dimanche 27 juin 2010

Filles domestiques mineures : Les responsables du projet d’assistance, de protection et d’insertion de l’AFCF accrochent leurs ceintures…

Tirer sur la sonnette d’alarme. C’est ce que tentent de faire depuis août 2009 Nebghouha Mint Abdallahi coordinatrice du projet d’assistance, de protection et d’insertion des filles domestiques mineures de l’AFCF et son équipe. En conférence de presse ce jeudi 24 juin au siège de l’AFCF, Nebghouha Mint Abdallahi a annoncé que le projet d’assistance, de protection et d’insertion des filles domestiques mineures en partenariat avec Terre des Hommes et l’AECID a eu à enregistrer 900 filles domestiques mineures âgées entre 6 ans et 18 ans à Nouakchott.

Les statistiques sont effarantes et parlent d’elles-mêmes. Celles qui ont été données par les responsables du projet d’assistance, de protection et d’insertion des filles domestiques mineures indiquent que sur ces 900 filles domestiques mineures, 100 d’entre elles sont victimes de violences, de maltraitance et d’exploitation. Ces mêmes statistiques révèlent toujours que 30% d’entre elles perçoivent tardivement leurs salaires, 40% sont victimes de maltraitance et d’exploitation (leur âge varie entre 6 et 12 ans) et les 30% restantes sont victimes de viol, d’accusation de vol, de menace, de violence physique et verbale.

Mettre les bouchées doubles

Pour infléchir cette tendance, les responsables du projet d’assistance, de protection et d’insertion des filles domestiques mineures comptent accrocher davantage leurs ceintures. D’ores et déjà, ils ont pu ouvrir 5 classes d’alphabétisation dans 5 moughataas de Nouakchott, enregistrer 80 filles domestiques mineures victimes de maltraitance, financé 9 activités génératrices de revenus en faveur des familles des victimes les plus touchées par la pauvreté et distribué à 8 familles nécessiteuses parmi les familles des filles domestiques mineures. Il faut noter également que ce projet a permis à des victimes de bénéficier d’un appui juridique, psychologique et d’une insertion économique.

"Un phénomène absolument réel"

Depuis le lancement du projet qu’il suit de près avec beaucoup d’intérêt, Me Bezéid, avocat de l’AFCF, a eu à traiter un certain nombre de dossiers relatifs à la problématique des filles domestiques mineures. Il n’y va pas par quatre chemins pour dénoncer ce phénomène.

"Ces filles qui n’ont pas encore 18 ans travaillent dans des foyers un peu dispersés à l’intérieur du pays. Elles n’ont pas, le plus souvent, de droit et font l’objet de maltraitances et d’humiliations de la part de leurs patrons, patronnes ou des membres de la famille de leurs employés", révèle-t-il. "Il y’a une présomption de culpabilité, poursuit-il, qui pèse sur les filles domestiques mineures qui sont souvent accusées de vol."

Absence de paiement de leurs salaires, privation de salaires, arriérés de salaires, calomnies, accusations de vols, incriminations fortuites, sévices…Les filles domestiques mineures se font avaler, impuissantes, toutes formes d’injustice.

L’une d’entre elles, Fatou Dièye Diaw, âgée de 16 ans, a été arrêtée et gardée en vue au commissariat de Tévragh-Zéina 2, après avoir été accusée de vol, de la part de sa patronne, d’une bague en or ainsi que des boucles d’oreilles. "Elle a été gardée en vue pendant 5 jours. Ce qui est absolument aberrant et contraire à la loi sur les mineurs. Et, au bout de 5 jours, elle a été libérée parce que la patronne a compris qu’elle n’avait pas volé sa bague et ses boucles d’oreille et du coup, elle a retiré sa plainte", a indiqué Me Bezéid.

Celui-ci n’a pas manqué d’érafler l’attitude de la police et de la justice dans ce genre de dossier. "Les enfants doivent être traités d’une certaine manière. Ils doivent nécessairement être assistés par une assistance sociale, un avocat et leurs parents. Ceci n’est jamais respecté…Le ministère de la justice confisque souvent les dossiers et envoie les gens se promener dans la rue", a-t-il expliqué.

Des cas bouleversants et révulsants

Comme le cas d’Aichétou Mint Saleme, la plupart des histoires des filles domestiques mineures, qu’elles soient d’origine étrangère ou mauritanienne, sont souvent bouleversantes et révulsantes. Orpheline à bas-âge et sans famille, Aichétou Mint Saleme a été élevée par une de ses "tantes". Son cas nous est révélé par Khadijétou Mint Mouhamdine, assistante sociale du projet d’assistance, de protection et d’insertion des filles domestiques mineures de l’AFCF.

"Sa tante l’a fait travailler et perçoit son salaire, à la fin du mois, à sa place. Elle est mère de deux enfants. Sa tante l’a mariée à un de ses fils à l’âge de 13 ans. Elle est débile la pauvre ! Elle a la mentalité d’une fille de 7 ans. Elle répète tout ce qu’on lui dit. Lorsque nous sommes partis voir un psychiatre, celui-ci nous a affirmés qu’elle est mineure à vie. Elle est accrochée à son bébé qui est maltraitée comme elle est…Sa maîtresse a eu le culot de venir au commissariat pour la réclamer. L’affaire a été portée au tribunal…J’y ai été chassée de même que notre avocat", raconte Khadijétou Mint Mouhamdine.

Babacar Baye NDIAYE

mercredi 16 juin 2010

Gouvernance des entreprises publiques : Un plan d’action national en perspectives

La mission de la Banque Mondiale (BM) en Mauritanie a organisé, jeudi 16 juin, une journée de discussions sur le rapport "Gouvernance des entreprises publiques en Mauritanie". Ces discussions avaient essentiellement porté sur la thématique de la gouvernance des entreprises publiques. A cet effet, dans un mot d’ouverture, le représentant résidant par intérim Chérif Diallo a rappelé que "nous sommes tous des partenaires aux développements et nous avons tous une responsabilité en matière d’amélioration des conditions de vie des citoyens".

L’objectif de cette journée était de présenter les résultats d’un diagnostic mené en 2008 sur la gouvernance des entreprises publiques mauritaniennes et les recommandations faites pour instaurer un meilleur système de gestion et une meilleure performance des entreprises. Une telle évaluation a permis de montrer l’importance des entreprises publiques dans les économies nationales et la corrélation positive prouvée entre bonne gouvernance et bonne performance. Cette évaluation fait ressortir qu’en raison de la vitalité des services que les Sociétés Publiques (SP) fournissent, elles sont souvent directement contrôlées par l’Etat.

Les auteurs de cette évaluation ne se sont uniquement pas contentés de faire le diagnostic sur les entreprises publiques mauritaniennes. Ils ont aussi proposé des alternatives communément appelées "approches mixtes" qui consistent à gérer les entreprises publiques comme des entreprises privées afin d’améliorer leur gouvernance. Cette méthode est aujourd’hui adoptée par de nombreux pays à travers le monde. Les auteurs du rapport se fondent leur conception sur le fait qu’une société publique mieux gérée est une entreprise plus performante en termes de réalisation et de qualité de services sociaux à moindre coût.

En Mauritanie, on compte 30 sociétés publiques dont près de 50% qui appartiennent à l’Etat. Celles-ci fournissent des prestations vitales comme l’eau, l’électricité, le gaz…en plus de l’emploi et des infrastructures. Toutefois, peu d’entre elles fonctionnent normalement, en dépit de l’absence de contraintes budgétaires, du statut privilégié et du contexte d’économie libérale. En plus de cela, leurs conseils d’administration sont purement formels et souvent court-circuités par les autorités supérieures qui nomment les responsables exécutifs et tracent les politiques sans parler du peu d’informations qui sont disponibles sur les sociétés publiques handicapant du coup l’analyse approfondie du phénomène.

Ce rapport qui est loin d’être exhaustif met à nu tous ces problèmes qui entravent en réalité la performance, la réalisation et la qualité des services sociaux. C’est pour changer cet état de fait que la mission de la Banque Mondiale à Nouakchott compte élaborer des questionnaires, des entretiens et des recommandations qui feront l’objet d’ateliers pour dégager un plan d’action national sur la gouvernance des entreprises en Mauritanie.

Babacar Baye NDIAYE

dimanche 13 juin 2010

Arafat Pk 7 de Rosso : Le calvaire de 42 familles sans abri

Le village d’Arafat PK 7 de Rosso n’existe plus et depuis le 30 mai, date de l’opération de démolition assistée par des éléments de la garde nationale de la moughataa de Rosso, il appartient désormais au passé. Chez les populations, c’est comme si les vieux démons se sont réveillés pires qu’une sempiternelle strangulation.

Les populations d’Arafat PK 7 de Rosso sont aujourd’hui entre le désespoir, le ras-le-bol, la colère et l’amertume. Elles viennent d’être déguerpies, sur ordre du hakem de la moughataa de Rosso, de leurs terres, par la force, qu’elles occupaient, ressemble aujourd’hui à un champ de bataille en ruines.

Elles ont assisté impuissantes et hagardes à la destruction de leurs maisons et de leurs biens. D’ailleurs, elles ne comptent pas s’en arrêter là. Déjà, elles ont préparé une lettre qu’elles envisagent adresser au Président de la République dont l’objet est de se plaindre contre la commission technique de pilotage de Pk 7 de Rosso et le hakem de Rosso.

A l’origine de ce déguerpissement, il y’a le projet d’extension et de modernisation de la ville de Rosso confiée à la société nationale Iskan. Et, ce qui est curieux dans cette affaire, c’est que la société nationale Iskan leur a remis un reçu de recensement au lieu, en principe, d’un permis d’occuper. Ce qui, aux yeux des populations, ne constitue pas une caution.

Aujourd’hui, chassées de leurs terres, les familles du site Rosso pk 7 sont sans abri et sans services de base (latrines, eau, assistance médicale…). Leur calvaire a commencé le 28 mai 2010 lorsqu’on leur a adressé une mise en demeure qu’on leur a forcé de signer de quitter leurs terres qu’elles occupent avant les indépendances dan un délai de 48h.

Selon Awa Sow, une habitante du site Rosso pk 7, au départ, on leur avait promis l’octroi de deux terrains sur le nouveau site du projet d’extension et de modernisation de la ville de Rosso. Visiblement dupée, chaque famille n’aura finalement qu’une parcelle de terre de 180 m2, très exigüe pour accueillir plus d’une famille. Elle confie aussi que le recensement a été bâclé et opère dans des conditions suspicieuses.

