mercredi 12 mai 2010

Ahmed Ould HAMZA, président de la CUN: "Nous avons beaucoup de projets mais nous avons les mains liées"


Dimanche matin, le président de la Communauté Urbaine de Nouakchott (CUN), Ahmed Ould HAMZA, a suggéré aux pouvoirs publics, au cours d’une rencontre avec les journalistes, de transformer les collectivités locales en de véritables "administrations de développement" en les dotant de compétences nécessaires afin qu’elles puissent jouer leur véritable rôle. Ce qui nécessitera, selon lui, de lever d’abord les conflits de compétences d’une part entre la Communauté Urbaine de Nouakchott et les neuf mairies de la capitale et d’autre part entre l’Etat et la Communauté Urbaine de Nouakchott(CUN).

Le président de la Communauté Urbaine de Nouakchott a d’emblée regretté que les mairies du pays soient dépourvues de compétences. "Nos compétences sont celles de l’Etat", note-t-il soulignant au passage que ce dernier s’est accaparé des grandes prérogatives dans le domaine de la décentralisation en y voyant "un enjeu politique très important".

S’il y’a un message que le président de la Communauté Urbaine de Nouakchott, Ahmed Ould HAMZA, a voulu faire passer, au cours de sa rencontre d’hier avec les journalistes, c’est que l’institution qu’il dirige ressemble plutôt à une géante aux pieds d’argile.

Du coup, Ahmed Ould HAMZA n’y est pas allé par quatre chemins pour réclamer plus de compétences à l’Etat à qui il n’a pas manqué à faire appel pour renforcer la décentralisation qui est aujourd’hui encouragée par de nombreux pays africains comme un système indispensable au développement. "La décentralisation a reculé d’une manière invraisemblable en Mauritanie. Le développement d’un pays passe par la séparation des pouvoirs et la décentralisation", a rappelé le président de la Communauté Urbaine de Nouakchott. A ce sujet, il a donné l’exemple du Maroc qui est en train de faire mieux que la Mauritanie dans le domaine de la décentralisation mais surtout dans celui de la régionalisation.

Le manque de volonté d’œuvrer à réaliser une politique sincère de décentralisation est un obstacle à tout rôle que veulent jouer les communes en Mauritanie. "Je suis frustré", a-t-il confié trouvant anormal, par exemple, que la ville de Nouakchott ne dispose pas de police municipale à l’instar des villes comme Ouagadougou ou Dakar.

Pour autant, le président de la Communauté Urbaine de Nouakchott (CUN) a déclaré qu’il veut bien travailler mais n’a pas les coudées franches pour engager la réalisation de projets de grande envergure. "Tous les grands projets de la ville de Nouakchott dépendent de moi. Nous avons beaucoup de projets mais nous avons les mains liées", a-t-il déclaré déplorant l’absence de l’Etat dans le financement des projets de la Communauté Urbaine de Nouakchott.

Aujourd’hui, la plupart des projets de la Communauté Urbaine de Nouakchott sont financés par la région Ile-de-France, l’Agence Française de Développement (AFD), la ville de Lausanne et l’Union Européenne. "C’est la coopération internationale qui fait vivre les mairies du pays. Sans cela, on aurait fermé boutique depuis très longtemps", a-t-il expliqué demandant à l’Etat de valoriser la fonction de maire et de transférer, dans le cadre de la décentralisation, les compétences dévouées aux collectivités locales.

Sur une note d’optimisme, il a terminé en révélant, nonobstant les problèmes et les crocs-en-jambe, que le Communauté Urbaine de Nouakchott se porte bien. "Et, je suis fier de ma gestion", a-t-il complété.

Ahmed Ould HAMZA en a profité pour appeler la classe politique à plus de retenue. "Arrêtons la politique un moment et allons à l’essentiel", a-t-il dit en substance en faisant allusion à la question de l’arabité qui a secoué récemment la Mauritanie. "Il faut exclure les gens qui sont en train de créer des problèmes dans le pays", a-t-il préconisé. "C’est un faux problème", a-t-il indiqué.

Babacar Baye NDIAYE

Manifestation des dockers: Samory Ould BEYE dénonce l’indifférence des autorités



Le secrétaire général de la Confédération Libre des Travailleurs de Mauritanie (CLTM), Samory Ould BEYE, a déclaré, lundi matin, que les autorités devront assumer toutes leurs responsabilités de tout ce qui pourrait découler de l’arrestation des dockers qu’elles ont, elles-mêmes, créé.

"L’exercice de l’arbitraire et de l’usage de la force ne sont que des provocations. Et, aujourd’hui, nous sommes prêts à répondre à ces provocations. Ce serait regrettable qu’il en soit ainsi", a-t-il déclaré.

Au sujet de l’arrestation des dockers, il a indiqué qu’elle ne se justifiait pas précisant qu’ils n’avaient commis aucune action de nature à pousser les pouvoirs publics à procéder à leur arrestation à la suite d’une manifestation publique pour réclamer de meilleures conditions de travail.

Samory Ould BEYE regrette également que les autorités aient snobé leur plateforme revendicative remise au Wali de Nouakchott le 3 mai dernier. Celle-ci concerne l’augmentation du taux de tonnage à 1.000 UM, la réglementation du secteur des dockers, le respect des conventions collectives collective pour le secteur et la protection de la main-d’œuvre locale contre la concurrence étrangère et la libération des dockers grévistes détenus et qui sont au nombre de 7.
Le Secrétaire Général de la Cltm reproche aux autorités leur parti-pris au profit de commerçants véreux et peu scrupuleux au détriment d’ouvriers pauvres et sans ressources, exploités comme des bêtes.

"Tout au long de nos contacts avec les autorités, nous avons toujours exprimé cette volonté de dialogue et de recherche de voies de solutions de manière pacifique. Mais, à chaque fois, on nous laissait entendre que cela est possible sans que qu’il y ait d’actes concrets de leur part", a précisé Samory Ould BEYE.

Le secrétaire général de la Confédération Libre des Travailleurs de Mauritanie (CLTM) a aussi accusé la police d’avoir astreint les dockers détenus à signer des procès-verbaux dont ils ignoraient le contenu. Il a toutefois souligné , tout en regrettant l’absence de volonté politique et de négociation de la part des autorités, pour régler la situation des dockers, que la reprise de leur travail dépend de ceux qui offriront le prix exigé par leur plateforme revendicative.

Dans cette bataille qui l’oppose aux autorités, la Confédération Libre des Travailleurs de Mauritanie (CLTM) a déjà engagé un avocat pour libérer les 7 dockers détenus.

Babacar Baye NDIAYE

mercredi 17 mars 2010

Mohamed Ould Nah, leader du Parti du Rassemblement Populaire (PRP)


«Les syndicalistes ont échoué dans leur tentative de déstabiliser le gouvernement »


En réaction à la grève des centrales syndicales, le leader du Parti du Rassemblement Populaire (PRP) Mohamed Ould Nah, a considéré que celles-ci doivent s’estimer heureuses par rapport aux indemnités qui leur ont été accordées par le gouvernement de Moulaye Ould Mohamed Laghdaf. Au passage, il a regretté que ces mêmes centrales syndicales soient sorties de leur cadre de revendication syndicale après avoir minimisé leur influence sur l’ensemble des travailleurs.


Mohamed Ould Nah accuse l’opposition d’être derrière les motivations des syndicalistes animés par l’intention de vouloir déstabiliser le gouvernement et le régime de Mohamed Ould Abdel Aziz. «Ces politiciens qui les manœuvrent sont considérés même comme des symboles de la gabegie. Cette grève ne peut qu’échouer sur l’ensemble du territoire national parce qu’elle n’a pas sa raison », a-t-il soutenu.


Du coup, il a appelé les syndicalistes à démissionner de leurs postes puisqu’ils ont trahi la majorité des travailleurs mauritaniens. Pour lui, les centrales syndicales ayant décrété les trois jours de grève représentent les arrières cours de l’opposition sur le terrain syndical. Dans le même ordre d’idées, le leader du Parti du Rassemblement Populaire (PRP), un parti de la majorité, n’a pas manqué d’adresser des griefs à l’opposition qui est, selon ses propres termes, égarée et dépourvue de discours politique clair.


«On l’a vue défendre les symboles de la gabegie. Elle est porteuse de messages qui ne sont pas consistants. L’opposition fait des déclarations à bout de force, des déclarations qui ne sont pas fondées », raille-t-il. «L’opposition est constituée d’écoles de la gabegie. Ce qu’on cherche maintenant, c’est l’émergence d’une nouvelle classe politique», conclut-il tout en appelant l’opposition à être beaucoup plus conséquente avec elle-même.

Babacar Baye NDIAYE

lundi 15 mars 2010

Filles domestiques mineures : La présidente de l’Afcf suggère la création de centres d’accueil


Dimanche 14 mars, Aminétou Mint El Moctar présidente de l’Association des Femmes Chefs de Famille (Afcf), a suggéré, au cours d’une conférence de presse, au Centre Culturel Français Antoine de Saint-Exupéry, la création de centres d’accueil en faveur des filles domestiques mineures. Et pour cause. Ces dernières, une fois expulsées de leur maison d’accueil, se retrouvent, sans protection ni encadrement ni assistance, dans la rue, sujettes à toutes sortes de menaces. D’ailleurs, récemment, l’Association des Femmes Chefs de Famille (Afcf) a entrepris une enquête sur la problématique des filles mineures domestiques victimes d’abus sexuels, de violences ou de maltraitances corporelles.
Pour Aminétou Mint El Moctar, il est nécessaire, pour pouvoir identifier les contraintes physiques et sexuelles que peuvent subir les jeunes filles domestiques, de connaître leurs zones d’afflux et d’atterrissage. Dans ce sens, Aminétou Mint El Moctar a fait remarquer que la majorité des parents ignorent les conditions dans lesquelles leurs filles travaillent.
Souvent analphabètes et issues de familles pauvres, ces filles domestiques n’ont pas de contrat de travail et rien n’indique qu’elles sont des employées à plus forte raison prétendre à un congé de travail. Une telle situation, selon la présidente de l’Afcf, doit pousser les autorités à prendre des mesures en vue de protéger les filles domestiques régulièrement à la merci des employeurs souvent sans scrupules. Ceux-ci profitant d’un cadre répressif inexistant exploitent sans vergogne cette catégorie de la société.
"Tous les employeurs ne sont pas mauvais, précise Aminétou Mint El Moctar. Il y a parmi eux certains qui traitent bien les filles domestiques mineures". Pour ne pas développer un complexe d’infériorité chez les filles domestiques mineures, Aminétou Mint El Moctar a souligné la nécessité de les mettre dans de bonnes conditions comme par exemple s’habiller, se soigner et avoir une couchette respectable.

