comprendre une langue. Profitez aussi de l’opportunité de découvrir aussi un grand pays et je suis convaincu que vous reviendrez convaincus de deux choses : que vous avez visité un grand pays mais aussi vous avez connu un grand peuple. Revenez-nous saints et emmenez-nous tout ce qu’il y a d’agréables», a-t-il poursuivi.
Docteur Tombo Mbaye est le directeur du Centre d’Anglais de Nouakchott (NEC) et coordinateur adjoint du programme «English Access Microscholarship Program» entièrement financé par le gouvernement américain dont la plupart des bénéficiaires sont issus des quartiers périphériques de Nouakchott.
«C’est un programme très intéressant parce qu’il aide les enfants à apprendre la langue en se familiarisant avec la culture et la civilisation américaines», confie-t-il en espérant que leur séjour aux Etats-Unis leur apportera beaucoup de choses notamment sur le plan linguistique et sur le plan des relations humaines.
Il n’a pas manqué de prodiguer des conseils pratiques à ses élèves qu’il a invités à être des «ambassadeurs de la Mauritanie auprès des Etats-Unis». Ils seront accompagnés durant leur séjour par deux professeurs encadreurs du Centre d’Anglais de Nouakchott.
Abdoul Bocar Ly travaille au corps de la Paix américaine. Il est venu remplir les formalités de séjour de son enfant, Sy Djibril Abdoul qui fait partie des 8 bénéficiaires du program Access. Il est heureux que son fils puisse découvrir les multiples facettes du pays de l’oncle Sam. «C’est une bonne chose que nous apprécions à sa juste valeur. C’est une première entre les Etats-Unis et la Mauritanie. Ce séjour va leur permettre d’aller à la rencontre d’autres personnes, d’autres cultures et d’autres communautés», se réjouit-il.
Le départ aux Etats-Unis aura lieu le 15 novembre prochain. Et, en croire le directeur du Centre d’Anglais de Nouakchott, toutes les dispositions ont été prises pour éviter les désagréables surprises de dernière minute. En attendant ce jour, ils raclent déjà leur enthousiasme de découvrir pour la première fois de leur vie les Etats-Unis d’Amérique dont des millions d’individus caressent le rêve d’y séjourner.

Babacar Baye NDIAYE