Face à cette situation qu’elles ont qualifiée d’injustice intolérable, l’optimisme de ces populations est vite retombé comme un soufflet. Ces terres, présentement investies par des Caterpillar de la société nationale Iskan, vont accueillir 10.OOO logements dans le cadre du projet d’extension et de modernisation de la ville de Rosso dont l’inauguration sera faite par le Président de la République d’ici quelques jours.

La nouvelle ville suscite déjà la convoitise de riches commerçants à qui on a octroyés des terrains déjà lotis et numérotés non loin du lieu où elles ont été recasées à côté de la centrale électrique de Rosso.

Tout tourne au ralenti et leur vie est bouleversée. Le projet d’appui à la réinsertion des rapatriés dans la région du Trarza par le gouvernement des Etats-Unis d’Amérique à travers son département d’Etat et le projet de lutte contre la désertification et la gestion durable des ressources naturelles du programme conjoint FAO/PAM/MDEDD sont du coup cloués au pilori.

Ici, les femmes préparent sous un soleil d aplomb. Et, avec ce projet d’extension et de modernisation de la ville de Rosso, la vie de ces populations est aujourd’hui semblable à un monde qui s effondre.

Pour le moment, elles ne savent à quel saint se vouer à part adresser une lettre à Mohamed Ould Abdel Aziz où elles lui rappellent son serment qu’il avait fait d’aider les pauvres.

Pour l’heure actuelle, l’ANAIR, les organisations de défense des droits de l’homme et la classe politique locale sont aux abonnés absents. Pendant ce temps là, les 42 familles du site Rosso de pk 7 qui ignorent les motifs de leur déguerpissement qui s’est déroulé dans un tohu-bohu indescriptible continuent à endurer une injustice qui a causé la folie d’une jeune femme dénommée Hawa Idy Ba. Triste !

Babacar Baye NDIAYE

A quelques jours de Bruxelles, la Coordination de l’Opposition Démocratique (COD) accentue la pression sur le pouvoir

A quelques jours de la rencontre fatidique de la rencontre de Bruxelles entre le Premier ministre Moulaye Ould Mohamed Laghdaf et les partenaires au développement de la Mauritanie, l’opposition accentue de plus en plus la pression sur le pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz. Les partis de l’opposition regroupés autour de la Coordination Démocratique de l’Opposition (COD) viennent de dévoiler leur stratégie.

Elle consiste à élaborer un plan de manifestation non encore dévoilée avant la réunion de Bruxelles. Cette situation contraste bel et bien avec celle de la semaine passée où l’opposition, par l’entremise d’Ahmed Ould Daddah, avait favorablement accueilli la main tendue du pouvoir en vue d’un dialogue. Depuis les choses ont évolué en dents de scie du côté de l’opposition où fusent régulièrement des démentis catégoriques de la part des leaders de la Coordination de l’Opposition Démocratique qui nient avoir béni la proposition de dialogue tacitement exprimée par le pouvoir par l’entremise de l’ancien Premier ministre de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi en l’occurrence Yahya Ahmed Ould Whagef.

Ainsi, tout laisse à indiquer que les dirigeants de l’opposition ne comptent pas rester les mains croisées ni demeurer spectateurs passifs devant cet important évènement que constitue la réunion du groupe consultatif pour la Mauritanie. D’ores et déjà, l’on suppute que ce rendez-vous représente un défi énorme pour l’actuel gouvernement de Moulaye Ould Mohamed Laghdaf. Cependant, il sonne également l’heure de vérité pour le Président de la République qui a tardivement pensé à al perche de salut qu’offre sa proposition de dialogue.

Pour l’heure, du côté de l’opposition, on est en train de réfléchir sur les voies et moyens pour troubler la quiétude et les assurances manifestes des autorités, comme ils envisagent d’attirer l’attention des bailleurs de fonds sur l’impasse politique persistante, en organisant 48h avant le jour J, des manifestations monstres à Nouakchott, Nouadhibou et Rosso. Ces nouveaux rebondissements qui risquent de monter d’un cran dans les prochains jours, s’expliqueraient sans doute par l’absence réelle de crédibilité dans la proposition du dialogue.

En effet, cette dernière n’a été faite qu’à deux semaines de la réunion de Bruxelles, alors qu’il s’agit de négociations politiques qui ont échoué presque une année durant, pour pouvoir être redressées par un quelconque coup de magicien. L’option de dialogue, réelle ou astucieuse, permet sans doute au pouvoir de rejouer une fois encore, l’un de ces numéros politiques qui lui réussissent bien, même si en définitive, ils se font sur le compte de l’intérêt général.

En effet, cette proposition de dialogue, faite au lendemain du séjour du chef de la diplomatie espagnole dans notre pays, permet au pouvoir de montrer une totale disposition à la concertation et d’annoncer- preuve à l’appui- à la table ronde de Bruxelles, que c’est la COD qui continue de refuser la main tendue. Avec sa prétendue complicité, dont certains profils ont été publiquement manifestés par Paris, la communauté internationale risque fort bien de mordre à l’appât, de combler de bonheur le gouvernement mauritanien, ou du moins à lui accorder encore des circonstances atténuantes. Dés lors qu’il en est tel, il est certain que ce n’est pas dans les prochains mois qu’on dira enfin « Adieu la crise !».

Ceci est d’autant plus vrai qu’un responsable de l’opposition a indiqué que les que les informations confirmant l’approbation de la COD à la proposition de dialogue du pouvoir sont dénuées de tout fondement. Dans ce sens, le responsable de la commission de communication au sein de la COD, le Dr Idoumou Ould Mohamed Lemine a indiqué aujourd’hui, l’inauthenticité des informations affirmant l’accord de l’opposition sur la proposition de dialogue faite par le pouvoir. Contacté à ce propos par nos confrères du site électronique Taqadoumy, Idoumou Ould Mohamed Lemine a dégagé en touche en précisant que les médias qui ont relayé l’information selon laquelle la COD est disponible au dialogue avec le pouvoir est vide de tout fondement.

Il a enfin précisé que la position de la COD sur la proposition du dialogue est bien connue de tous, ajoutant qu’elle a été clairement présentée à l’opinion publique, au cours d’une conférence de presse tenue pour cette occasion par son président en exercice et chef de file de l’opposition, Ahmed Ould Daddah.

Babacar Baye NDIAYE

samedi 29 mai 2010

Redynamisation de SOS. Esclaves : Des points focaux pour renforcer sa présence sur le terrain

SOS. Esclaves sonne la mobilisation en matière de droits humains pour une meilleure efficacité dans la mise en œuvre de ses programmes de protection, de promotion et de sensibilisation sur les droits fondamentaux relatifs à l’esclavage et à la discrimination.

Et, pendant 3 jours, avec l’appui d’Anti Slavery, les militants de cette association, au nombre de 30, ont été initiés aux techniques de collecte d’informations, au monitoring et à l’application et au respect de la loi n° 2007-048 du 3 septembre 2007.

Cette formation visait à «sensibiliser sur le fait que l’esclavage, qui est aboli depuis longtemps, est aujourd’hui criminalisé et ceux qui continuent à le pratiquer encourent des sanctions », selon Boubacar Ould Messaoud, président de SOS. Esclaves.
Il s’agira également de porter l’accent sur «la nécessité d’éduquer les enfants descendants d’esclaves, de les protéger et y compris les femmes qui sont les principales victimes de l’esclavage», a-t-il poursuivi.

Ainsi, les stratégies d’intervention vont tourner autour de l’occupation du terrain, de la sensibilisation des victimes de l’esclavage sur les garanties juridiques offertes au niveau international et celles offertes également par la loi de 2007 qui a créé une dynamique au niveau des organisations de défense des droits de l’homme.

Au-delà de faire face aux défis organisationnels et aux perspectives d’action en faveur de l’émancipation des esclaves et des descendants d’esclaves, cette formation qui a eu lieu du 09 au 11 novembre à Nouakchott avait pour objectif principal de faire la sensibilisation sur la loi n° 2007-048 du 3 septembre 2007 portant incrimination de l’esclavage et réprimant les pratiques esclavagistes.

Mais également, «rendre opérationnels nos représentants sur le terrain, qu’ils puissent savoir comment suivre un cas de pratique esclavagiste, comment le traiter et surtout ce qu’il faut faire pour assister les victimes de l’esclavage », explique Boubacar Ould Messaoud. Parallèlement à cette formation, cette organisation nationale de défense des droits de l’Homme est en train de s’activer pour une campagne d’adhésion autour de la question de l’esclavage et de son éradication définitive à Nouakchott et plus particulièrement à l’intérieur du pays où l’on ignore la loi n° 2007-048 du 3 septembre 2007.

Le changement de ton et de stratégie

Cette formation initiée par SOS. Esclaves est le prélude d’une série d’activités visant à renforcer son maillage du territoire national. Toutefois, a précisé le président, il ne s’agit pas d’une stratégie de dévoilement. Mais, plutôt d’un renforcement de leur présence dans les différentes localités du pays où l’esclavage est plus présent et d’un renforcement de la capacité de ses points focaux.

Aujourd’hui, de plus en plus de mauritaniens adhèrent à SOS. Esclaves et font siens de ses principes et objectifs. L’organisation est devenue ouverte à tout le monde. A SOS. Esclaves, l’heure est désormais au changement de ton et de stratégie. «Avant, nous étions dans la dénonciation. Aujourd’hui, nous avons l’objectif d’aller à la rencontre des gens et de les associer à une campagne de sensibilisation que nous allons mener pour la réinsertion des esclaves », déclare Boubacar Ould Messaoud.
Il poursuit : «Nous pensons qu’il n’y a pas que les pratiques d’esclavage. Il y a également les séquelles et celles-ci demandent qu’on soit présent partout parce qu’il y a beaucoup d’injustice. »

Face à certaines injustices, SOS. Esclaves s’est insurgé contre le fait que les projets destinés à des anciens esclaves- qui servent de canaux aux maîtres esclavagistes-pour leur réinsertion dans la vie soient détournés par ces derniers au profit de leurs fils. Loin d’être une solution dans la lutte contre les séquelles de l’esclavage, cela ne fait qu’enrichir les maîtres esclavagistes. Et, en conséquence, «la domination continue», regrette Boubacar Ould Messaoud qui a suggéré plus de sérieux dans l’attribution de certains programmes destinés à réinsérer les anciens esclaves dans la vie active.