L’autre front que veut attaquer l’Association des Femmes Chefs de Famille se situe au niveau de l’harmonisation des salaires des filles domestiques mineures souvent rachitiques, exploitées voire humiliées dans leur amour-propre.
Ce branle-bas de combat consécutif à une absence de cadre juridique adéquat justifierait, à en croire Aminétou Mint El Moctar, la dégénérescence du phénomène à l’intérieur du pays et notamment dans les grandes villes comme Nouakchott à forte démographie.
Derrière cette dynamique pour pousser les pouvoirs publics à créer un cadre de protection juridique et de réglementation du travail des filles domestiques mineures, il y a l’Ong internationale Terre des Hommes et la Coopération Espagnole qui ont récemment financé une étude sur ce phénomène.

Et pour Aminétou Mint El Moctar, plus que dégradante, la situation des filles domestiques mineures est de plus en plus alarmante. Et nul n’ignore que ces dernières, on les retrouve chez les Ministres, les magistrats, les directeurs, les élus du peuple…D’où la nécessité pour Aminétou Mint El Moctar de les assister, les encadrer et les protéger.

Babacar Baye NDIAYE

dimanche 14 mars 2010

Ladji Traoré au sujet du dialogue Pouvoir /Opposition


«On a le sentiment qu’Aziz n’a jamais lu les accords de Dakar qui lui ont permis de se couvrir d’un cache-sexe pour transformer un coup d’état militaire en coup d’état démocratique»


Ladji Traoré, une des figures de proue de l’Alliance Populaire Progressiste (APP), balaie d’un revers de la main les charges portées par le Président de la République Mohamed Ould Abdel Aziz lors de son meeting d’Arafat contre l’opposition qu’il a accusée d’être de mèche avec l’étranger. A son tour, il n’a pas manqué de dénoncer sa politique qu’il a qualifiée de populiste et de démagogique tout en l’invitant à s’asseoir pour une confrontation des programmes et des problèmes du pays. «S’il n’a pas peur de la confrontation, nous l’invitons au dialogue inclusif que nous n’avons cessé de réclamer depuis toujours et avec nous d’ailleurs la communauté internationale », lance-t-il. Entretien.

Le Rénovateur Quotidien : Comment analysez-vous le discours du Président de la République à Arafat où il a déclaré qu’il est prêt à dialoguer à condition que vous reconnaissiez sa victoire du 18 juillet 2009?

Ladji Traoré : En Afrique, dans ce processus de démocratisation vécu ça et là différemment, il ne faut rien minimiser. Le président ou le général Ould Abdel Aziz doit savoir qu’en ayant mis fin arbitrairement au régime démocratiquement élu du président Sidi Ould Cheikh Abdallah, un homme compétent respecté à l’intérieur et à l’extérieur du pays, il a créé l’une des plus grandes crises en Mauritanie qui aurait pu se solder par d’autres conséquences. Si l’opposition est allée aux négociations de Dakar, c’est pour pouvoir réfléchir aux autres questions du pays de manière consensuelle y compris en préparant des élections anticipées. On a le sentiment qu’Aziz n’a jamais lu les accords de Dakar qui lui ont permis de se couvrir d’un cache-sexe ou d’un prétexte pour transformer un coup d’état militaire en coup d’état démocratique. L’opposition, à la suite de la décision du conseil constitutionnel, a reconnu la légalité de son pouvoir dans la mesure où nous l’appelons au dialogue mais nous ne lui reconnaissons aucune légitimité parce que nous savons dans quelles conditions les élections de juillet se sont déroulées. On est habitué, en Afrique, à ce que des gens passent en force avec n’importe quelle élection. C’est de ce circuit que nous voulons sortir et aller vers un dialogue inclusif et apaisé y compris trouver des solutions aux problèmes graves que connait notre pays.

Le Rénovateur Quotidien : Dans son discours, Mohamed O. Abdel Aziz ne s’est pas empêché de vous titiller en disant que vous manquez de programme et de vision politique claire, d’où vos critiques fortuites?

Ladji Traoré : Sidi Ould Cheikh Abdallah, conscient de la gravité des problèmes que vivait la Mauritanie, avait reconnu deux choses : premièrement, la gravité du legs du passif humanitaire et deuxièmement l’urgence du retour des déportés mauritaniens au Sénégal et au Mali. Ces questions ont fait l’objet d’accords négociés entre APP et Sidi Ould Cheikh Abdallah pour mettre la Mauritanie sur les rails et la route de la réconciliation nationale sans tricherie et sans velléité de tromper qui que ce soit. Où en sommes-nous aujourd’hui de la solution correcte et non pas stipendiée du passif humanitaire ? Où en sommes-nous de la question du passif humanitaire ? Où en sommes-nous avec le problème du retour et de la réinsertion des réfugiés qui sont revenus dans leur propre pays après vingt ans et qui restent encore sous les hangars? On tait ces problèmes-là, on les banalise. On fait des discours, on fait de la démagogie. Un programme, ce n’est pas dire une chose aujourd’hui et dire son contraire demain ou chaque jour sortir ou aller à Haye Essakine ou à Arafat pour donner quelques terrains et les arracher ou les donner à d’autres. Il faut s’asseoir et de penser aux problèmes du pays non pas transformer des villas de passage en Centre Mère et Enfant inadapté mais d’avoir un véritable programme d’équipement du pays et de création de centres hospitaliers. C’est de cela qu’il s’agit. Dire que l’opposition n’a pas de programme montre qu’Aziz ignore son programme politique. Il ne croit qu’à son programme politique populiste et démagogique. Nous l’invitons à s’asseoir pour une confrontation des problèmes du pays. S’il n’a pas peur de la confrontation des programmes, nous l’invitons au dialogue inclusif que nous n’avons cessé de réclamer depuis toujours et avec nous d’ailleurs la communauté internationale.

Le Rénovateur Quotidien : Le Président de la République vous a également appelé à demander au peuple mauritanien pardon pour avoir défendu les prévaricateurs, le terrorisme et dénoncé la décision du gouvernement de rappeler son ambassadeur à Bamako. Quel commentaire en faites-vous.

Ladji Traoré : Je crois que les hommes politiques doivent parfois s’expliquer eux-mêmes. Vous êtes devant un homme (Ladji Traoré en personne) qui, pour des raisons de règlement de compte politique en 1980-81, le régime politique l’a jeté en prison en l’accusant de détournements de deniers publics. Après le coup d’Etat de Mâaouiya Ould Sid’ Ahmed Taya en 1984, on m’a demandé de sortir en prison, j’ai dit non. J’ai demandé à être jugé et blanchi ou condamné définitivement à vivre en prison mais je ne veux pas faire partie de ces hommes qui vont sortir et longer les murs le restant de leur vie. Je fais partie de ces hommes qui dirigent l’opposition. Il ne faut jamais passer par les raccourcis judiciaires pour régler des comptes politiques avec des adversaires politiques ou des hommes d’affaires sous prétexte qu’on lutte contre la gabegie. Tout le peuple mauritanien est dans le désarroi. Le cout de la vie économique n’a jamais été aussi précaire. Mohamed Ould Abdel Aziz a supprimé la SONIMEX de même qu’il vient de supprimer la SOCOGIM. Aziz est en train de tout bricoler. Sans s’asseoir et discuter des problèmes du pays, il est en train de tout mélanger et liquider les acquis du peuple mauritanien. Si quelqu’un doit bien demander pardon au peuple mauritanien, c’est bien Aziz. Ses décisions improvisées, contradictoires ne font qu’empirer la situation et aggraver les conditions de vie des populations. En 2007, ce sont ses hommes qui le soutiennent qui sont sortis dans la rue de Nouakchott pour dénoncer le terrorisme et appelé les oulémas à s’élever contre ce phénomène. Aziz était le premier en charge des problèmes sécuritaires du pays. Si, depuis lors, dans des conditions toujours obscures, il y a des affrontements avec les terroristes, qu’on dit nettoyer par-ci sans jamais montrer au peuple mauritanien ; quand on dit qu’on a saisi des tonnes de drogue, qu’on les détruise publiquement parce qu’il est arrivé parfois que des gens saisissent sur les terroristes ou les narcotrafiquants des tonnes de drogue et en font autre chose. Il faut cesser de taquiner notre opposition démocratique qui est très responsable. L’opposition a toujours dénoncé le terrorisme et nous continuerons toujours à le faire. Nous disons qu’il faut d’abord retourner les forces armées de sécurité à leur mission première qui est de sécuriser les biens et les services en Mauritanie, de sécuriser nos hôtes étrangers et que cela n’est pas possible tant qu’il n’y a pas une entente entre la Mauritanie et les pays voisins. Al Qaeda est logé là où on le sait. Nous pensons qu’il faut prendre ce problème ave beaucoup de sérieux, y mettre les moyens, mobiliser les forces anti-terroristes et donner la main aux pays étrangers pour organiser une véritable lutte contre le terrorisme dans la zone saharo-sahélienne. Les décisions prises par le gouvernement au sujet de la lutte contre le terrorisme montrent déjà leurs conséquences néfastes pour les populations. Tout le monde n’est pas terroriste et tout le monde n’est pas candidat au terrorisme. Nous ne sommes pas non plus les gardiens de l’arrière cour de l’Europe contre l’immigration clandestine qui a d’autres motivations et d’autres raisons. Il faut éviter de prendre le peuple mauritanien sous n’importe quel prétexte. Les récentes décisions administratives de surveillance des frontières ont déjà commencé à aggraver la corruption. Je crois que les villages sur le fleuve Sénégal et ceux des éleveurs et agriculteurs du Mali et de la Mauritanie sont condamnés à coopérer quotidiennement et je crois que ceux-ci ne sont pas complices des terroristes. Il ne faut pas pénaliser les populations mauritaniennes sous prétexte de lutte contre le terrorisme ou l’immigration clandestine. Et dire que les leaders politiques de l’opposition sont à la solde de l’étranger et du terrorisme relève de la démagogie. Dans les pays comme les nôtres, les complices des terroristes ou les facilitateurs des actes terroristes sont souvent cachés dans les arcanes du pouvoir parfois même dans les arcanes des forces de sécurité. Est-ce que la Mauritanie échappe à cette règle. Je me pose cette question parce qu’en réalité, il y a beaucoup de choses qui se sont passées dans ce pays dans la lutte antiterroriste qui interpelle et qui inquiète parce qu’il y a des noms de personnalités qu’on avance qu’ils soient dans les affaires ou les forces de sécurité. C’est à eux maintenant de faire leur autocritique.