La bataille contre l’esclavage sera désormais accès sur la formation et l’information. Et, comme l’explique l’assistant technique de SOS. Esclaves, il s’agira de faire un plaidoyer local autour de la question de l’esclavage. «On ne peut plus accuser le gouvernement de ne pas avoir interdit l’esclavage. Maintenant, il est criminalisé. Il s’agit désormais de pousser le gouvernement à appliquer la loi en montrant des cas avérés d’esclavage », dit-il.

Babacar Baye NDIAYE

Filles domestiques mineures accusées de vols ou victimes de viols : L’AFCF s’insurge contre la complicité entre les employeurs,la police et la justice

La présidente de l’Association des Femmes Chefs de Famille (Afcf) a exigé, au cours d’une conférence de presse organisée le 24 décembre, l’application de la loi sur les mineurs de 2005 mais aussi exprimé son inquiétude au sujet de la situation des filles domestiques mineures.
Cette conférence presse, dont l’objectif est de permettre au public et à la presse de connaître la problématique des filles domestiques mineures, vise à élucider les obstacles et les difficultés que rencontrent l’Afcf sur le terrain par rapport à ce projet lancé depuis août 2009.
"Nous avons d’énormes difficultés", a déclaré Aminétou Mint El Moctar, présidente de l’Afcf. "Il n’y a qu’un seul commissariat pour les mineurs dans tout Nouakchott", regrette-t-elle.

Aminétou Mint El Moctar, qui n’a pas raté de souligner les difficultés de déplacement auxquelles elles sont confrontées, a déploré le fait que des commissaraits de la capitale ou de l’intérieur du pays qui ne sont pas du tout spécialisés dans la question des filles mineures, soient saisies de cette question par des tierces personnes.

"Il y a des cas qui se retrouvent dans d’autres commissariats. Ces filles mineures sont traitées comme des adultes et souvent maltraitées", explique-t-elle. "Sans enquête et sans rien du tout, on envoie ces filles domestiques mineures directement en prison", ajoute-t-elle.

A en croire Aminétou Mint El Moctar, cette situation ne se fait pas sans complicité entre les employeurs et la police, hypothéquant du coup le sort de ces filles domestiques mineures.
"Je donne l’exemple de Fatou Guèye qu’on a envoyée directement en prison sans faire aucune enquête", renseigne-t-elle. Comme Fatou Guèye, de nombreuses filles domestiques mineures sont aujourd’hui accusées, à tort ou à raison, de vols, en plus d’être des victimes de viols ou de maltraitances corporelles.

"C’est une situation que nous dénonçons", a affirmé Aminétou Mint El Moctar qui s’est également outrée de l’absence d’enquête honnête et de collaboration dans ce genre d’affaire où "on n’écoute que l’employeur", dit-t-elle. "Parfois même, on est chassé des commissariats pour ne pas assister la victime. On nous prive de faire correctement notre travail", a-t-elle complété.

Cette situation est aussi valable au niveau des tribunaux. "Là, c’est le grand problème. Le dossier est souvent classé sans suite", a rappelé Aminétou Mint El Moctar qui n’a pas manqué d’attaquer le comportement outrancier de certaines autorités judiciaires qui usent souvent, à l’en croire, de menaces verbales pour intimider la victime et la faire taire.
Une meilleure prise en charge de cette question supposerait, explique la présidente de l’Afcf, qu’un cadre juridique sur la situation des filles domestiques mineures soit élaboré le plus rapidement possible.

Autant le Ministère de la justice est concerné par cette question, autant l’est celui de l’Intérieur en ce qui concerne l’élaboration d’un code de bonne conduite au sein de la police.
Pour Aminétou Mint El Moctar, la question des filles domestiques mineures doit être prise en considération par les pouvoirs publics comme l’est actuellement celle relative à la lutte contre la corruption et la gabegie. Elle a enfin suggéré, pour circonscrire cette situation, l’élaboration d’un cadre juridique pour protéger les filles domestiques mineures dont certaines d’entres, durant leur incarcération, séjournent avec des personnes subversives, une fois accusées de vols par leurs employeurs. Une situation vertement critique par Aminétou Mint El Moctar.

Babacar Baye Ndiaye

Projet de promotion des droits de la femme : 3.000 personnes ont été sensibilisées à Nouakchott

La fin des activités du projet de promotion des droits de la femme et de renforcement des organisations de la société civile a été sanctionnée par un atelier de restitution qui a eu lieu ce 30 novembre à l’hôtel Khatter en présence des responsables du Programme d’Appui à la Société Civile et à la Bonne Gouvernance (PASOC).

Et selon la coordinatrice de ce projet Salimata Sy, 3.000 personnes ont été sensibilisées à Nouakchott sur les droits de la femme, au cours de l’année 2009. En Mauritanie, les enquêtes sociologiques révèlent que les femmes même celles qui habitent dans la capitale méconnaissent leurs droits.

D’après Aminétou Mint El Moctar, la présidente de l’Association des Femmes Chefs de Famille, la femme mauritanienne, comme la plupart de ses consoeurs d’Afrique et du monde Arabe, est restée longtemps maintenue «hors du circuit des responsabilités et des centres de décision ». Pour elle, la méconnaissance des juridictions nationales et l’absence de l’application de ce qui existe déjà comme lois sont un handicap à la promotion et à la marche de la femme mauritanienne vers l’égalité et l’émancipation.

«Le projet va contribuer au renforcement de la place de la femme dans la société à travers la vulgarisation et la diffusion des droits de la femme auprès des acteurs de la vie publique et des populations à Nouakchott», a déclaré Salimata Sy.

Toutefois, des difficultés d’ordre politique liées au climat qui a prévalu avant et après le coup d’Etat du 6 août 2008 sont venues se greffer à ce projet pendant son exécution rendant du coup impossible la mobilisation des élus et leur implication dans l’action. Salimata Sy a regretté aussi, au cours de sa présentation du projet, les lenteurs dans les procédures d’autorisation du PASOC sur les modifications du budget et du plan d’action qui ont constitué une contrainte dans la mise en œuvre de certaines activités de sensibilisation.

«Notre objectif initial visait à atteindre 18.000 personnes à travers 24 campagnes de sensibilisation sur une année. Cela nous a parus trop ambitieux au vu des moyens qui étaient mis à notre disposition. A cela s’ajoute le fait que le projet ne cherchait pas à informer mais à susciter un changement de comportement », explique-t-elle.

De son côté, Aminétou Mint El Moctar a toutefois reconnu que ce projet leur a permis d’ouvrir un débat sur le contenu du Code du Statut Personnel, la levée des réserves sur la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discriminations à l’égard des femmes et l’amélioration des juridictions nationales.

En outre, ce projet a montré que l’implication des hommes et le changement des mentalités sont indispensables pour mettre fin aux violences contre les femmes qui restent encore tributaires de discriminations notoires dans bien des domaines.

Au total, 11 élus locaux, 8 parlementaires, 5 oulémas et 16 personnes ressources et responsables d’Ongs ont été également sensibilisées sur les réserves émises par l’Etat mauritanien sur la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discriminations à l’égard des femmes, le manque d’harmonisation de la législation interne avec les conventions internationales et l’absence de décrets de mise en application des conventions ratifiées et les lois internes.

L’Association des Femmes Chefs de Famille (AFCF), en collaboration avec d’autres associations de défense des droits de la femme, a appelé les oulémas et les élus à constituer le fer de lance dans le combat pour la promotion des droits de la femme mauritanienne.

Babacar Baye NDIAYE

A 11 ans, Oumoul Khairy risque d’être remariée après deux ans de célibat !

Tous les jours, des parents, sans s’en rendre compte, violent allègrement, les droits de leur enfant. Oumoul Khairy Mint Sidi Mohamed, âgée de 11 ans, en est une parfaite illustration. Comme tant d’autres milliers de filles de sa génération, elle vient d’être mariée, sans son consentement, pour une seconde fois en l’espace de deux ans.

C’est à peine qu’elle s’est remise de son premier mariage qui l’a psychologiquement et physiquement bouleversée, qu’Oumoul Khairy Mint Sidi Mohamed a apprise qu’on lui avait trouvée un second époux.

Un tel agissement n’a pas manqué de susciter l’ire de la présidente de l’Association des Femmes Chefs de Famille (AFCF), Aminétou Mint El Moctar qui a été aussitôt saisie de cette affaire qu’elle suit depuis presque trois ans.

On est en 2006. Oumoul Khairy Mint Sidi Mohamed, alors âgée de 6 ans, est mariée et amenée en Arabie Saoudite par une de ses tantes. Pendant deux ans, elle va vivre un véritable calvaire. Elle sera torturée et malmenée par sa propre tante et la famille de celle-ci.
Aujourd’hui, l’histoire semble se répéter pour cette jeune fille. Mais, c’est sans compter avec Aminétou Mint Ely Moctar qui n’est y est pas allée avec le dos de la cuillère pour dénoncer cet acte qu’elle a qualifié d’inhumain et aux antipodes de la loi qui interdit formellement le mariage précoce.

Dans ce sens, rappelons que l’article 6 de la loi n° 2001-052 du 19 juillet 2001 portant Code du Statut Personnel stipule que : "La capacité de se marier est accomplie pour toute personne douée de raison et âgée de 18 ans révolus".

Pour Aminétou Mint Ely Moctar, cela montre que les pouvoirs publics ont encore du chemin à faire pour venir à bout des mariages précoces et forcés. Et aujourd’hui, les organisations féminines qui veulent défendre les droits de ces petites filles rencontrent des difficultés face aux pouvoirs publics et aux familles. Comble du sort, c’est que parfois même des juges et des hommes religieux sont impliqués.

Selon l’Enquête sur la Dimension Sanitaire en Mauritanie (EDSM) réalisée en 2001, 13% des filles ont déjà contracté un mariage avant l’âge de 15 ans. Aujourd’hui, le mariage précoce prend de l’ampleur malgré le fait que le Code du Statut Personnel (CSP) l’interdise. Cette situation avait interloqué le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes qui s’inquiétait déjà de "l’existence d’une idéologie patriarcale aux stéréotypes solidement ancrés et de la persistance de règles, de coutumes et de traditions culturelles néfastes et fermement enracinées à savoir notamment le mariage forcé et le mariage précoce".