Propos recueillis par
Babacar Baye NDIAYE

samedi 13 mars 2010

Préavis de grève : Les centrales syndicales dénoncent la "sourde oreille" du gouvernement

Les centrales syndicales durcissent le ton à quelques jours de la fin de leur préavis de grève adressé aux autorités. Lors d’une conférence de presse tenue, mercredi matin, au siège de l’Union des Travailleurs de Mauritanie (UTM), elles ont dénoncé la "sourde oreille" du gouvernement face à leurs revendications.

Dans un communiqué de presse rendu public, les organisations syndicales de travailleurs signataires du préavis de grève des fonctionnaires et agents de l’Etat prévue le 15, 16 et 17 mars prochain, ont réaffirmé leur détermination à œuvrer pour l’aboutissement de leurs revendications en vue de l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail à travers la revalorisation des indemnités de transport et de logement.

Ces organisations syndicales sont l’Union des Travailleurs de Mauritanie (UTM), la Confédération Générale des Travailleurs de Mauritanie (CLTM), la Confédération Nationale des Travailleurs de Mauritanie (CNTM), le Syndicat Professionnel des Infirmiers et Sages Femmes de Mauritanie (SPISM), le Syndicat National des Médecins et Chirurgiens Dentistes (SNMCD) et le Syndicat National des Professeurs de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle (SNPETFP).

Lesdites organisations ont également fustigé la campagne de démobilisation et d’intimidation orchestré par les médias publics par le biais de groupes de pression (tribal, administratif et professionnel) à l’encontre des travailleurs qui n’ont demandé que des améliorations de leurs conditions très dégradées par l’effet de la gouvernance économique et sociale.

Ce qui, à leurs yeux, dénote d’un refus obstiné de la part du gouvernement d’ouvrir les négociations avec elles et d’une volonté de provoquer l’escalade en continuant d’ignorer leurs appels.

Ces organisations n’ont pas manqué en outre de dénoncer les manœuvres de simulations de dialogue du gouvernement avec des organisations syndicales qui n’ont pas apposé leur signature au préavis de grève dans l’intention de saborder la légitimité de leurs revendications. Celles-ci portent sur les indemnités de transport et de logement.

Babacar Baye NDIAYE

Boubacar Ould Messaoud, à propos de l’arabité :"Elle procède d’une démarche d’exclusion et nous ramène à cette dimension de chantage à l’assimilation"



Boubacar Ould Messaoud, président de SOS Esclaves, fait partie de ceux-là que le discours au sujet de l’arabité que tiennent de plus en plus les pouvoirs publics ne rassure pas du tout. Et pour lui, ceux qui le véhiculent astreindre les autres communautés du pays à être des appendices des arabes.

Le Rénovateur Quotidien : La question de l’arabité est revenue au devant de l’actualité à travers les propos du Premier ministre Moulaye O. Mohamed Laghdaf qui a soutenu que la Mauritanie est un pays arabe. Quelle est votre réaction par rapport à cette question ?

Boubacar Ould Messaoud : La Mauritanie est un pays multiculturel. L’arabité procède d’une démarche d’exclusion et d’une tendance à vouloir faire de la Mauritanie un pays totalement arabe alors qu’il y a des mauritaniens qui ne sont pas des arabes. Personnellement, je ne me considère pas comme un arabe. Et le discours que tiennent les pouvoirs publics n’est pas du tout rassurant. Cela nous ramène à cette dimension de chantage à l’assimilation. Les hommes du pouvoir veulent obliger tout le monde à être un appendice des arabes. Ce n’est pas du tout rassurant, aujourd’hui, que les pouvoirs publics développent un tel discours. Il faut s’inquiéter du fait que des nationalistes arabes chauvins soient installés aujourd’hui dans les arcanes du pouvoir.

Le Rénovateur Quotidien : Est-ce qu’il ne faudrait pas poser cette question et d’en finir une bonne fois pour toutes que de l’esquiver ?

Boubacar Ould Messaoud : C’est un débat qu’on aurait pu poser. Le syndrome de la Côte d’Ivoire semble se réveiller en Mauritanie. Qu’est-ce qu’il faut débattre ? Mais, il n’y a rein à débattre. Il y a des mauritaniens qui sont arabes. Il y en a certains qui ne le sont pas. Quel est le débat à poser ? Ceux qui ne sont pas arabes, il faut les laisser être ce qu’ils sont. Il faut les développer, ils ont le droit de se développer. L’arabe n’est pas notre religion. Tout le monde n’est pas obligé de devenir arabe. Ce serait injuste. Nous sommes tous musulmans, d’accord. Mais, nous ne sommes pas tous des arabes. L’Islam appartient à tous ceux qui croient en Dieu et en son prophète(PSL) et font leurs prières.

Le Rénovateur Quotidien : Pour vous donc, c’est un faux problème et qu’au lieu de le poser, les mauritaniens peuvent se l’épargner ?

Boubacar Ould Messaoud : C’est un problème dangereux. Il n’est pas faux parce qu’il y’a des gens derrière, une réalité derrière. Cette réalité, c’est quoi ? C’est de faire de la Mauritanie un pays arabe ; c’est d’exclure les autres, c’est de revenir pour dire que certains sont des étrangers. Ce discours ramène à dire que les déportés devaient être déportés. C’est ce discours qui va continuer à éliminer les négro-africains de beaucoup de choses. Je suis un mauritanien et en moi, il y a le Wolof, le Peul, l’Arabe, etc. Et c’est cela que je veux développer, le concept du mauritanien qui n’est pas un produit spécial. Je n’ai rien contre les arabes. Ils ont leur place dans ce pays. Ils ont dominé ce pays. C’est leur pays mais c’est aussi le pays des Wolofs, des Poulars et des Soninkés. Il faut respecter les spécificités de toutes les communautés qui sont là et qui doivent continuer à cohabiter dans le respect de chacune d’elles en sachant qu’elles sont unies parce qu’elles appartiennent à la Mauritanie. On appartient au monde arabe mais également au monde africain.

Propos recueillis par
Babacar Baye NDIAYE

Diplomatie décentralisée :Le maire de Kaédi demande à l’Etat d’accorder plus de moyens à l’AMM



Dans le domaine de la gouvernance locale, la Mauritanie a encore beaucoup de chemin à faire. Et pour le maire de Kaédi, Sow Moussa Demba, il faut que l’Etat accélère le processus de décentralisation.

"Aujourd’hui, dans le monde entier, l’Etat central veut se désengager au profit des gouvernements locaux car c’est eux qui vivent les problèmes des populations", a-t-il rappelé en insistant sur la nécessité de dissocier le ministère de l’Intérieur à celui de la Décentralisation.
Le 6 mars dernier, à Abuja au Nigéria, la Mauritanie a été réélue au Bureau Exécutif et Conseil Panafricain des Cités et Gouvernements Locaux Unis Afrique.

Sur les 45 membres, notre pays a eu deux postes en la personne d’Ahmed Hamza et Sow Moussa Demba respectivement président et vice-président de l’Association des Maires de Mauritanie (AMM). Il faut rappeler, dans le même ordre d’idées, que le Bureau Exécutif des Cités et Gouvernements Locaux Unis Afrique est aujourd’hui le porte-parole des municipalités auprès des Nations Unies et de la Banque Mondiale.

Le maire de Kaédi regrette que la diplomatie décentralisée ne soit pas toujours prise pas en compte par les pouvoirs publics. Ce qui se fait se ressentir naturellement dans la représentativité des structures de coopération décentralisée. Du coup, Sow Moussa Demba a souhaité que la diplomatie décentralisée ait un soutien beaucoup plus affirmé de la part des autorités du pays.
Autrement dit, accorder plus de moyens à l’Association des Maires de Mauritanie (AMM) afin de lui permettre de jouer pleinement son rôle dans le domaine de la coopération décentralisée. Ce manque d’appui conséquent, d’ailleurs, à l’Association des Maires de Mauritanie (AMM) affecte considérablement le volontarisme de ses membres.

"Si les associations ne sont pas à jour en ce qui concerne leurs cotisations, les bailleurs de fonds vont se dire qu’elles ne font aucun effort. Du coup, elles vont s’interroger sur la nécessité de les subventionner", explique Sow Moussa Demba. Et sur ce plan-là, a-t-il indiqué, l’Etat gagnerait à donner plus de moyens à l’Association des Maires de Mauritanie (AMM).

Sow Moussa Demba a exhorté de ce fait les pouvoirs publics à développer cette diplomatie décentralisée ou des villes. Cela suppose, pour lui, qu’on accorde plus de moyens à l’Association des Maires de Mauritanie (AMM), à l’image des autres associations africaines et de par le monde, pour assurer son rôle.

Cela permettrait à la Mauritanie d’avoir plus de visibilité à condition qu’on donne plus de sens à la diplomatie des villes pour faire progresser la décentralisation.

Babacar Baye NDIAYE

Programme d’Assistance Communautaire : Le gouvernement américain alloue 13 millions d’Ouguiya à 5 Ongs mauritaniennes

Lundi matin, l’ambassade des Etats-Unis d’Amérique à Nouakchott a procédé à une signature de conventions de financement avec les représentants de cinq associations villageoises. Ce financement marque le démarrage des activités du fonds d’appui aux efforts déployés pour la promotion et le développement des collectivités locales pour l’année fiscale 2009-2010.

Cette aide du gouvernement américain s’inscrit dans le cadre du Programme d’Assistance Communautaire annuel communément appelé "Self Help". Le montant global de l’enveloppe allouée à ses associations s’élève à 50.000 $, soit plus de 13 millions d’Ouguiya.

Les cinq projets répartis dans cinq localités du pays (Kiffa, Djigui, Gounguel, Mbalal et Bousteila) couvriront plusieurs domaines d’activités parmi lesquels on peut citer l’approvisionnement en eau potable, de l’appui au maraîchage et à la sécurité alimentaire, de la santé et de l’aide sociale.
Un tel geste qui met en évidence l’attachement des Etats-Unis au peuple mauritanien a été beaucoup apprécié par les associations bénéficiaires.
"La cérémonie qui nous réunit aujourd’hui montre l’importance que les Etats-Unis d’Amérique accordent au développement local et la prise en charge des populations de leur propres processus de développement", a déclaré Boudah Ould Hmeyid, maire de Mbalal, au nom des Représentants Communautaires. "Il est important, a-t-il poursuivi, de souligner l’impact positif que ces projets auront sur la vie quotidienne des communautés les plus vulnérables et les plus pauvres de nos populations".

L’apport financier du gouvernement des Etats-Unis d’Amérique dans le domaine de la réalisation de projets destinés à venir en aide aux nécessiteux a permis de lutter contre la pauvreté dans les zones les plus vulnérables du pays.

"Votre engagement contribue de façon très éloquente à la construction d’une société plus juste et un avenir meilleur pour les générations futures", a lancé Mark Boulware, l’ambassadeur des Etats-Unis à Nouakchott à l’endroit des Présidents des Associations et des Représentants Communautaires.

Mark Boulware a affirmé que son gouvernement "continuera à œuvrer pour le développement des relations de coopération, d’amitié et d’assistance" au profit de la Mauritanie par le biais d’actions bilatérales ou multilatérales.

Babacar Baye Ndiaye

Préavis de grève : Les centrales syndicales dénoncent la "sourde oreille" du gouvernement



Les centrales syndicales durcissent le ton à quelques jours de la fin de leur préavis de grève adressé aux autorités. Lors d’une conférence de presse tenue, mercredi matin, au siège de l’Union des Travailleurs de Mauritanie (UTM), elles ont dénoncé la "sourde oreille" du gouvernement face à leurs revendications.
Dans un communiqué de presse rendu public, les organisations syndicales de travailleurs signataires du préavis de grève des fonctionnaires et agents de l’Etat prévue le 15, 16 et 17 mars prochain, ont réaffirmé leur détermination à œuvrer pour l’aboutissement de leurs revendications en vue de l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail à travers la revalorisation des indemnités de transport et de logement.
Ces organisations syndicales sont l’Union des Travailleurs de Mauritanie (UTM), la Confédération Générale des Travailleurs de Mauritanie (CLTM), la Confédération Nationale des Travailleurs de Mauritanie (CNTM), le Syndicat Professionnel des Infirmiers et Sages Femmes de Mauritanie (SPISM), le Syndicat National des Médecins et Chirurgiens Dentistes (SNMCD) et le Syndicat National des Professeurs de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle (SNPETFP).
Lesdites organisations ont également fustigé la campagne de démobilisation et d’intimidation orchestré par les médias publics par le biais de groupes de pression (tribal, administratif et professionnel) à l’encontre des travailleurs qui n’ont demandé que des améliorations de leurs conditions très dégradées par l’effet de la gouvernance économique et sociale.
Ce qui, à leurs yeux, dénote d’un refus obstiné de la part du gouvernement d’ouvrir les négociations avec elles et d’une volonté de provoquer l’escalade en continuant d’ignorer leurs appels.
Ces organisations n’ont pas manqué en outre de dénoncer les manœuvres de simulations de dialogue du gouvernement avec des organisations syndicales qui n’ont pas apposé leur signature au préavis de grève dans l’intention de saborder la légitimité de leurs revendications. Celles-ci portent sur les indemnités de transport et de logement.

Babacar Baye NDIAYE

Lutte contre les discriminations : Des femmes syndicalistes appellent le gouvernement à redoubler d’efforts

Dimanche après midi, la coordination des femmes syndicalistes de la CGTM, la CNTM, l’UTM et la CLTM a organisé, à l’ancienne maison des jeunes de Nouakchott, la journée internationale de la femme sous le thème "syndicalisation des jeunes pour assurer une meilleure relève".

Dans une allocution présentée à l’occasion, Mahjoub Mint Saleck, membre du comité mondial des femmes de la Confédération Syndicale Internationale (CSI), a appelé les pouvoirs publics à redoubler d’efforts par rapport à l’intégration des questions relatives à l’égalité des sexes, l’accès des femmes à l’emploi et aux centres de décision, l’insertion des femmes handicapées, la lutte contre la violence à l’égard des femmes, la promotion de l’arsenal juridique ayant pour vocation la sécurité et de la protection sociale de la femme, l’amélioration des conditions de vie et de travail des femmes, la ratification et l’application des Conventions de l’Organisation Internationale du Travail relatives aux femmes et l’accès au crédit et au foncier pour les femmes.

La coordination des femmes syndicalistes de la CGTM, la CNTM, l’UTM et la CLTM n’y est pas allé avec le dos de la cuillère pour rappeler au gouvernement aussi la non implication des femmes syndicales par le département en charge de la question genre au niveau du Ministère des Affaires Sociales, de l’Enfance et de la Famille (MASEF) dans la définition des politiques d’intégration de genre, le manque de dispositions juridiques en matière de travail domestique, les problèmes de restructuration des femmes travaillant dans le secteur informel et la liberté syndicale.

Les débats, qui ont été animés par des femmes, ont tourné autour de la syndicalisation des jeunes, de la protection de la femme au milieu du travail et de la santé de la femme. Il faut souligner enfin la présence des femmes ressortissantes du Sénégal, du Mali, du Burkina Faso, de la Gambie et des deux Guinées qui ont honoré de leur présence la fête du 8 mars 2010.

Babacar Baye NDIAYE

Moulaye Ould Mohamed Laghdaf :"La Mauritanie est un pays arabe!"



Moulaye Ould Mohamed Laghdaf l’a rabâché à nouveau. Lors d’une conférence de presse donnée jeudi 4 mars, à la Primature, pour présenter les réalisations de son gouvernement nommé après l’élection présidentielle du 18 juillet 2009, il a déclaré que la Mauritanie est un pays arabe. "On est en Mauritanie. La Mauritanie est un pays arabe", a-t-il soutenu.

Comme quoi, le gouvernement parait plus que jamais déterminé à imposer la langue arabe en Mauritanie. Une fois de plus, Moulaye Ould Mohamed Laghdaf, le porte-voix de Mohamed Ould Abdel Aziz, n’a pas raté l’occasion pour rappeler, en signant et persistant, la volonté du gouvernement à promouvoir la généralisation de l’arabe comme langue de travail et d’échanges administratifs.

Durant cette conférence de presse, le Premier ministre a exprimé les "soucis" du gouvernement mauritanien qui ne semble pas avoir bien digéré la libération des trois combattants d’Aqmi par le gouvernement malien. D’ailleurs, à ce propos, Moulaye Ould Mohamed Laghdaf a estimé que le gouvernement malien a commis "un geste pas très amical" vis-à-vis de la Mauritanie. "Nous estimons que ce n’est pas bien pour la sécurité de nos deux pays", a-t-il expliqué.

Le Premier ministre a par ailleurs indiqué que le gouvernement mauritanien ne négocierait pas avec les groupes terroristes ou céderait à la pression de l’Aqmi en procédant à des échanges de prisonniers salafistes. "Nous estimons que les rançons ne sont pas la bonne solution", a-t-il affirmé. Cependant, il a laissé entendre que son gouvernement fera tout, sauf échanger des prisonniers ou donner des rançons, pour libérer le couple d’Italiens enlevés en décembre dernier en Mauritanie et les trois humanitaires espagnols enlevés au mois de novembre dernier sur la route de Nouadhibou.

Au sujet de la loi sur le terrorisme dont 10 articles ont été annulés par le Conseil Constitutionnel, Moulaye Ould Mohamed Laghdaf, faisant fi des inquiétudes des organisations de défense des droits de l’Homme qui ont vertement critiqué cette loi, a affirmé qu’elle répond aux défis qui attendent la Mauritanie dans le domaine de la lutte contre le terrorisme, l’immigration clandestine et le trafic de drogue.

Par rapport à la grève générale lancée par la CGTM, l’ATM, la CNTM et la CLTM et prévue le 15, 16 et 17 mars prochain sur l’ensemble du territoire national, le Premier ministre a déclaré que son gouvernement reste ouvert au dialogue.

Babacar Baye NDIAYE

Oumoulkheir Mint Yarba : Une vraie condition d’esclave !!!