Pour Aminétou Mint Ely Moctar, qui explique les raisons de la persistance d’un tel phénomène par la liberté accordée au tuteur de marier sa fille, ce qui est une brèche à toute violation des droits des femmes. "Ce qui met aussi en cause la liberté de choisir librement son mari et l’âge fixé du mariage qui est de 18 ans. Cela constitue, le manque de possibilité de choisir son mari, un facteur de discrimination dans la prolifération des divorces et l’instabilité du foyer. Cette situation engendre également des violences conjugales qui se sont accrues ces dernières années", explique-t-elle.
La présidente de l’Association des Femmes Chefs de Famille (AFCF) a appelé, tout en condamnant ce cas de mariage forcé, à ce que le père d’Oumoul Khairy Mint Sidi Mohamed soit sanctionné comme prévu dans le Code du Statut Personnel (CSP).

Babacar Baye NDIAYE

Polémique autour de Ndiaga Dieng : Les internautes analysent sa nomination à la tête de la Gendarmerie Nationale

La nomination de Ndiaga Dieng au poste de chef d’état-major de la Gendarmerie Nationale ce mercredi 2 décembre 2009 a été diversement appréciée par les internautes qui l’ont largement commentée. A vrai dire, cette nomination qui est l’aboutissement direct du rapt des trois humanitaires espagnols a surpris tout le monde et celle-ci est vue par de nombreux internautes comme la récompense d’un officier "expérimenté", "habile" et "efficace".

"Dans l'armée, chacun sait sa valeur. Ndiaga fait partie des meilleures graines qui ont échappé à la dictature de Maouiya Ould Sid’Ahmed Taya et surtout à la haine raciale. Le Président a vu juste et doit continuer à reprendre les forces armées et de sécurité en mettant au commandement les plus méritants quelles que soient leur race et leurs couleurs" (Kaonlk).

"Il est heureux et rassurant que le Président tire aussi rapidement les conséquences de la situation grave créée par ce regrettable enlèvement aussi proche de la capitale. Le choix du colonel Ndiaga Dieng est également bien inspiré sur tous les plans. Il s'agit d'un officier d'une grande envergure, expérimenté, habile et efficace. Il mérite cette consécration, pour tout ce qu'il a donné à ce pays et sa compétence" (Mdwessat).

"Si Feu Colonel O. Boïde était en vie, il serait ravi de cette nomination. Le Président Aziz avait dit que les nominations se feraient au mérite. Félicitations à Ndiaga Dieng et nous lui souhaitons à lui et au personnel de la Gendarmerie beaucoup de réussite dans leur mission délicate. C'est un homme simple comme l'est le Président Aziz qui se soucie beaucoup des faibles, à le voir à Boghé dans sa maison avec des boghéens simples, apprécié de tous car ce vaillant officier reste toujours calme, simple et ne prend jamais les choses de l'Etat à la légère" (Elhoussein).


Retour à l’époque de Mâaouiya Ould Sid’Ahmed ? Volonté de contrecarrer le terrorisme ? Suite logique d’une situation ? Rescousse ? Les avis divergent et chacun y va de ses propres analyses envoyant au passage des volées de bois vert.

"Ce n’est que le début du retour à la normale, donc aux normes d’une armée nationale représentative du peuple mauritanien dans toutes ses franges. D’éléments zélés avaient trop joué sur l’incrédulité d’Ould Taya qui a recruté à bras le corps des « baasistes » dont il avait une peur bleue. Le résultat est là avec une armée divisée en 2 compartiments essentiels : des officiers maures blancs et des hommes de troupe harratin, avec quelques éléments négro africains parsemés ça et là!" (Ibadou).

Certaines internautes n’ont pas compris pourquoi Mohamed Ould Abdel Aziz qui est en casse pipe contre les "Roumouz-el-Vessad" et les "Moufçidines" puissent aujourd’hui faire revenir Ndiaga Dieng qui "était un sbire de Mâaouiya Ould Sid’Ahmed Taya" (Maurebleu).
"Apres la gabegie, les militaires. Aziz n'oublie pas que tu as accédé au pouvoir grâce à ton limogeage donc fait très attention. Celui qui règne par les armes croupira par les armes. Ndiaga Dieng n'était pas le bon choix" (Morelam). "Toujours la stratégie de Maâouiya. Ce pays n’avancera jamais" (Chourahbil).

"Aziz doit savoir qu'on ne peut pas rafistoler indéfiniment un vieux boubou, il faut le changer tout simplement. Ndiaga Dieng ne sera d'aucune utilité. Ces messieurs sont d'une autre époque. Ils ont fait leur temps, le temps du "grand" Mâaouiya O/ Sid’Ahmed Taya. La Mauritanie nouvelle sera ou ne sera pas qu'avec de nouveaux hommes. Je sais qu'il n'y a pas de relève négro-africaine dans l'armée tellement que la purge fût débilement effectuée, mais il y a de valeureux jeunes officiers maures qu'il faut mettre au travail pour bien remplacer cette vielle garde qui s'est assagie. Il est incompréhensible que sur les routes les plus riches du monde, juste après la côte d'ivoire, en "Check Point", on arrive à enlever des personnes qui devraient être les mieux gardées, et en plein jour, avec leur disparition à la vitesse de la fumée!" (Ibadou)

Dans ce méli-mélo de confrontation à distance par écrits interposés, il y’en a certains qui tentent d’apaiser ces deux camps : "Féliciter ou blâmer, cela ne rapporte rien au peuple. Nous avons un nouveau départ avec le général Mohamed Ould Abdel Aziz. Personne n'a plus droit à l'erreur. Tout celui qui ne se montre pas utile et intègre doit céder sa place"(Abdoull).

"Ould Békrine limogé et Ndiaga Dieng à sa place ? La tayatie revient de plus belle. Il ne manque plus que Mohamed Salem Ould Lekhal et Lemrabott Ould Sidi Mohamed"(Ibadou).
Certains internautes n’ont pas manqué de dénoncé "le comportement anormal de la [gendarmerie] vis-à- vis des voyageurs sur nos routes. Si cela a abouti au limogeage d’un colonel, tant pis !"(Dykrim).

"Cette nomination n'est-elle pas à l'image du fiasco qui a conduit au limogeage de son prédécesseur?"(Ibadou). "Cette mesure devait toucher tous les corps. Ce qui s'est passé (le rapt des trois espagnols, Ndlr) est inadmissible!"(Deddouh). Et, sur un ton empreint d’ironie, Ell-arrab, à la suite de l’enlèvement des trois humanitaires espagnols, déduit que notre Gendarmerie Nationale est "composée de chèvres".

Avant sa nomination à la tête de la Gendarmerie Nationale, Ndiaga Dieng était le président de la Fédération Mauritanienne de Basket Ball. "J'espère seulement que le Basket Ball ne va pas souffrir de cette nouvelle nomination" (Terrouzi).

Babacar Baye NDIAYE

Accès au crédit, aux soins de santé et aux services : Les femmes laissées en rade

Aujourd’hui, des structures de micro-finance sont crées par des femmes qui, désormais, voudraient inscrire leur action dans une dynamique de lutte contre la pauvreté. Certaines d’entre elles sont en train de mettre à profit leurs capacités productives afin de favoriser le développement économique du pays. Mais, le constat est là : toutes les femmes n’ont pas accès au crédit, aux soins de santé, à l’éducation, à la justice, à l’eau potable, à l’électricité, aux terres et aux travaux rémunérateurs.

Face à cette situation, des associations féminines élèvent, de plus en plus, le ton pour qu’on facilite à la femme l’accès au crédit pour lui permettre de satisfaire ses besoins économiques et sociaux mais également ceux de sa famille.

Des femmes comme Aminétou Mint Ely Moctar, la présidente de l’Association des Femmes Chefs de Famille (Afcf), regrette qu’il n’y ait pas de traçabilité dans les décisions des pouvoirs publics. Ce qui, à ses yeux, constitue une violation flagrante de la Convention sur l’Elimination de toutes les formes de discrimination dont les grands principes tardent à être mis en œuvre par le gouvernement mais également en ce qui concerne l’adoption de mesures nécessaires à la suppression de toutes formes ou manifestations de discriminations.

C’est un secret de polichinelle que les femmes sont confrontées à des problèmes économiques du fait de leur manque d’accès au crédit. «Beaucoup de femmes voudraient se lancer dans des activités génératrices de revenus(AGR) mais elles n’ont pas de moyens. Nous savons que ces femmes ont un problème d’accès au crédit formel », explique Déwel Diop, présidente de l’Association féminine d’épargne et de crédit.

Aujourd’hui, avec l’appui d’institutions de microcrédit, les femmes peuvent bénéficier d’un prêt qui pourrait leur permettre de développer et de renforcer leurs activités génératrices de revenus.

Dans ce cadre, Déwel Diop, pour nous convaincre de l’importance d’accorder du crédit aux femmes, nous raconte l’histoire de cette femme, habitant dans un quartier périphérique de Nouakchott, qui n’a jamais, dans sa vie, gardé un montant dépassant les 50.000 UM.

«Elle a pu accéder, à travers une mutuelle d’épargne, à un montant de 100.000 UM de crédit. Elle n’a jamais su ce que c’était une mutuelle d’épargne, un chèque. Quand elle a eu ce montant, elle n’a pas dormi toute la nuit parce qu’à chaque instant, elle pensait que cet argent allait être soutiré par quelqu’un. Son mari, lorsqu’elle est venue avec les 100.000 UM, était tout content », raconte-t-elle.

Avec cet argent, cette dame a pu acheter deux congélateurs flambants neufs pour développer son activité de vente de jus. «Avec cette activité, elle a pu acheter un terrain à PK qu’elle a réussi à construire. Ce qui montre que l’accès au crédit peut permettre aux femmes de développer leurs activités», dit-elle.

«Les femmes s’impliquent économiquement et politiquement », a-t-elle rappelé. Et, pour cette raison, Déwel Diop a indiqué qu’elles doivent avoir accès au microcrédit, dont l’utilité n’est plus à démontrer dans la lutte contre la pauvreté, pour améliorer leurs conditions de vie et celles de leur famille.
Aujourd’hui, des organisations féminines regrettent que le cadre stratégique de lutte contre la pauvreté n’ait pas pris en considération la situation sociale des femmes chefs de famille et des femmes rurales. Pour celles-ci, ce cadre stratégique n’a pas, ni plus ni moins, changé la situation précaire des femmes.

Et, pourtant, dans ses observations finales sur la Mauritanie rendues à la trente-huitième session de l’Assemblée Générale des Nations-Unies de juin 2007, le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes s’inquiétait de la pauvreté généralisée des femmes notamment chefs de famille.

En outre, il s’inquiétait notamment de la situation des femmes rurales, de leur manque d’information et de leur non-participation aux processus décisionnels ainsi que de leur manque d’accès aux soins de santé, aux services de sécurité sociale, à l’éducation, à la justice, à l’eau potable, à l’électricité et aux ressources foncières et bancaires.

Babacar Baye NDIAYE

Mutilations Génitales Féminines : Une fatwa peut-elle accélérer l’abandon de cette pratique ?

Selon la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discriminations à l’égard des femmes, les mutilations génitales féminines comme le mariage forcé et le mariage précoce, la polygamie, l’alimentation forcée, font partie des stéréotypes solidement ancrés en Mauritanie mais aussi une des règles, des coutumes et des traditions culturelles néfastes et fermement enracinées.

Une situation qui n’a pas manqué d’inquiéter le comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes durant sa trente-huitième session de mai-juin 2007. Déjà, à cette époque, des Ongs engagées dans la protection des filles et des femmes qui ont travaillé avec des théologiens lesquels ont confirmé que l’excision n’est pas une obligation religieuse s’insurgeaient contre cette pratique qu’elles considèrent comme étant discriminatoires à l’égard des femmes et constituent de graves obstacles à l’exercice de leurs droits.

"Il ne fait aucun doute que cette fatwa luttera de manière significative [contre les mutilations], dans la mesure où elle retire le masque religieux derrière lequel s'abritaient de telles pratiques. Mais nous avons besoin d'une campagne dans les médias destinée à faire connaître cette fatwa, l'expliquer et éclaircir sa signification religieuse et sociale", déclare Sheikh Ould Zein Imam, professeur de jurisprudence à l’Université de Nouakchott contacté par Magharebia.

Le 12 janvier dernier, sous l’impulsion du forum de la pensée islamique et du dialogue entre les cultures, une trentaine de leaders religieux ont émis une fatwa contre l’excision. Mais, faut-il le rappeler, une fatwa est un avis religieux qui a force d’orientation légale mais sans être lui-même une loi.

Ce n’est pas la première fois qu’on agit contre la pratique de l’excision. Ce n’est pas non plus la première fois que les mutilations génitales féminines sont déclarées néfastes et dangereuses pour la santé. Combien d’ateliers, de journées de réflexion et de campagne de sensibilisation a-t-on organisé autour de cette pratique ? Ce constat est aussi valable en ce qui concerne les recommandations.

Dans son rapport alternatif pour la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discriminations à l’égard des femmes publié en 2007, le Réseau des partenaires pour la promotion et la protection des droits humains en Mauritanie recommandait aux pouvoirs publics de prendre des mesures pour le suivi des cas saillants de complications pour une application effective de l’article 12 du Code de Protection Pénale de l’Enfance pour s’assurer de la poursuite des auteurs de l’acte, de favoriser l’accès des Ongs aux médias publics pour sensibiliser les communautés sur les pratiques néfastes à la santé de la femme et la petite fille, d’introduire dans les programmes scolaires la question de la lutte contre les différentes formes de pratiques néfastes, de protéger et soutenir les filles qui pourraient être obligées de subir cette pratique en les mettant sous tutelle d’une institution ou autorité officielle, d’adopter des mesures de prises en charge par l’Etat des cas extrêmes comme par exemple en cas de cicatrices chéloïdiennes, de boursouflures, de complications urinaires et autres effets nécessitant un suivi médical.

Faut-il voir dans cette fatwa une sollicitation du pouvoir pour délégitimer, au regard de la religion, cette pratique ? En Mauritanie, il n’existe pas des tribunaux devant lesquels des cas ont été présentés et jugés. Jusque-là, les pouvoirs publics se sont contentés, tout simplement, d’observer le silence radio sur cette pratique en préférant laisser le champ de l’action aux religieux et aux médecins de se prononcer par rapport à cette question taboue.

Dans ce cadre, les choses semblent s’accélérer puisque le dernier obstacle, la prononciation des religieux en défaveur de cette pratique, a été levé depuis ce 12 janvier. D’ailleurs, leur position ambivalente avait retardé la validation du projet de loi interdisant les mutilations génitales féminines.

Cette fatwa reconnue par le gouvernement aura certainement de l’influence sur l’abandon de la pratique de l’excision. Mais, pour les Ongs engagées dans la protection des filles et des femmes, lutter contre l’excision nécessite surtout de promulguer une loi interdisant la pratique de l’excision sous toutes ses formes d’une part et d’autre part faire appliquer les sanctions prévues dans le cadre du Code de Protection Pénale de l’Enfance même en dehors de préjudices.

Cette fatwa que beaucoup considèrent comme un progrès dans la lutte contre les mutilations génitales féminines va-t-elle avoir de l’influence sur les communautés qui la pratiquent qui sont les premières concernées ? Vont-elles accepter d’abdiquer une pratique qu’elles considèrent comme une pratique d’embellissement ? Cette fatwa pourra-t-elle accélérer l’abandon de la pratique de l’excision ? Au vu de la réalité de cette pratique, on peut dire qu’à ce propos, ce n’est pas encore demain la veille.

Babacar Baye NDIAYE

Une Mauritanienne accuse le consulat de Mauritanie aux Iles Canaries de lui avoir refusé de délivrer son passeport

Presque la cinquantaine, Marième Diop, une mauritanienne d’origine, vit aux Iles Canaries depuis 1986. L’histoire que cette dame est en train de vivre dans ce pays ressemble à une vie de bâton de chaise. Depuis plus d’une année, elle vit seule avec ses quatre filles, à la suite de son divorce avec le sieur Abdourrahmane Bâ, vivant actuellement à Nouakchott depuis son expulsion d’Espagne.

Ereintée par ses conditions de vie, Marième Diop décide ainsi de rentrer définitivement en Mauritanie, plus précisément à Mbagne, dans le sud de la Mauritanie, d’où elle est native ainsi que ses parents.

Mais, pour revenir en Mauritanie, il lui faut un passeport. Elle se rend au consulat de Mauritanie aux Iles Canaries, munie de son ancienne pièce d’identité. Et là, parce qu’elle ne parle pas hassanya, rapporte-t-elle, le consul de Mauritanie refuse de lui octroyer un passeport.

Ce qui l’empêche, du coup, de mettre les pieds sur le territoire mauritanien, faute d’obtenir un passeport. Face à ce refus, la voilà, contrainte de prolonger son séjour. La seule option qui lui restait, c’était de contacter un membre de sa famille vivant à Nouakchott pour aller lui chercher les pièces susmentionnées à Mbagne.

Ce qui fut fait et elle se présenta, à nouveau, au consulat de Mauritanie aux Iles Canaries, munie de ces pièces d’Etat civil. A sa grande surprise, le Consul lui tient le même discours que sa première rencontre avec ce dernier.

Mais, cette fois-ci, ce dernier ira plus loin en lui demandant un casier judiciaire et un acte de nationalité. Depuis, Marième Diop dans une situation de désespoir extrême.

"Je vis seule et je veux rentrer parce que je vis dans des conditions difficiles. Je n’en peux plus de rester aux Iles Canaries. Je n’ai pas de ressources. Tout ce que je veux, c’est de rentrer en Mauritanie et voir mes parents qui sont devenus âgés et que je n’ai pas revu depuis plus de vingt ans", a confié Marième Diop qui s’est retrouvée, du coup, dans une situation de désespoir voire de vulnérabilité.


"Tout ce que je veux, c’est de rentrer. Tout ce que je veux, c’est d’obtenir mon passeport", a expliqué Marième Diop dont le sort, aujourd’hui, est suspendu entre les mains de Sid’Ahmed Lavrack qu’elle n’a pas manqué d’accuser de lui avoir montré de la froideur à son égard à chaque fois qu’elle se rendait au Consulat.

A Nouakchott, la famille de Marième Diop entend se saisir des organisations de défense des droits de l’homme mauritaniennes en vue de déclencher une action de solidarité en faveur de Marième Diop et ses quatre filles actuellement prises en charge par le service social canarien.

Contacté à ce propos, le consul de Mauritanie aux Iles Canaries, Sid’Ahmed Lavrack a laissé entendre que les allégations de Marième Diop sont "déniées de tout fondement".

"Elle s'est présentée au Consulat au mois de janvier 2009 pour solliciter un passeport. N'étant ni inscrite au Consulat et n'ayant aucune référence de son passeport, je l'ai aidée à contacter des membres de sa famille en Mauritanie pour lui faire un dossier lui permettant d'obtenir un passeport auprès de la Direction Nationale de la Sûreté Nationale à Nouakchott", a déclaré Sid’Ahmed Lavrack.

"Il y’a seulement un mois, Madame Marième Diop, est revenue me voir pour me montrer un Acte de Naissance qui lui a été envoyé de Mauritanie. Je l'ai encouragé à faire établir par ses parents un certificat de nationalité et je m'occuperai de lui obtenir un passeport auprès de la direction générale de la sureté nationale à Nouakchott. Chose qu’elle a accepté et j’attends toujours son retour", a-t-il ajouté.

Sid’Ahmed Lavrack a promis de suivre de près le cas de Marième Diop auprès de la Direction Générale de la Sûreté Nationale en se rendant personnellement à Nouakchott.

Babacar Baye NDIAYE

Transferts illicites de la BCM : Les trois banquiers accusés dans cette affaire seront présentés au parquet aujourd’hui

Depuis jeudi dernier, Chriv Ould Abdallahi, Mohamed Ould Noueigueid et Abdou Maham sont placés en garde-à-vue au commissariat de police chargé des crimes économiques. Leurs proches sont descendus dans la rue, ce dimanche, pour demander leur libération. En majorité composés de femmes, ces derniers en veulent à Mohamed Ould Abdel Aziz.

«Nous sommes là parce que nos pères et nos patrons ont été emprisonnés. C’est les plus gros hommes d’affaires du pays qui ont été incarcérés. Des hommes qui symbolisent le développement et l’avancement de la Mauritanie. Nous fustigeons le fait qu’ils soient derrière les grilles. Ils constituent tout pour nous. C’est pour cette raison essentielle que nous sommes là », a expliqué Ahmed Mahmoud Ahmed.

Malgré l’interdiction de leur marche, lui et quelques autres membres des familles des hommes d’affaires appréhendé ont tenu quand même à être là quitte à braver les matraques et les grenades lacrymogènes des limiers.

«Nous regrettons le fait que nous n’ayons pas eu l’autorisation de marcher. Cela montre que notre pays souffre d’un manque de liberté. On fait de nous ce qu’on veut. On nous envoie des armées, des gens qui ont des matraques, des gens qui nous frappent et qui nous balancent des grenades lacrymogènes », a poursuivi Ahmed Mahmoud Ahmed.