Oumoulkheir Mint Yarba est une esclave née vers 1965 à Guelb Heboul dans la Wilaya d’Adrar. "Je ne me suis jamais mariée. Je n’ai jamais reçu une quelconque aide de la part de l’Etat. Ni mes enfants, ni moi ne détenons de pièces d’Etat civil ; je n’ai jamais voté", déclare-t-elle.
La dernière fois qu’elle a vu son père, elle était très petite encore. Cette esclave de la famille d’Abdallahi Ould Boulemsak ne garde de sa mère aucun souvenir. C’est elle qui, depuis son jeune âge, fait la lessive, expédie les commissions à la demande des maîtres, apporte le bois mort, prépare le thé, garde le croît des animaux, les attache et les détache, pile le mil dans le mortier et assure la cuisson des aliments. Une vraie vie d’esclave.
C’est elle aussi qui était chargée de garder les caprins, les ovins et les camelins, de les mener aux points d’eau pour les abreuver, de procéder elle-même à l’exore de puits profonds qui est un travail pénible. Au retour, elle était contrainte, malgré la fatigue, de s’occuper de la corvée de ménage. Quand elle finit, elle commence à traire les caprins et les chamelles.
Chaque matin, à l’aube, elle recommence les mêmes activités et cela doit continuer jusqu’à très tard dans la nuit. Ses enfants et elle mangeaient le plus souvent les reliefs des repas.
Le plus difficile qu’elle a eu à endurer, dit-elle, sous le joug de ses maîtres, c’est d’avoir gardé les animaux alors qu’elle était en état de grossesse.
La corvée s’est poursuivi jusqu’au jour de son accouchement. Ce qui ne l’empêchait pas de porter son nouveau né et de suivre le bétail comme d’habitude. Un jour, ses maîtres lui arrachent sa fille Mbarka Mint Oumoul Khairy et la contraignent à l’abandonner au profit de surveillance du troupeau.
Quelques jours plus tard, au retour de la maison, elle retrouve sa petite fille d’un an morte, cadavre dans les sables, les yeux ouverts, envahis par les fourmis. Sa demande d’assistance pour l’enterrer ne rencontra que silence et mépris total. Ses maîtres ne daignèrent pas se soucier d’elle et à l’aider à la sépulture. "Arrivée sur place, c’est moi-même qui ai creusé le trou et enseveli mon enfant", se souvient-elle. "J’ai beaucoup pleuré et ma fille et ma condition. Au lieu de comprendre mon désarroi, l’on m’ordonna de me taire sinon l’on me ferait subir ce que je ne pourrais jamais supporter", ajoute-t-elle.
Elle n’avait pas de logement et pour demeure elle n’avait qu’un abri à l’emporte-pièce, un assemblage de simples haillons. Elle devait se contenter d’une vielle couverture et d’un vieux drap. "Mes gamins et moi, subissions des châtiments corporels de la part de Mohamed Ould Abdallahi qui n’hésitait pas à me piétiner moi-même, devant eux. Il me frappait avec des branches d’épines. Les stigmates en sont, encore, visibles sur mon dos", se rappelle-t-elle, écœurée.
"Ni moi ni mes enfants n’avons connu des moments de loisirs, encore moins des sorties en guise de divertissement. Nous ne connaissons rien d’autre que le travail, exclusivement", dit-elle. C’est dans ces conditions qu’un jour, une voiture de la gendarmerie est venue la transporter vers Mboirick des Ideghchemma à Yaghref, avec comme viatique six têtes de caprins offerts par ses maîtres.
"Je le compris plus tard, il fallait ainsi dissimiler ma vraie condition d’esclave", dit-elle. Et la voilà qui se retrouve chez un célèbre officier de l’armée du nom de Vouyah Ould Mayouf, celui-là même qui l’avait mis en contact avec "Akhouk El Hartani". Ce dernier fit d’elle et de ses enfants, des esclaves, à nouveau. "Avec lui, j’ai enduré plus de souffrance qu’auparavant. Son exploitation ne s’est pas arrêtée à moi seule. Elle s’est étendue à mes enfants ; eux aussi ont été réduits en esclaves", dit-elle.
"Vouyah m’utilisait toutes les fois qu’il avait besoin de moi et me ramenait au village pour m’y abandonner quand je n’étais plus utile. Ainsi, se comportait-il avec moi", poursuit-elle en expliquant que celui-ci la terrorisait souvent en tirant des balles au dessus de sa tête.
Actuellement à Nouakchott où elle est prise en charge par SOS Esclaves, Oumoulkheir Mint Yarba ne veut que revoir sa fille Selek’ha. "On m’a informée qu’elle s’était mariée sans que je le sache. Ce mariage est pour moi nul et non avenu pour plusieurs raisons : d’abord, parce qu’il s’est fait sans tuteur légal ; ensuite, la fille est encore mineure, enfin, j’ai le droit de connaître son mari et c’est à moi de l’accepter ou non", a déclaré Oumoulkheir Mint Yarba. Et pour elle, cette union a eu lieu pour couvrir les agissements de Vouyah Ould Mayouf. Du coup, elle a décidé de porter plainte contre Vouyah Ould Mayouf et Mohamed Ould Abdallahi Ould Boulemsak.

Babacar Baye NDIAYE


Promesses électorales de Mohamed Ould Abdel Aziz: Pour combien de temps, les mauritaniens devront-ils prendre leur mal en patience?

Difficile d’y répondre. Mais, une chose est sûre : Mohamed Ould Abdel Aziz ne fait plus rêver ceux qui avaient voté pour lui. Le 18 juillet 2009, Anne Hamady Chérif, un enseignant de formation, avait voté pour Mohamed Ould Abdel Aziz. Quelques mois, après l’avoir porté, avec d’autres mauritaniens, au pinacle, ce quinquagénaire et père de quatre enfants semble rogner ses freins. "La situation est toujours difficile. Si nous n’arrivons pas à joindre les deux bouts avec notre salaire, on ne peut rien réaliser. Est-ce que je peux économiser quelque chose ? Je risque d’aller à la retraite sans maison ni rien du tout", confie-t-il.

L’arrivée au pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz n’a pas grandement changé la vie des mauritaniens. Bien au contraire, eux qui espéraient vivre comme dans les pays du Golfe, continuent à tirer le Diable par la queue et mener une vie extrêmement difficile. Sous Mohamed Ould Abdel Aziz qui leur avait donné un second souffle, ils vivent un semblant d’insouciance teinté d’optimisme.

Ceux-là, tout en marquant leur indifférence face à la lutte contre la dilapidation des biens publics, de l’immigration et du terrorisme,- certainement parce qu’ils se sentent moins concernés- l’attendent également sur le terrain de la lutte contre les discriminations, le chômage, du renforcement de la cohésion sociale, de l’instauration de l’égalité des chances dans l’emploi. Nombreux sont les fonctionnaires de l’Etat qui sont aujourd’hui logés à la même enseigne que Anne Hamady Chérif. Et pour ces derniers, la manière dont Mohamed Ould Abdel Aziz gère le pays sur le plan social ne traduit pas une volonté de leur faire profiter la croissance économique du pays. Comme en témoignent les primes de transport et de logement accordés aux hauts fonctionnaires de l’Etat.

"Je crois qu’il y a beaucoup d’espoir mais la situation est encore difficile. Nous sortons d’une grande crise politique. Un processus d’actualisation de certains programmes est actuellement engagé avec certains de nos partenaires. J’espère que d’ici peu de temps, la situation va s’améliorer", déclare Mohamed Ould Moktar tout en espérant que celui dont il avait soutenu le programme, durant la campagne présidentielle de juillet 2009, va augmenter les salaires. Il poursuit, plus réaliste : "Pour le moment, on lui laisse encore du temps puisqu’on sait, il en a besoin".

Mais, pour combien de temps, les mauritaniens vont-ils devoir prendre leur mal en patience ? Assurer leur quotidien qui peut tourner en un véritable calvaire est devenu leur sport favori. Pour certains, comme Abdoulaye Camara, il faut s’adapter. "C’est difficile, mais il faut le faire", concède-t-il, impuissant. Face à cette situation, la foi devient un exécutoire pour tenter de s’échapper à la dure réalité de la vie. "On est des croyants. Donc, il y a toujours espoir. Certainement que les choses vont s’améliorer", explique Ablaye Guèye.

La demande sociale est de plus en plus forte et pressante. Si Mohamed Ould Abdel Aziz n’obtient pas des résultats enchanteurs, il aura dû mal à convaincre les mauritaniens et principalement ses détracteurs à changer véritablement la Mauritanie. Et dans ce sens, le meilleur baromètre, aujourd’hui, pour jauger le niveau de développement économique et social du pays, c’est de se rendre à l’intérieur.

Babacar Baye NDIAYE

samedi 2 janvier 2010

Actes de violences perpétrées contre les femmes : AWOMI appelle l’Etat mauritanien à prendre des mesures urgentes


Au cours d’une conférence de presse tenue samedi 2 janvier, à Nouakchott, et conjointement organisée avec le FONADH, l’Initiative des Femmes Africaines du Millénaire contre la pauvreté et pour les droits humains ou AWOMI (african Women’s Millenium Initiative) dirigée par la sénégalaise Yacine Fall a appelé l’Etat mauritanien à prendre des mesures urgentes en ce qui concerne les actes de violences perpétrées contre les femmes.

Dans un mot d’introduction, Mamadou Sarr, le secrétaire exécutif du FONADH, a fait un tour d’horizon des conditions extrêmement difficiles dans lesquelles, les femmes du monde, notamment africaines, vivent de même que brossé le tableau des violations massives de leurs droits dont elles sont victimes.

Cette conférence de presse, qui s’est déroulée en présence du président de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) Mohamed Saïd O. Hamady, s’inscrit dans une perspective d’un plan d’action que compte élaborer le FONADH dans le domaine de la promotion et de la sensibilisation des droits de la femme mauritanienne et de la lutte contre les actes de violences à l’égard des femmes.

Yacine Fall, avant d’entrer dans le vif du sujet relatif aux actes de violences perpétrées contre les femmes et les jeunes filles, a tout d’abord salué l’ouverture d’esprit du régime de Mohamed Ould Abdel Aziz. "Il y a quelques années de cela, une telle rencontre n’aurait pas pu avoir lieu. Ceci dénote d’un nouveau vent de démocratie qui souffle dans ce pays reconnu à travers le monde et que nous nous en réjouissons", a-t-elle affirmé.

L’organisation qu’elle dirige, l’Initiative des Femmes Africaines du Millénaire contre la pauvreté et pour les droits humains qui compte des partenaires dans 15 pays d’Afrique dont la Mauritanie, a pour objectif de lutter contre l’impunité de la violence dont sont victimes les femmes africaines.

A ce propos, elle a rappelé que son organisation, dont la création a été suscitée par le fait qu’en dépit de la signature de nombreux instruments juridiques internationaux par les gouvernements pour promouvoir les droits des femmes, intègre dans la lutte contre la violence, entre autres, les initiatives de plaidoyer associant les femmes leaders.

Yassine Fall n’a pas manqué de critiquer les "actes de violence et de barbarie perpétrés" contre Marième Fall et Aida Fall et de demander aussi que "justice se fasse" pour ces deux jeunes filles originaires de Garack à Rosso Mauritanie qui "ont respectivement perdu la vie et la possibilité de mener une vie active libre du cauchemar éternel du viol" à cause d’Amadou Lô, un récidiviste, a-t-elle rappelé.

Ceci remonte en janvier dernier. A l’époque, Amadou Lô les avait violées et décapités. Seule Aida Fall avait survécu. D’ailleurs, elle a été présente à cette conférence de presse. Aujourd’hui, malgré les traces des actes de violence qu’elle a subie, elle se porte comme un charme.

"Nous sommes bien conscients que beaucoup d’efforts sont en train d’être fournis par les autorités pour ôter les nombreux obstacles qui se présentent au processus judiciaire", a reconnu Yacine Fall qui a lancé un appel aux pouvoirs publics mauritaniens de lutter contre les mécanismes d’exclusion et de discrimination qui ne cessent de se développer contre les femmes.

Une stratégie commune

Au cours de cette conférence de presse, des intervenants, comme Aminétou Mint El Moctar qui est la présidente de l’Association des Femmes Chefs de Famille, ont fait part des exemples de filles, comme Marième et Aida Fall, qui ont été victimes de viols et de violences sexuelles.

"Il est temps que les organisations de défense des droits de l’homme et plus particulièrement les organisations féminines essaient de faire une stratégie commune pour lutter contre ce fléau qui prend de plus en plus de l’ampleur et qui est extrêmement dangereux pour l’avenir de la femme mauritanienne pour l’égalité et la stabilité du pays", a-t-elle suggéré en mettant en garde contre la dégénérescence d’un tel phénomène.

Les cas qui sont posés au niveau de la justice ou de la police aboutissent très rarement. "A chaque fois que le problème est posé au niveau de la justice, on dit que ce sont les parents qui ont failli à leur devoir. Des centaines de filles violées sont aujourd’hui emprisonnées parce qu’elles ont été accusées d’adultère", s’étonne Lalla Aicha Sy, présidente du Comité de Solidarité avec les Victimes de la Répression des Evénements de 1989.

Aujourd’hui, les violences sexuelles à l’égard des femmes et des jeunes filles inquiètent les organisations de défense des droits des femmes. Toutefois, elles estiment que, si une telle pratique persiste encore, c’est en partie dû à l’impunité. L’histoire d’Aida Fall et de Marième Fall a ému et secoué toute la salle.

"Je suis très choqué. Il faut que nous disions la vérité. Le problème du viol en Mauritanie m’interpelle comme étant le refus de reconnaitre que dans la classe politique et sociale, on pratique le viol. Pourquoi, quand un viol est dénoncé, il n’y a pas de justice. C’est parce que derrière, on ne veut pas atteindre les grands violeurs", a déclaré Boubacar Ould Messaoud, président de SOS Esclaves qui compare le problème de viol à celui de l’esclavage.

"On ne peut pas punir quelqu’un parce que si on le punit, on peut vous montrer du doigt et dire aussi que chez vous, il y a quelqu’un à punir. Il faudrait que nous nous activions pour que l’impunité cesse dans le pays", a-t-il suggéré.

Encadré

Deux questions à…
Madame Yassine Fall, présidente d’African Women’s Millénium Initiative (AWOMI)

Le Rénovateur Quotidien: Discriminations, violences, viols, mauvais traitements…Autant de faits que vivent les femmes africaines. Et, pourtant, des mécanismes existent au niveau des Etats pour réprimer tout cela. Comment pouvez-vous nous expliquer leur persistance ?

Yacine Fall : Dans tous les pays africains, il y a des mécanismes qui existent, des instruments juridiques internationaux signés par les Etats. Mais, le problème, c’est leur mise en œuvre. Les Etats signent et on a même l’impression qu’ils font la compétition pour qui a le plus un stylo en or.
Mais, lorsqu’il s’agit de mettre en œuvre les ressources financières nécessaires, la formation, d’appuyer les femmes dans le leadership, de faire en sorte que les femmes fassent partie des conseillers ruraux des communautés rurales et les municipalités, nos Etats sont timides. Il y a aussi le manque de pouvoir économique et politique des femmes qui peut leur permettre d’utiliser leurs ressources pour que justice soit faite.
Il y a aussi le fait que ceux incarnent la police ou la gendarmerie ne soient pas formés. Ceux-ci négligent souvent les questions des droits des femmes. En plus de tout cela, il y a des croyances traditionnelles qui font que la violence et le viol contre les femmes, ce n’est pas un problème tabou. S’y ajoutent également les problèmes de discriminations qui sont ancrées dans l’esprit des hommes.
Tous ces facteurs font que le problème continue. Maintenant, avec les crises économiques, la violence continue. Il y a beaucoup de camouflage. On va à la police et on essaie d’arranger pour que ça n’aille pas au tribunal. Tous ces facteurs-là font que l’impunité continue et lorsqu’elle continue, la violence continue.

Le Rénovateur Quotidien : Et qu’est-ce que vous suggérez par rapport à tout cela ?
Yacine Fall : Ce que nous suggérons, c’est d’abord faire pression sur les Etats, les autorités. On a souvent constaté que les pouvoirs publics ne voient que l’urgence qui est devant eux. S’il y a pression, si nous faisons beaucoup de bruits pour qu’ils nous entendent, ils vont peut-être prêter l’attention.
Mais, aussi, faire en sorte que les femmes puissent avoir accès à des ressources leur permettant que leurs droits soient dits, que le jugement soit fait, faire en sorte que les cas qui existent actuellement soient jugés. Je pense que l’exemple de Marième Fall et d’Aida Fall doivent être des cas symboliques que la Mauritanie doit prendre en charge et régler. Ce type-là (Amadou Lô) est un récidiviste. Il l’avait fait en 2005.
On l’a mis en prison pendant trois mois et il est sorti. Vous voyez l’arrogance avec laquelle, il a répondu aux parents. Cela veut dire que l’impunité existe. Il se dit qu’il peut le faire et rien ne va lui arriver et sa famille qui dit qu’avec l’argent on peut tout acheter. Je pense que l’urgence, c’est dan ce cadre-là

Babacar Baye NDIAYE

lundi 14 décembre 2009

Situation des réfugiés : Le gouvernement mauritanien a fait beaucoup d’efforts, selon le FONADH

Ça y est ! Le Forum des Organisations des Droits Humains en Mauritanie (FONADH) a reconnu, dans une note conceptuelle distribuée en marge de l’atelier de réflexion sur le rapatriement des réfugiés organisé du 12 au 13 décembre à Nouakchott, que le gouvernement mauritanien a fait beaucoup d’efforts. S’agit-il, hélas, d’un changement de stratégie de la part de cette organisation qui, rappelons-le, a jusqu’ici adopté une position de non reconnaissance du pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz qui est devenu, entre temps, Président de la République par voie électorale.

Cette note positive accordée au gouvernement mauritanien signifie-t-elle aussi que le FONADH est en train d’emboîter le pas au COVIRE ? Où s’agit-il encore d’un assouplissement en ce qui concerne sa position au sujet du retour des déportés et du passif humanitaire tel que conçu par le pouvoir actuel?

Cette reconnaissance se justifierait, à en croire le FONADH, par le fait que le Premier ministre Moulaye Ould Mohamed Laghdaf ait reconnu que les rapatriés demeureraient réfugiés dans leur propre pays et qu’il s’engageait à changer complètement cette situation en mettant en place les moyens nécessaires.

«Il est indéniable que le gouvernement mauritanien a [depuis lors] fait beaucoup d’efforts à travers l’Agence Nationale d’Appui et d’Insertion des Réfugiés (ANAIR) pour respecter ses engagements vis-à-vis des rapatriés malgré un climat socio-économique difficile. Cela s’est traduit par l’accélération de la restitution des documents d’identité aux intéressés et la réintégration annoncée des fonctionnaires et agents de l’Etat dans la fonction publique », s’est félicité le FONADH.

Les appréhensions du FONADH

Toutefois, le FONADH n’a pas manqué d’exprimer ses inquiétudes à quelques semaines de la fin des opérations du HCR de rapatriement assisté des réfugiés du Sénégal prévue le 31 décembre 2009. Comme pour sonner le tocsin et mobiliser l’opinion publique, cette organisation rapporte que des appréhensions demeurent chez les rapatriés ainsi que chez les organisations de la société civile.

«On constate une frustration croissante des rapatriés qui déplorent leurs conditions de vie dans les sites et le manque de volonté politique des autorités locales pour la récupération de leurs terres de culture. En outre, les rapatriés se sentent livrés à eux-mêmes du fait de l’absence de communication entre eux et les représentants de l’Etat (Hakem et Wali) qui, dans certaines localités, ne daignent même pas venir leur souhaiter la bienvenue. Ce qui entraîne la multiplication des conflits fonciers ouverts ou latents dans plusieurs sites de rapatriement», explique le FONADH.

C’est face à ces raisons que le FONADH a initié cet atelier de réflexion pour dégager les voies et moyens afin d’améliorer les conditions de vie dans les sites, d’assurer l’accès des rapatriés à la terre sans laquelle ils ne peuvent recouvrer leur dignité, de prévenir et de gérer les conflits entre les rapatriés et les communautés d’accueil, de restaurer les droits fondamentaux des rapatriés notamment leurs droits à la propriété, à la nationalité et leur insertion dans la société mauritanienne en tant que citoyens à part entière.
Cet atelier de réflexion qui a réuni, pendant deux jours, une quarantaine de participants issus d’organisation de la société civile organisé en partenariat avec l’Institut pour les Droits de L’homme et le Développement en Afrique (IHRDA) et l’appui d’Open Society Justice Initiative New York a été boudé par le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR) et les institutions gouvernementales concernées!