Loin d’abdiquer, ils ont promis de redescendre dans la rue. Pendant que les proches de Ould Abdallahi, Ould Noueigueid et Abdou Maham protestaient contre leur détention, on a appris qu’on s’acheminerait vers la saisie des biens de ces trois hommes d’affaires. Depuis leur arrestation, les parents et les sympathisants des banquiers détenus dans le cadre de l’affaire dite des transferts illicites ont organisé des manifestations à Nouakchott. A Atar, également, des marches ont été organisées mais réprimés par la police.

Selon une source proche du dossier, un accord aurait été trouvé pour un remboursement par échéances mais ses termes semblent avoir été revus en faveur d’un paiement immédiat et intégral assorti d’un taux d’intérêt colossal.

Les banquiers détenus auraient refusé cette offre, à en croire cette même source. C’est aujourd’hui que ces trois banquiers qui sont accusés d’avoir perçu (20 milliards d’ouguiyas) des transferts illicites de la Banque Centrale de Mauritanie entre 2001 et 2002 doivent être présentés au parquet pour être entendus. On suppute déjà que des cellules leur auraient été aménagées à la prison centrale de Nouakchott.

Babacar Baye NDIAYE

Iwik : un village qui risque d’être dévasté par la mer

On ne sait pas quand est-ce que cela va-t-il se produire ? Mais, c’est certain : la disparition du village d’Iwik. Ce village situé à quelques pas du Banc d’Arguin appartient aujourd’hui à une zone côtière menacée par l’élévation du niveau de la mer et la progression des herbiers marins.

A en croire des spécialistes de l’environnement, on est dans une zone qui bouge avec des sédiments de sable qui sont facilement remobilisés et déplacés. Ils soutiennent que cet effet de l’élévation du niveau de la mer va être renforcé par d’autres effets notamment l’augmentation des accidents climatiques, des tempêtes tropicales, des houles plus grosses et plus fortes…

Iwik est un village situé sur une pointe sableuse autour de laquelle passe un courant relativement important qui vient ensuite remplir la baie qui l’environne. Ainsi, au mois de septembre par exemple, on a de grandes marées. Aujourd’hui, toutes les installations qui sont ou qui étaient en zone sèche sont mises en danger par l’élévation du niveau de la mer.
Comme toute la côte ouest africaine, Iwik est devenu une zone extrêmement vulnérable.

Pour Mathieu Ducrocq qui gère une étude régionale sur l’érosion côtière allant de la Mauritanie au Bénin, les politiques d’aménagement des zones côtières ne sont pas extrêmement efficaces pour faire face à cette élévation du niveau de la mer.

«On a les secteurs d’activités en compétition, des infrastructures humaines qui sont à l’origine de l’érosion côtière, des politiques sectorielles qui ne sont pas cohérentes et qui ne permettent pas de planifier un bon aménagement de la côte. Si, en plus, on rajoute à cela les prévisions à terme, il faut qu’on arrive à développer des stratégies d’adaptation de recul dans la plupart des cas », explique-t-il.

D’ici quelques décennies, ce village sera définitivement rayé de la carte du monde du fait de l’élévation du niveau de la mer qui est une des conséquences directes des changements climatiques. Menacée par l’érosion côtière, Iwik se prépare déjà à être avalée par la mer.

Cette situation qui est valable pour la partie littorale de Nouakchott ou de Nouadhibou poussera-t-elle les autorités à réfléchir sur les aménagements dans ces zones basses qui se caractérisent par une intrusion très importante de la mer ?

«Quand on est un décideur éclairé, on commence déjà à penser à des investissements, des infrastructures qui permettront de limiter les risques à ces endroits de faiblesse», a rappelé Mathieu Ducrocq.

Les habitants du village d’Iwik vivent à quelques centimètres au-dessus de la mer à marée haute. En conséquence, ce village est dans une zone de risques très importante. Selon des prévisions scientifiques, toutes les zones comme Iwik qui sont en dessous de 60 cm de hauteur risquent d’être inondées et du coup avalées par la mer, devant ainsi des zones inhabitables.

Et selon Mathieu Ducrocq, la géographie côtière de certaines parties du littoral de la Mauritanie devrait aujourd’hui pousser les pouvoirs publics à se préparer autrement dit à prendre des décisions efficaces sur l’aménagement du littoral.

«Cela demande une prise de décision politique très courageuse. Il faut qu’on soit capable d’expliquer aux populations du littoral qu’il y’a des zones à enjeu particulier où on va faire de la protection côtière et qu’on ne pourra pas le faire parce que cela coûte horriblement cher. Ça coûtera moins cher d’accompagner le déplacement des quartiers ou la viabilisation des zones qui sont un peu en arrière ou à l’intérieur des terres plutôt que de chercher à se battre contre l’avancée de l’érosion côtière », dit-il tout en insistant sur le travail d’information et d’éducation des populations pour aider le gouvernement à prendre ce genre de décisions.

Babacar Baye NDIAYE

Boubacar Ould Messaoud, président de SOS Esclaves :


"Hanevi est victime de la détestation où le tiennent certaines personnalités influentes au sommet de l’Etat "

Le directeur de publication du site électronique "Taqadoumy" Hanevi Ould Dehah détenu depuis 7 mois vient d’être condamné à deux ans de prison. Pour Boubacar Ould Messaoud, président de SOS Esclaves, le cas de Hanevi témoigne d’une volonté manifeste de la part du pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz de confisquer les libertés qui semblent menacées surtout au regard de la nouvelle loi antiterroriste qui crée, à l’en croire, les conditions d’une violation systématique des droits élémentaires de la personne. Entretien.

Le Rénovateur Quotidien : Hanevi Ould Dehah vient d'être condamné à deux ans d'emprisonnement ferme. Quelle appréciation en faites-vous?

Boubacar Ould Messaoud : Je suis surpris. Je n’en crois pas mes oreilles ni mes yeux. Hanevi a purgé sa peine de 6 mois et a été maintenu en prison illégalement depuis le 24 décembre 2009 pour se faire condamner par une cour d’appel, autrement composée, de nouveau à 2 ans d’emprisonnement ferme après une procédure entachée d’irrégularités selon la défense. Il semble s’agir bien plus d’un règlement de comptes tant ce journaliste de talent déplait et dérange par son courage et sa détermination à pourfendre les tabous de la Mauritanie ancienne.

Le Rénovateur Quotidien : Malgré les pétitions, les appels de libération lancés par-ci et par-là, Hanevi n'a pas recouvré sa liberté. Peut-on penser qu'il s'agit là d'un acharnement gratuit sur ce dernier dès l'instant qu'il a déjà purgé sa peine?

Boubacar Ould Messaoud : Hanevi est victime de la détestation où le tiennent certaines personnalités influentes au sommet de l’Etat, dans le commandement des forces armées, de la police et aussi parmi les hommes d’affaires ; son journal, Taqadoumy tient une ligne éditoriale très libre, un peu trop sans doute en Mauritanie. Hanevi, dans ce système d’impunité et d’entente criminelle entre les tribus, est appelé à vivre en prison ou en exil. Le pays ne protège pas des gens comme lui mais les expose à la persécution parce qu’ils dérangent l’entente tacite entre les groupes qui dirigent et se partagent la richesse nationale.

Le Rénovateur Quotidien : Faut-il craindre pour la liberté d'expression et de presse qui sont deux règles garanties et reconnues par la constitution?

Boubacar Ould Messaoud : Au delà de la liberté presse d’expression et de presse, toutes les libertés semblent menacées de confiscation, surtout au regard de la nouvelle loi antiterroriste qui crée les conditions d’une violation systématique des droits élémentaires de la personne. Sans doute par ignorance, la plupart de nos députés l’ont adoptée. Oui, au-delà du cas Hanevi, je suis pessimiste sur l’avenir de l’Etat de droit en Mauritanie.

Propos recueillis par
Babacar Baye Ndiaye

Forum National de la Jeunesse : Les jeunes déçus par les conditions de déroulement des travaux

Comme toutes les jeunesses du monde entier, celle de la Mauritanie est très active, motivée et volontaire. Et, selon, les estimations de l’Office National des Statistiques(ONS), les jeunes constitueraient, en 2010, plus de 657.000 de la population mauritanienne. En marge du Forum National de la Jeunesse, du 27 au 28 décembre, au Palais des Congrès de Nouakchott, les jeunes ont exprimé leur mécontentement au sujet de leur marginalisation dans le processus de développement du pays mais également leur déception en ce qui concerne les conditions de déroulement des travaux dudit forum.

"Le Forum a été mal organisé. On nous a imposés un programme déjà ficelé. On ne peut pas coiffer quelqu’un à son absence", a déclaré Diakité Yacouba. Ce Forum, dont l’objectif était d’élaborer, en y impliquant les jeunes, une plateforme de concertation et un document de politique nationale en matière de jeunesse, a été beaucoup décrié notamment au niveau des débats.

"On nous a amenés des conférences et puis demandés d’intervenir. Au niveau des interventions, il y’avait du favoritisme. Ce forum était loin d’être la représentation de la Mauritanie. Je ne sais pas si c’est par clientélisme que certains participants étaient là. Tout le monde n’a pas été avisé", explique Diakité Yacouba.

Certains participants, comme Moussa Tawal Oumrou, ont mis en cause, quant à eux, le manque d’un certain nombre d’informations au sujet du déroulement des travaux du Forum qui a suscité beaucoup de tollés de déception.

"C’est un forum qui concerne en premier lieu les jeunes. Donc, la sensibilisation devait être plus grande de même que la mobilisation des leaderships. On s’est retrouvé face à certaines personnes qui ne sont pas vraiment aptes à exprimer les soucis et les espoirs des jeunes. On pensait qu’il y’aurait des débats sur les principaux thèmes proposés. Les conférenciers ont fait leurs conférences et ils sont rentrés chez eux sans attendre les remarques et les questions", a souligné Moussa Tawal Oumrou.

Cette situation, corolaire d’une mauvaise perception de la question jeunesse par les institutions étatiques, traduit aux yeux d’un bon nombre de jeunes un certain manque de confiance voire de considération notoire de la part des pouvoirs publics. Un état de fait qui a écœuré plus d’un participant. Du coup, les jeunes n’ont pas manqué de se ruer sur les brancards pour dénoncer leur faible implication dans la gestion des affaires publiques du pays et le processus de développement du pays.

"On donne un privilège qui n’est pas adéquat à certaines personnes inaptes à représenter les jeunes. C’est ce qui est mal. Ce Forum devait être une occasion pour nous de montrer aux autorités que les jeunes sont capables de participer à toutes les politiques et stratégies de développement", s’est indigné Moussa Tawal Oumrou.