Rappelons enfin qu’à cet effet, diverses communications ont été présentées. Elles ont tourné autour du retour volontaire et de la protection internationale des réfugiés (Souleymane Sagna), du rôle de la société civile africaine et mauritanienne dans la protection des droits des réfugiés (Mbow), de l’implication et des recommandations de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples par rapport au retour des déportés(Feyi), de la restauration des droits des rapatriés (Ndiawar Kane), de la terre comme enjeux de paix et de cohésion nationale(Dia Amadou Oumar), de la justice et de la réconciliation nationale (Bocar Ngaidé) et enfin des stratégies pour une Mauritanie réconciliée (Isselmou Abdel Kader).

Babacar Baye NDIAYE

samedi 12 décembre 2009

Grâce à l’AREMAU, l’UDET et Dental nord-sud : Les villages de Thialgou et de Dioulom vont bientôt changer de visage

Ce jeudi 11 décembre, les populations de Thialgou hommes, femmes, enfants et vieillards, se sont massées devant l’unique Ecole fondamentale du village qui compte plus de 3.000 âmes et situé à quelques kilomètres de Boghé.

Le premier passant aurait certainement deviné que c’est le président de la République qui y effectuerait un déplacement tellement la mobilisation était grandiose. Mais que non ! Le prétexte était la cérémonie de remise d’un important lot de matériels divers de la part de l’Association Amitié Réciprocité Echanges avec la Mauritanie (AREMAU) dirigé par Etienne Rivoire et l’Union pour le Développement de Thialgou (UDET) présidé par Sy Moussa et dont le siège se trouve à Paris venues remettre un important lot de matériels divers.

Ce geste, selon le maire de Boghé Ba Adama Moussa, va donner un nouveau souffle au développement communautaire local. Pour lui, il vient à point nommé et ne manquera pas de répondre aux besoins des populations en matière de santé, d’éducation, de production agricole, d’épanouissements physiques, intellectuels et autres.

«Nous sommes convaincu que ce geste humanitaire va apporter de l’eau au moulin des autorités municipales que nous incarnons dans la mesure où il contribue à l’amélioration des conditions de vie de nos populations démunies. Nous formulons le souhait de voir ce partenariat qui lie la localité de Bruguières aux villages de Thialgou et de Dioulom devenir un bel exemple voire un modèle de coopération nord-sud », a-t-il déclaré.

Lui succédant à la parole, Etienne Rivoire qui est le président de l’AREMAU a d’abord exprimé sa gratitude à l’accueil qui leur a été réservé par les populations de Thialgou. « C’est une grande émotion d’être reçus. C’est quelque chose, dans notre pays, que nous n’avons pas l’habitude de voir. C’est une tradition typiquement africaine. Thialgou a été pendant plus d’une année un nom vers lequel nos pensées étaient dirigées. Thialgou a été dans notre esprit, notre cœur et nos mains », a-t-il confié.

Etienne Rivoire a été accompagné de Pierre Mercié, Janine Mercié, Philippe Mauret, Rivoire Marie-Claire et Abou Ba qui est le président d’honneur et correspondant de l’AREMAU en Mauritanie. C’est de ce dernier, Abou Ba, que tout est venu. On est en 2000. Il fait la connaissance d’Etienne Rivoire. Aussitôt, ils émettent l’idée de faire une correspondance entre les élèves de Bruguières et ceux de l’école 7 de Nouakchott. En 2006, Abou Ba se rend à Bruguières. De là, lui, qui sera primé d’une médaille d’honneur par le maire Philippe Plantade, et Etienne Rivoire, créent l’AREMAU.

Cette association n’en est pas à sa première action humanitaire. En mars 2008, par exemple, un chargement de 6,5 m3 de matériels divers composés d’affaires scolaires, de livres, de matériels informatiques, de produits pharmaceutiques…a été acheminé sur Thialgou. Durant cette visite, l’AREMAU a rencontré les agriculteurs et les coopératives des femmes qui n’ont pas manqué de leur soumettre leurs besoins.

C’est par la suite que des associations comme l’Union pour le Développement de Thialgou (UDET) qui a d’ailleurs envoyé Chantal Levêque et Dental nord-sud de Dioulom ont rejoint l’AREMAU pour s’inscrire dans la dynamique d’appui au développement communautaire local.
Pour cette énième fois, la teneur du don a été beaucoup plus importante. Ce don est composé de matériels informatiques et audiovisuels, de machines à coudre, de vêtements d’équipements médicaux, sportifs, scolaires et agricoles, de linges pour les enfants, d’une bétonnière, d’une décortiqueuse, d’une égraineuse, d’un moulin à farine, d’un équipement pour monter un jardin d’enfant et un terrain de basket-ball démontable, des structures de jeu…
La collecte de ce matériel divers est un travail de longue haleine.

Il faut que d’abord l’association soit connue du grand public, participe à diverses manifestations tout au long de l’année ou à des salons en utilisant des stands AREMAU où on vent des articles mauritaniens divers (artisanaux souvent), où on affiche des actions ou les projets de l’association à travers des photos…

Et, à en croire, Etienne Rivoire, cette action humanitaire s’inscrit dans le prolongement de la coopération décentralisée. D’ailleurs, en 2005, il a assisté à une rencontre de deux jours à Nouakchott qui portait sur la coopération décentralisée entre la France et la Mauritanie. Il en avait profité pour rencontrer des associations et des municipalités françaises qui parrainent des villages.

Ce matériel sera destiné en particulier aux plus démunis. «Tout le monde n’est pas en mesure de subvenir aux besoins les plus élémentaires de la vie. On voit des parents qui veulent inscrire leurs enfants à l’école mais qui n’ont pas les moyens de s’acheter les matériels scolaires. Là, aussi, on essaie d’agir. Dans le cadre sanitaire par exemple aussi, on essaie d’apporter un matériel ou des médicaments pour essayer d’équiper les centres de santé », se justifie Abou Bâ.

Une partie du don est essentiellement constituée d’équipements matériels. Et, pour le directeur de l’école fondamentale de Thialgou qui existe depuis 1969, les équipements matériels vont résoudre en partie les problèmes de son établissement qui compte 356 élèves.
«Nous avons un certain nombre de bâtiments totalement délabrés. Ces bâtiments ont été entièrement réalisés par les populations et quand des actes de rénovation ne sont pas entrepris, c’est tout à fait normal que les bâtiments se détériorent », explique Abou Adama Diallo.
Dans ce sens, l’AREMAU a déposé un projet de reconstruction de ces classes et la construction d’autres au niveau du Conseil régional de Midi-Pyrénées pour subventionner leurs travaux.

Notons enfin que l’Association pour la Promotion de la Santé Communautaire (APSC) qui organise chaque année une caravane de santé dans la région du Brakna gratuitement a aussi bénéficié d’un matériel médical et paramédical pour l’aider dans ses activités. «C’est un grand intérêt pour nous de savoir que nos produits ne vont pas aller n’importe où et n’importe comment ou détourner de leurs besoins », a déclaré Etienne Rivoire.

Des personnalités comme Yall Zakaria (ancien ministre de l’intérieur sous Sidi Mohamed O. Cheikh Abdallahi), Ba El Hadj Abdoul (sénateur de Boghé), Tall Ibrahima Demba (président des ressortissants de Thialgou à Nouakchott) et Wagne Abdoulaye Idriss (ministre délégué auprès du Premier ministre chargé de la modernisation de l’administration et des NTIC) n’ont ménagé aucun effort pour la réussite de l’acheminement de cet important lot de matériels vers Thialgou et Dioulom.

Babacar Baye NDIAYE

lundi 7 décembre 2009

Dépistage du trachome à l’école Moctar Hamidoune de Sebkha : Sur 751 élèves dépistés, 41 cas ont été trouvés

Le Lions Club La Rose des Sables de Nouakchott, avec l’appui de l’Initiative Trachome International (ITI), a lancé à partir de ce 7 novembre une campagne de sensibilisation et de dépistage du trachome dans la moughataa de Sebkha à l’école Moctar Hamidoune Kane. Cette campagne qui touchera également d’autres écoles des zones périphériques de Nouakchott vise à prévenir les maladies cécitantes, à réduire la prévalence de ces pathologies et à favoriser la prise de conscience du grand public et promouvoir des modes de vie sains (hygiène du visage).

L’arrivée de l’équipe de cette campagne a réjoui Diarra Mamadou, le directeur de l’école Moctar Hamidoune de Sebkha qui n’a pas toutefois manqué de relever les difficultés auxquelles fait face son établissement qui dépend de l’IDEN II de Nouakchott.

«Nous saluons cette initiative. Nous demandons que cela se répercute. Nous sommes dans un quartier défavorisé où les maladies se multiplient. Nous voulons que l’Etat nous aide aussi. On est une école qui compte au moins 545 filles et entre 300 et 400 garçons. C’est toujours difficile puisque nous cohabitons avec une autre école! Nous rencontrons des problèmes d’assainissement. Notre école ne dispose pas de mûr de clôture. Les saletés rentrent de partout», s’est-il confié.

Hassane Ould Mohamédou est ophtalmologue. Il est par ailleurs le coordinateur adjoint du Programme National de Lutte contre la Cécité (PNLC). Il évalue ici cette journée de campagne de sensibilisation et dépistage du trachome.

«Sur 751 élèves dépistés, on a trouvé 41 cas de trachome. Cela équivaut à 6%. Ce taux n’est pas grave. Et, cela montre que la campagne de trachome qu’on avait mené à Nouakchott a donné de bons résultats. Vu les résultas que nous avons obtenus dans cette école, il n’y a pas lieu de s’alarmer et cela ne demande pas une autre action d’envergure. 6%, c’est un chiffre encourageant. Avant cette campagne, on avait eu des pourcentages qui tournaient entre 15%, 18% et 30% », explique-t-il.