Aujourd’hui, la jeunesse mauritanienne ne demande pas à l’Etat de lui arracher la lune et le soleil. Ce qu’elle demande, à juste titre, c’est d’être impliquée dans la mise en œuvre de certaines projets et ambitions du gouvernement tout en souhaitant que Mohamed Ould Abdel Aziz exprime sa bonne volonté à intégrer les jeunes dans le processus de développement du pays en réponse au thème du forum qui est la Jeunesse au service du développement.

La majorité de cette jeunesse-là avait voté, lors de l’élection présidentielle du 18 juillet 2009, pour Mohamed Ould Abdel Aziz, actuel Président de la République, parce que convaincue de son programme électoral notamment en ce qui concerne la Culture, la Jeunesse et les Sports. Aujourd’hui, elle espère le retour de l’ascenseur de sa part.

"On a entendu pas mal de discours extraordinaires. Mais, on attend des résultats concrets. On ne veut pas que ce forum reste dans les clichés. Les maux de la jeunesse, les pouvoirs publics doivent les régler. On n’a pas besoin de n forums. On veut que nos problèmes trouvent des solutions le plus rapidement possible", a rappelé Diakité Yacouba.

Parmi ces problèmes qui préoccupent la jeunesse, il y a celui relatif à leur intégration dans le marché de l’emploi et du manque de formation professionnelle. Et, des jeunes, comme Aboubakry Lam, ont tout simplement demandé l’application de la Charte Africaine de la Jeunesse dont la Mauritanie est signataire.

Autre problème aussi, celui de la réintégration des jeunes mauritaniens travaillant à l’extérieur mais qui voudraient revenir et servir leur pays. Comme Ibrahima Idriss Wade, qui est venu de Dakar pour participer à ce Forum, ils sont des milliers de jeunes mauritaniens à se retrouver dans une telle situation. "Depuis ans, je suis revenu en Mauritanie, mais j’éprouve des difficultés d’intégration" , a-t-il confié tout en demandant à l’Etat de mettre en place des institutions fonctionnelles destinées uniquement aux jeunes afin de leur permettre de s’orienter, d’être des releveurs de défis par rapport aux bailleurs internationaux.

"Au lieu de voir ce que la jeunesse a besoin le plus, on nous nous impose des choix qui ne sont pas les nôtres. On prend des décisions sans la concertation des jeunes. Cela prouve que les jeunes ne sont pas respectés ni considérés", a fustigé Ba Bocar Abdoulaye.

Sur un autre registre, les uns et les autres n’ont pas de soulever le manqué d’équité et de clarté dans le déroulement des travaux du Forum National de la Jeunesse. Pour autant, ils attendent qu’il y ait une véritable politique d’orientation des jeunes vers les besoins de l’Etat en termes de lutte contre le chômage et la réduction de la pauvreté.

"L’Etat, au lieu d’aller engager des manœuvres étrangers, il pourrait penser à permettre un accès à certains jeunes à certaines formations pour qu’ils puissent eux-mêmes faire bénéficier le pays de leurs connaissances", a suggéré Moussa Tawal Oumrou qui a demandé aussi à ce que le cadre professionnel soit valorisé afin de contribuer efficacement au développement du pays, autrement dit valoriser les métiers.

Pour Mamoudou Guèye, quand on parle d’intégration des jeunes, il faut qu’elle passe d’abord et nécessairement par une politique volontariste et efficiente de la part des pouvoirs publics. "Nous ne manquons pas de ressources humaines. Ce qui nous manque, c’est d’être organisés. Et, cela doit venir de l’Etat", dit-il.

Cependant, les jeunes craignent que leurs suggestions qui seront confinées dans une feuille de route pour servir de base d’indication et de support en vue de l’élaboration d’une politique nationale de jeunesse ne dorment dans les tiroirs du Ministère de la Culture, de la Jeunesse et des Sports. Ce qu’ils craignent aussi, c’est le manque de suivi.

"Les bonnes initiatives doivent se faire dans les règles de l’art et aussi dans le bon sens avec une bonne intention. Il ne faut pas qu’on les utilise pour d’autres intérêts qui ne sont pas autres que ceux qui ont été conçus par la jeunesse", affirme Hama Ould Souvi. "Il est temps de finir et d’en abuser avec la jeunesse qu’on ne peut plus tromper", ajoute-t-il.

Avoir une jeunesse prometteuse, c’est aussi l’occuper, sans distinction de race. Et, pour Ba Aboubakry Mohamed, cela permettrait de résorber le taux de chômage qui est de l’ordre de plus de 30%. Cet objectif, limiter le chômage qui touche essentiellement les jeunes, est aujourd’hui l’une des priorités du gouvernement.

"Au lieu d’augmenter les salaires, nous demandons au Président de la République de voir d’abord le cas de ces milliers de jeunes chômeurs. Nous lui serons reconnaissants s’il ferait voter un budget spécial pour les besoins des jeunes en ce début d’année. Nous lui demandons d’offrir un cadeau de fin d’année à cette jeunesse mauritanienne tant négligée pour qu’elle puisse apporter sa contribution au développement du pays", a plaidé Moussa Tawal Oumrou.


Babacar Baye NDIAYE

Travaux du Forum National de la Jeunesse : Vers l’élaboration d’une plateforme de concertation et d’un document de politique nationale

Les travaux du Forum National de la Jeunesse sont ouverts, depuis hier matin, à Nouakchott, sous le haut patronage de Mohamed Ould Abdel Aziz, avec comme thème, la jeunesse au service du développement. Ces travaux, dont l’objectif est d’impliquer la jeunesse mauritanienne dans le processus de développement du pays, vont aboutir, entre autres, à l’instauration d’un Conseil National de la Jeunesse et la mise en place du Parlement de la Jeunesse mauritanienne.

Le secrétaire général de la Confédération des Ministres de la Jeunesse et des Sports des Etats et Gouvernements ayant la langue française en partage, Fall Youssouf, a assisté à l’ouverture des travaux du Forum National de la Jeunesse pour l’élaboration de la politique nationale de la jeunesse en Mauritanie.

A cet effet, il a indiqué que son institution œuvrera sans relâche pour venir en appui au gouvernement mauritanien dans sa recherche de solutions idoines aux problèmes des jeunes.

Des stratégies pour renforcer l’épanouissement des jeunes

Dans le même ordre d’idées, il a rappelé que la CONFEJES a réussi à mettre en place dans les pays membres de cette structure d’une plateforme de concertation où les jeunes sont accompagnés dans leur quête quotidienne et à les doter d’un document de politique nationale de jeunesse.

Parmi les objectifs de cette institution, il y a celle relative à l’appui et à l’organisation de concertations nationales ou internationales comme ces présents travaux et la disponibilisation d’experts de haut niveau aux Etats membres.

«Je souhaite, au cours de ces travaux, que toutes les réflexions convergent vers la mise en place d’un dispositif solide, opérationnel, efficace, actif, productif et bien structuré qui contribuera sans nul doute à renforcer l’épanouissement des jeunes de Mauritanie et a imaginé des programmes novateurs, réalistes, réalisables, des programmes qui, de par leur contenu et leur pertinence, susciteront une forte adhésion des jeunes eux-mêmes mais aussi de celle de l’Etat et des partenaires au développement », a déclaré Fall Youssouf.

Il en a, par ailleurs, profité pour révéler que son institution mettra à la disposition de notre Ministère de la Culture, de la Jeunesse et des Sports, un expert en politique publique qui va accompagner ce département dans l’élaboration d’un document stratégique de jeunesse.
En outre, Fall Youssouf a salué le dynamisme de la Ministre de la Culture, de la Jeunesse et des Sports dans sa volonté de sortir la jeunesse mauritanienne de sa léthargie.

Il n’a pas manqué non plus de saluer les efforts des pouvoirs publics mauritaniens dans l’élaboration et la mise en œuvre de politiques de jeunesse. «Seules les sociétés qui tiendront compte des besoins et aspirations des jeunes et qui impliqueront ces derniers dans les programmes qui les concernent seront celles qui, demain, réussiront les changements stratégiques souhaités porteurs de cohésion sociale et de développement économique », a-t-il conclu.


L’implication des jeunes dans la mise en œuvre d’un tel programme

Quant à Yane Kane, la représentante du FNUAP, qui a d’emblée, dans son discours, salué l’adoption tout dernièrement par le gouvernement de la charte de la jeunesse, elle s’est appesanti sur le rôle moteur de la jeunesse mauritanienne dans la société. Cette réalité, corroborée par des statistiques de l’Office National des Statistiques (ONS) qui estime qu’en 2010 le nombre de jeunes serait de 657.000, doit pousser le gouvernement à adopter des politiques de développement de jeunesse dans les domaines de la Santé, de l’Education, de la Formation, de l’Emploi, de la Culture et des Sports.

Elle espère dans ce sens qu’une stratégie claire assortie d’un plan d’action réaliste dont les jeunes devront être les principaux partenaires de mise en œuvre sera élaborée par le gouvernement Mauritanie. Elle a aussi suggéré que ce plan d’action tienne en compte des besoins spécifiques des jeunes filles.

Lui emboîtant le pas, le Premier ministre Moulaye Ould Mohamed Laghdaf a déclaré que son gouvernement est plus que jamais conscient des problèmes de développement que rencontre notre pays en termes de politique de jeunesse.

A cet effet, il a rappelé que son gouvernement, conformément aux orientations du Président de la République, mettra en œuvre une politique nationale de développement qui tiendra compte des spécificités de la jeunesse. A cet égard, il a indiqué que la participation de tous est essentielle pour l’aboutissement d’une telle stratégie.

Babacar Baye NDIAYE

Journée d’animation pédagogique du lycée de Djéol

Le directeur demande à l’Etat de ramener les internats, les colonies de vacances, les festivals et les tournois sportifs dans les écoles

Jeudi dernier, le lycée de la commune de Djéol a tenu la troisième édition de sa journée d’animation pédagogique. Lors de cette journée, organisée sur le thème "La famille, l’école et la nation", le directeur dudit établissement, Sy Alhousseinou, a demandé aux pouvoirs publics de ramener les internats, les colonies de vacances, les festivals et les tournois sportifs qui ont de tout temps, selon lui, étaient des facteurs de promotion de l’unité nationale.