La dernière campagne de dépistage et de sensibilisation dans cette école remonte en 2007. Et, cette fois-ci, les cas de trachome ont diminué et cela montre que la campagne de 2007 a bien porté ses fruits à la grande satisfaction de madame Limam qui est l’administrateur du projet Sightfirst en Mauritanie et présidente de cette même commission au niveau du Lions Club La Rose des Sables de Nouakchott.

«Nous sommes satisfaits des résultats que nous avons eus au sujet de la présente campagne qui rentre dans le cadre de la sensibilisation des masses populaires les plus démunies, a-t-elle affirmé. Nous essayons de voir autant les grandes personnes que les enfants. Et, c’est dans ce cadre que nous avons commencé les dépistages dans les écoles périphériques de Nouakchott. On a commencé par Sebkha. Après, on va aller dans d’autres écoles. Nous sommes en fin d’année. Si, d’ici la fin de l’année 2009, on ne peut pas faire toutes les écoles parce que nous allons faire également les écoles de l’intérieur du pays, à ce moment-là, on attaque 2010 avec toutes les écoles périphériques de toutes les moughataas de Nouakchott. »

Au cours de cette journée de dépistage assurée par Ngaïdé Hamath, Idriss Diarra et Hassan Mbalo, le docteur Abdallahi Ould Minnih qui est le coordinateur du Projet National de Lutte contre la Cécité (PNLC) a donné un cours sur le trachome, ses conséquences, sa prise en charge et sa prévention au profit des enseignants de l’établissement. Le Lions Club La Rose des Sables a distribué gratuitement des «savons» qui sont un symbole de l’hygiène et de lutte contre le trachome. Enfin, il faut noter la présence à cette journée du président de la région 11 qui couvre le Sénégal et la Mauritanie ainsi que le 2ième vice-gouverneur du district 403 A.

Babacar Baye NDIAYE

samedi 5 décembre 2009

A quelques heures de la rencontre de Copenhague : Les VNU appellent les dirigeants du monde à prendre leurs responsabilités

La Mauritanie a célébré ce 5 décembre la Journée Internationale des Volontaires. A l’occasion de cette journée, une série de manifestations qui ont tourné autour de conférences, de sketchs de sensibilisation des femmes teinturières du quartier 5ième de Sebkha, d’expositions de tableaux, d’objets et d’affiches sur la protection de l’environnement et d’actions de salubrités des volontaires a été organisée un peu partout à Nouakchott.

Le lancement officiel de cette journée a été marquée par la journée d’assainissement et de reboisement au quartier de Zatar zone 8 dans la moughataa de Dar-Naim. Selon Lamine Sakho, président de l’Association Sportive et Culturelle Kiraye Fanane (ASCKF), cette journée d’assainissement et de reboisement s’inscrit dans le cadre de la promotion des activités de protection de l’environnement qui se dégrade de plus en plus du fait de l’action de l’homme. D’ailleurs, un sketch a été joué dans ce sens pour sensibiliser et informer les populations et les autorités sur leurs rôles et responsabilités dans la protection de l’environnement. Durant cette journée, les volontaires de l’ASCFK ont procédé au reboisement de plus de 250 arbustes.

En outre, l’administrateur du PNUD Helen Clark dont le discours a été lu en cette circonstance a appelé les dirigeants du monde, à quelques heures de l’ouverture de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques à Copenhague à trouver un accord positif pour préserver notre environnement et réduire la pauvreté.

A l’en croire, le défi climatique, la dégradation environnementale et le développement durable doivent être au cœur des préoccupations des Etats. «Un accord sur le changement climatique est urgemment nécessaire…Le PNUD soutient les pays dans leur développement d’une croissance à faibles émissions de carbone, de l’accès à l’énergie et de stratégie d’adaptation », dit-elle en soutenant que son organisation va aussi soutenir les pays les moins développer à bénéficier des fonds destinés au financement climatique.

Dans un communiqué publié à l’occasion de la Journée Internationale des Volontaires célébrée sur le thème «Volontaires en faveur de notre planète », la coordinatrice exécutive du Programme des Nations Unies, Flavia Pansieri, a rappelé l’importance que les volontaires jouent dans l’action environnementale.

Les volontaires interviennent dans le nettoyage de leurs quartiers, l’organisation de projets de recyclage, la mise en place de campagne en faveur des différentes formes d’énergies renouvelables, la conservation de la biodiversité, la lutte contre la désertification, la déforestation, la réduction des déchets et de la pollution, l’amélioration de l’assainissement, de la qualité de l’eau.

Par conséquent, «il est important que les gouvernements et les organisations reconnaissent la valeur du volontariat pour l’environnement, pour la société en général et son apport à la cohésion sociale», a-t-elle insisté tout en suggérant aux Etats de créer «une législation appropriée pour soutenir et promouvoir le volontariat ».

Flavia Pansieri a enfin rendu un hommage aux deux volontaires qui ont perdu la vie lors de l’attaque d’une d’hôtes de l’ONU en Afghanistan en octobre dernier ainsi qu’à tous les autres volontaires du monde qui travaillent dans des circonstances souvent difficiles à la promotion de la paix et du développement. Rappelons que la Mauritanie compte 6 VNU (Volontaires des Nations Unies) servant à l’étranger comme volontaires VNU internationaux.

Babacar Baye NDIAYE

vendredi 27 novembre 2009

Messaoud Ould Boulkheir : "Je m’engage à faire la guerre à ceux qui veulent semer le trouble au sein de l’APP et qui qu’il soit"


Messaoud Ould Boulkheir a montré qu’il est la seule constante au sein de l’Alliance Progressiste Populaire, qu’il reste et restera le chef incontesté voire incontournable de ce parti, le choix de la base des militants, l’incarnation des principes et objectifs du parti. Autant de faits qui l’ont fait sortir, en vrai patron de parti, de ses gonds pour mettre en garde ceux qui voudraient annihiler l’Alliance Populaire Progressiste.

Il en a fait la démonstration de force, à l’occasion des journées de réflexion du parti qui ont eu lieu du 24 au 26 décembre, à l’ancienne maison des jeunes de Nouakchott. Devant plus de 400 cadres, Messaoud Ould Boulkheir a voulu sonner la fin de la récréation au sein de son parti.

La fin de la récréation

«Nous n’accepterons [plus que] des idées telles que répandues par les semeurs de doute, les pêcheurs en eaux troubles qui, malheureusement, existent dans ce parti et qui n’ont jamais cessé de critiquer pour critiquer tout simplement parce qu’ils ne se voient pas au devant de la scène s’agissant de l’APP. Et, là, où ils ne se voient pas au devant de la scène, c’est le chaos et on mobilise les gens, on fait ces petits groupes de pressions à Nouakchott ou ailleurs. On essaie de semer le doute et la zizanie voulant être la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf », a-t-il indiqué.

Pour Messaoud Ould Boulkheir, cette situation n’a que trop duré. Et, il n’y est pas allé avec le dos de la cuillère pour mettre en garde ceux qu’il nomme "les chasseurs de prestige", "les pêcheurs en eaux troubles", "les chasseurs de leadership"…soupçonnés de vouloir comploter contre l’APP et du coup de le fragiliser.

"J’ai tu beaucoup de contradictions. J’ai évité de parler de beaucoup de choses qui existent et qui sont là avec des preuves pensant bien faire, pensant sauvegarder l’unité du parti mais je crois que les gens ont interprété cela très mal", dit-il.

Et, d’ajouter sur un ton d’énervement : "Ils croient que c’est par supplice que je me suis tu ou que je n’ai pas voulu étaler au devant de la scène nos problèmes internes ou que je ne le pourrais pas. Je le peux parce que tout monde sait qu’en Mauritanie et ailleurs, Messaoud Ould Boulkheir n’a peur de rien !".
Dans ce discours, le pouvoir, à qui on prête l’intention de vouloir phagocyter l’Alliance Progressiste Populaire, (APP) est également indexé de manière déguisée.

"APP est l’un des partis qui dérangent le plus le pouvoir en place et donc les conspirations du pouvoir visent le parti.APP est vaccinée contre tout cela mais il n’en demeurerait pas moins qu’il était très utile de faire la mise au point, d’attirer l’attention des militants et de les mettre en garde contre les semeurs de trouble qui pourraient venir d’autres côtés pour essayer de déstabiliser le part", explique Ahmed Samba Ould Abdallahi, président du mouvement des Jeunes de l’APP.

"APP n’est pas le parti des Harratines ni d’El Hor"

Par rapport à cette question, Messaoud Ould Boulkheir s’est voulu être très clair et partant prendre le contrepied de ceux qui considèrent que l’Alliance Populaire Progressiste doit rester le parti des Harratines ou d’El Hor.

"Je dis haut et fort que ma patience a pris fin, a-t-il déclaré. Je n’ai plus de patience et je m’engage à faire la guerre à ceux qui veulent souiller notre parti, à ceux qui veulent semer le trouble dans ce parti et qui qu’il soit".

Ce discours de Messaoud Ould Boulkheir a surpris plus d’un. Et, selon Ladji Traoré, le secrétaire général du parti, l’Alliance Populaire Progressiste ne peut plus se permettre qu’El Hor constitue l’ossature qui doit diriger, comme le soutiennent certains membres fondateurs de ce mouvement, que les leaders naturels du parti soient issus de leur rang (El Hor, Ndlr). "C’est un point de vue dépassé maintenant dans notre parti", a-t-il assuré.

Aujourd’hui, plus que jamais, l’Alliance Populaire Progressiste l’a bien compris, qu’en réunissant le maximum de force, elle pourrait avoir la chance de devenir un parti majoritaire. Pour ce faire, elle devra se départir, comme l’a expliqué Ladji Traoré, de son particularisme ethnique, social et identitaire.

Babacar Baye Ndiaye