Le lycée de Djéol qui est créé en 1998 compte actuellement 1321 élèves inscrits et 9 sections pour un effectif de 453 élèves dont 219 filles soit un pourcentage de 49,88%. Et pour répondre aux besoins des activités pédagogiques, le lycée de Djéol a prévu la construction et l’équipement de trois nouvelles salles de classe, l’adduction en eau potable et l’accès à l’informatique.

Le lycée de Djéol ne veut pas, aujourd’hui, demeurer un maillon faible dans les efforts de développement de notre système éducatif et de notre société. "Notre souci est de former des citoyens cultivant les valeurs de tolérance, de paix civile et d’unité nationale d’une part et d’autre part de créer une race d’hommes capables de relever le défi du troisième millénaire", a rappelé Sy Alhousseinou.

A côté des défis que veut relever la direction du lycée, figurent ceux relatifs aux problèmes des mariages précoces et à l’émigration qui tente de plus en plus les jeunes élèves. Par rapport à la question de l’émigration, Sy Alhousseinou a soutenu que l’école mauritanienne a un rôle à jouer, par le biais de l’éducation et de la sensibilisation, dans la réduction de ce fléau à défaut de pouvoir le combattre.

Dans un diagnostic sans complaisance sur le système éducatif mauritanien, Ngaidé Malik qui a pris la parole au nom des professeurs du lycée de Djéol a déclaré qu’il y a lieu de prendre des mesures concrètes pour redresser notre éducation nationale qui connaît, selon lui, une traversée du désert depuis quelques années.

Du coup, il a insisté sur la nécessité de faire "une réflexion profonde et de débats sérieux lors des Etats Généraux de l’Education promis par le Chef de l’Etat en vue d’une réforme profonde de l’enseignement loin de l’improvisation et de la démagogie" afin que l’école mauritanienne retrouve "son passé glorieux".

La responsabilité de ce fiasco, pour Ngaidé Malik, est non seulement partagée (élèves, administration et parents d’lèves) même si elle concerne en premier lieu le corps enseignant. Et pour mettre un terme à cet état de fait, Ngaïdé Malik a suggéré le gouvernement de promouvoir "le principe de la sanction et de la récompense loin du camouflage et du favoritisme qui ne ménagent que les médiocres et les paresseux laissant notre système éducatif à la merci de toutes les tempêtes qui l’ont plongé dans son sommeil et sa dégringolade".

Cette grande manifestation scolaire a été soutenue par la direction régionale de l’Education Nationale du Gorgol, la préfecture de la mouqata’a de Kaédi, la mairie de la commune de Djéol et les émigrés du village. Il faut noter également que pour cette année, c’est le Collège d’Enseignement Moyen du village de Doondu située sur la rive gauche à deux km de Djéol qui a été l’invité d’honneur avec la présence de son directeur Salif Ba. Et pour Sy Alhousseinou, "c’est là un exemple d’intégration éducative sous régionale à perpétuer", a-t-il dit.

Le point d’orgue de cette manifestation a été la distribution des prix aux élèves qui se sont distingués lors des compositions de 1er trimestre, le match de génies en herbe, les chœurs du ballet traditionnel et le spectacle de judo.

Babacar Baye NDIAYE

Discrimination positive prônée par le PM : «C’est une tromperie», aux yeux de Birame Ould Dah

S’il y a quelqu’un qui ne croit guère à la discrimination positive prônée par le Premier ministre Moulaye Ould Mohamed Laghdaf lors de sa déclaration de politique générale du 6 janvier 2010 devant les députés de l’Assemblée Nationale, c’est bien Birame Ould Dah Ould Abeid, président de l’Initiative de Résurgence du Mouvement Abolitionniste (IRA-Mauritanie).

Au cours d’une conférence de presse tenue lundi matin, il a laissé entendre que l’actuel gouvernement est incapable d’instaurer la justice entre tous les citoyens mauritaniens à plus forte raison d’évangéliser une discrimination positive. «C’est une tromperie et de la poudre aux yeux destinée à leurrer les franges de la population les plus démunies qui n’ont comme moyen de subsistance ou source de revenu que le travail et l’exploitation de la terre», s’exclame-t-il.

Mais, là où le bât blesse, c’est qu’il suffit juste d’un arrêté administratif ou d’une décision judiciaire pour qu’elles se voient exproprier leurs terres au profit d’un notable, d’un maître ou ancien maître, d’un dignitaire religieux, d’un homme d’affaire, d’un haut fonctionnaire de l’Etat ou d’un officier supérieur de l’armée.

«Le Premier ministre a prétendu [lors de sa déclaration de politique générale] que son gouvernement a attaqué de front tous les problèmes des mauritaniens dont le passif humanitaire et l’esclavage. Ce n’est pas vrai puisque ces deux problèmes n’ont pas toujours trouvé des solutions», a-t-il contredit.

Pour lui, l’objectif du gouvernement de Moulaye Ould Mohamed Laghdaf comme ceux qui l’ont précédé est de s’inscrire dans la logique de les ignorer, de les nier ou de leur apporter des semblants de solutions. Ce qui, à ses yeux, traduit une volonté manifeste de la part du régime de Mohamed Ould Abdel Aziz d’assurer l’impunité aux présumés coupables de crimes de torture et d’exécutions extrajudiciaires, la persistance et la non-répression des pratiques esclavagistes ainsi que la validation et la généralisation des expropriations foncières à caractère raciste et esclavagiste.

A cet effet, il a exprimé ses appréhensions par rapport à cette dernière question dont la déclaration du Premier ministre a fait table rase. «Ces expropriations se font par l’intermédiaire des appareils administratif, judiciaire et sécuritaire qui sont entre les mains des segments dominants de l’ethnie arabo-berbère», renseigne-t-il.

«Toutes les expropriations sont au profit des notabilités tribales ou religieuses, des hommes d’affaires, des banquiers, des officiers supérieurs de l’armée ou de hauts fonctionnaires de l’Etat », poursuit-il.

Autant le pouvoir qui vante les mérites de sa lutte contre la gabegie et la corruption en nous les rabattant à longueur de journée est complice de cet état de fait autant l’est l’opposition qui crie, lui aussi, à son tour, aux règlements de compte à en croire Birame Ould Dah.

Des dizaines de victimes d’expropriations foncières ont été présentes à cette conférence de presse pour exposer leur cas. La plupart d’entre elles viennent de l’intérieur du pays.
«Dans leurs tentatives désespérées de vouloir résister à l’exécution de décisions judiciaires ou administratives injustes, elles sont sujettes à des abus de pouvoirs, des arrestations arbitraires, des brimades en tout genre sans oublier que les procédures administratives et judiciaires qui les déboutent manquent de transparence et d’équité », indique Birame Ould Dah Ould Abeid.

A ce propos, il a suggéré au gouvernement de mener des enquêtes et de corriger cette tendance grave, honteuse et dangereuse en ce sens qu’elle renforce le sentiment de frustration, aiguise la haine intercommunautaire et hypothèque la paix sociale.

Babacar Baye NDIAYE

Conscience et Résistance : Ciré Kane démissionne de cette organisation parce qu’il estime qu’elle est devenue "une coquille vide"

Depuis ce 17 janvier 2010, Ciré Kane est devenu un ex-membre de Conscience et Résistance en démissionnant de cette organisation. Parmi les raisons évoquées par ce dernier, il y’a la détention prolongée de Hanevi Ould Dehah qui croupit toujours en prison alors qu’il a déjà purgé sa peine. Toutefois, il n’a pas manqué, au passage, de battre en brèche Hacen Ould Lebatt et Jemal Ould Yessa.

"Ce sont eux qui, aveuglés par leur obstination à faire sanctionner leur pays par la Communauté internationale, n’ont pas hésité à sacrifier sur l’autel le soldat Hanevi, un autre juste parmi les justes, un des meilleurs éléments de CR", accuse Ciré Kane.

"Je ne supporte plus de voir Hanevi Ould Dehah, un parfait innocent, croupir en prison alors que les véritables auteurs d’articles politiques ou économiques commandés pour détruire sans la moindre preuve la vie de plusieurs hommes en Mauritanie courent toujours", poursuit-il.
Celui qui a essuyé le plus les attaques de Ciré Kane est Jemal Ould Yessa. A ce propos, il signe et persiste : "ce manipulateur hors pair, dit-il, n’hésite devant rien pour faire croire qu’il a de l’influence. Sinon comment expliquer son acharnement contre Ibrahima SARR, un juste parmi les justes ? Acharnement qu’entretient un peshmerga notoire : le journaliste Djibril Diallo".

Une occasion qu’a saisie Ciré Kane pour disculper Ibrahima Moctar Sarr, président de l’Alliance pour Justice et la Démocratie/Mouvement pour la Rénovation. "Ibrahima est aujourd’hui complètement réhabilité par l’absence de présentation de preuves au procès de Hanevi concernant cette villa tantôt blanche à 33 millions , tantôt verte à 57 millions, ou cette 4x4 VX flambant neuf sensée garer devant sa somptueuse villa par laquelle les militaires l’auraient soudoyé pour qu’il participe à l’élection du 6 juin 2009 finalement reportée au 18 juillet", a-t-il expliqué.

Sur un ton empreint d’ironie, Ciré Kane s’est permis des railleries à l’endroit de Conscience et Résistance qu’il considère ni plus ni moins comme "une coquille vide, constitué d’au plus dix personnes qui pensent apporter le changement véritable en Mauritanie juste en pianotant sur le clavier d’un ordinateur", dit-il.

Entre Conscience et Résistance et Ciré Kane, c’est à classer désormais dans le tiroir du passé. "Je quitte ce navire que j’avais rejoint dans l’espoir de retrouver un fragment de la vie du Pr Saidou Kane", confie Ciré Kane en regrettant que Jemal Ould Yessa et Hacen Ould Lebatt aient réussi à dévier l’organisation de ses principes.

Il explique : "Par leur attitude, ils ont annulé la dédicace de leur mémoire de maîtrise aux bagnards de Walata. S’ils s’amusent à se référer au Pr Saidou KANE pour manipuler le sentimentalisme de certains négro-mauritaniens, ils me trouveront sur leur chemin. Je mettrai à nu toutes leurs techniques rudimentaires de manipulation d’individus fragiles ou franchement …honnêtes !"

Pour Ciré Kane dont la démission de Conscience et Résistance a été motivée également par le retard apporté dans la convocation d’un congrès pour élire son bureau, "l’essentiel est de faire sortir Hanevi de prison tout de suite" en rappelant que "la façon dont il y est allé importe peu" pour attirer l’attention des mauritaniens sur la manière dont "notre justice bafoue les lois de notre république".

Babacar Baye NDIAYE